Publié le samedi 28 janvier 2012 à 12H00 - Vu 298 fois
Si l'on attend davantage d'élèves, il y aura moins de profs et de classes dans les collèges ardennais à la rentrée prochaine.
SI le premier degré perd 43 postes (c'est-à-dire à peu près autant de classes - voir la liste que nous avons publiée hier -, puisque l'administration ne peut plus procéder à des retraits de postes d'enseignants détachés - c'est ce qu'elle faisait prioritairement ces dernières années, mais désormais, elle doit taper dans le dur -), le second degré ne sera pas épargné non plus à la rentrée prochaine dans les Ardennes.
Lors du comité technique spécial qui s'est tenu jeudi, ont ainsi été détaillées les projections pour les collèges.
Cela, alors qu'on attend pourtant un très léger accroissement du nombre d'élèves.
« Cette augmentation de 29 élèves calculée par l'administration conduira pourtant à la suppression de 12 postes (sur les 38 prévus dans l'académie) avec une dotation horaire réduite de 367 heures (soit l'équivalent d'un collège) et à la suppression de 6 divisions » s'indigne le SNES, syndicat du second degré au sein de la FSU.
« Alors que le ministère communique sur la révolution copernicienne qui consiste à individualiser les parcours et les apprentissages, on mesure le décalage entre les objectifs affichés et ceux réels qui ne visent qu'à faire des économies sur le dos de l'éducation des jeunes », ironise le SNES.
On remarque en effet le lourd tribut payé par l'éducation prioritaire (-135 heures dans les collèges en réseau réussite et -117 heures pour les établissements dits « Eclair », comme Le Lac à Sedan, qui perd les heures gagnées l'an passé pour accompagner les élèves en difficulté alors que le nombre de collégiens et de classes reste identique).
Effet d'aubaine
Par ailleurs, les syndicats notent évidemment que ces mesures vont augmenter le nombre de profs « à cheval » sur deux ou trois collèges (ce qui ne leur permet de s'investir pleinement dans les équipes pédagogiques). Quant à la moyenne d'élèves par classe, elle va aussi aller croissant : « On va atteindre la trentaine dans certains collèges, cela va impacter les conditions d'études, et donc, de réussite aux examens », dénonce encore le SNES.
Avec le mauvais esprit qui les caractérise (précisons quand même que c'est de l'humour), les syndicalistes craignent alors que dans ce contexte, la fermeture du collège Frénois pour raisons de sécurité soit « une aubaine » pour l'administration.
Il se murmure en effet que les moyens spécifiques dont bénéficiait Frénois en tant que collège de zone prioritaire ne seront pas reconduits et qu'une partie des élèves sera dispatchée, en septembre, ailleurs qu'à Turenne, vers Vrigne ou Nouvion, notamment.
Pour ce qui est des lycées, la répartition des suppressions n'est pas encore connue, mais les mobilisations déjà en cours, à Givet et Bazeilles, laissent augurer de sérieux grincements de dents…
Un nouveau comité départemental est prévu vendredi 3 février pour affiner la carte scolaire dans le public, et préparer cette rentrée 2012 d'ores et déjà délicate.
Ph.M.
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