Publié le mardi 25 septembre 2012 à 11H00 - Vu 434 fois
ARDENNES. Le nid de cigognes noires de Signy-l'Abbaye détient actuellement le record de France de longévité : 10 ans ! Le chêne où il est installé a été officiellement baptisé…
ON se souvient à Signy-l'Abbaye que des Belges avaient bagué des cigogneaux en 1995 en forêt domaniale. La présence de la cigogne noire était confirmée dans les années suivantes et, avec leur professeur de sciences, associée à ces repérages, les collégiens signaciens ont effectué une étude détaillée de cet échassier migrateur.
La cigogne noire niche toujours dans le massif forestier de Signy-l'Abbaye et, si nous ne pouvons préciser où elle se trouve, nous avons eu néanmoins le privilège d'assister, dimanche en fin de matinée, au baptême du gros chêne qui porte l'énorme nid (diamètre 1,60 m, épaisseur : 90 cm) depuis dix ans, ce qui constitue actuellement le record de France au point de vue longévité.
Depuis qu'en 1997, l'Alsacien Philippe Buché a découvert des cigogneaux d'une autre couleur que ceux de sa région, les services de l'ONF suivent très attentivement les nichées annuelles et procèdent au baguage des jeunes qu'ils trouvent au nid. L'historique a été présenté dans le détail par Frédéric Langlois, responsable départemental du réseau cigognes noires.
Des travaux reportés pour ne pas déranger les oiseaux
Un agent, Benoît Bocquet, a été formé à la grimpe et « le singe » (dixit ses collègues !) a à son tour formé un élève, Jacques Morel de Flize. Les cigognes adultes ne peuvent pas être rencontrées car elles ne passent qu'une minute et demi 5 ou 6 fois par jour à s'occuper de leurs petits.
En revanche, en jetant une couverture sur le nid, les cigogneaux peuvent être atteints et bagués. Une démonstration a été faite aux participants du 6e colloque international de la cigogne noire qui se tenait à Châlons-en-Champagne et des spécialistes mondiaux se sont intéressés au site signacien.
Le chêne de plus de 30 m de haut qui supporte le nid, à 16,50 m du sol, est connu depuis 2003 et a accueilli déjà dix nichées de trois ou quatre cigogneaux.
Il se trouve dans une parcelle très riche où l'ONF se trouve contraint de reporter ses travaux sylvicoles pour ne pas déranger cet oiseau rare. Stéphane Murzin, responsable de l'unité de Signy, accompagné de Régis Canniaux, un ancien ouvrier forestier qui avait découvert le nid en avril 2002, ont baptisé cet arbre comme on baptise un bateau.
Les présents ont alors été saisis par les sonneries exécutées par les Trompes de la Thiérache qui étaient cachées dans le secteur. Le Rallye de Thilgem et la Saint-Hubert ponctuèrent de magistrales interprétations. Le bruit n'a pas dérangé les oiseaux, les cigognes noires étant parties pour leur migration annuelle. Chacun espère bien sûr qu'elles reviendront encore au printemps prochain.
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Les dernières contributions
alfredolloza
26/09/2012 à 14h52
Les précautions de discrétion sont en effet essentielles à l'effort de conservation. Je n'ai au demeurant observé aucun fanfaron sur place, mais simplement des personnes impliquées dans la conservation de l'espèce et de ses milieux forestiers...
Aucun secret n'a donc été éventé et il serait judicieux d'aborder ces aspects avec un peu moins d'éléments affectifs, d'autant que ces derniers sont fréquents chez les prétendus "écolos" (plus idéologues que praticiens) qui de la sorte peuvent porter préjudice à l'écologie scientifique...
princhon
Ce que l'on apprend pendant l'enfance est mieux gravé que dans la pierre.
25/09/2012 à 11h27
Quand je pense à toutes les précautions de discrétion qui ont été mises en place depuis des années et que pour se faire mousser on va fanfaronner auprès de l'arbre!
Scandaleux, même le journaliste local était tenu à l'écart et le secret est éventé pour une photo !