Publié le mardi 07 février 2012 à 10H46 - Vu 352 fois
Dominique Lemaire, PDG de Forgex, au sein du nouvel atelier d'outillage et d'usinage de 2 000 m2.
MONTHERME (Ardennes). Le nouveau repreneur de la forge de Monthermé a investi 1 million d'euros.
Après avoir connu de multiples soubresauts, l'entreprise de fonderie de forge Raguet à Monthermé (Ardennes) a retrouvé, semble-t-il, une certaine sérénité et un rythme de croisière soutenu. « Depuis la reprise, nous avons investi 1 million d'euros dans la reconfiguration du site et l'amélioration des équipements », annonce Dominique Lemaire, PDG de l'entreprise haut-marnaise Forgex.
En effet, après un dépôt de bilan en 2009, suivi d'une période de redressement judiciaire achevée en juin 2010, Raguet a encore connu une liquidation judiciaire en septembre 2010. Elle devait déboucher sur la reprise de l'entreprise par le groupe Forgex en octobre 2010.
« Sur les 112 salariés de l'entreprise, nous en avons gardé 53 qui avaient accepté une baisse de salaire de 8 %, comme nous l'avions prévu dans notre plan de reprise. » Un sacrifice qui, aujourd'hui, moyennant une heure de travail supplémentaire, a permis, « grâce à la participation et à une prime, d'assurer une meilleure rémunération pour l'ensemble des salariés ».
« L'objectif est d'atteindre 85 salariés en CDI »
Le rachat comprenait aussi l'abandon du site de Bogny-sur-Meuse, « qui est en phase de sécurisation en liaison avec la Dreal (Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement) et le liquidateur ».
Désormais intégrée à la holding polonaise Metcap, l'entreprise Raguet se trouve adossée à un groupe solide (dont l'actionnaire majoritaire est l'américain Hugh Aiken) qui possède, outre une fonderie à Niederbronn en Alsace, une division forge comprenant une unité en Pologne (Rzeszow) et une autre à Nogent en Haute-Marne. Avec l'unité Raguet, l'ensemble des trois sites réalise des produits de forge pour les secteurs du ferroviaire, mais aussi des pièces pour poids lourds, tracteurs, engins de BTP et aéronautique. « Chacune des entités possède ses compétences propres : si Nogent assure les pièces de 4-5 kg, Monthermé fabrique les pièces de 10 kg, tandis que la Pologne est spécialisée dans celles de 40 kg. »
La holding revendique au total 300 clients. « Et nous venons de signer de nouvelles affaires », annonce le responsable.
Depuis le rachat, le plan d'investissement d'un million d'euros mis en œuvre par la direction a permis la centralisation du bureau d'étude et de l'atelier d'outillage à Nogent, la centralisation du traitement thermique et l'aménagement d'un atelier de 2 000 m2 sur le site de Monthermé pour y accueillir l'usinage et la soudure auparavant à Bogny-sur-Meuse. Et pour couper court à d'éventuelles rumeurs, le PDG rappelle qu'il n'est pas question de délocaliser les productions : « L'objectif est d'avoir un développement harmonieux en conservant un ancrage local : Nogent, qui est dans le groupe depuis 2008, n'est jamais parti en Pologne, et la fonderie alsacienne a été acquise récemment, en avril 2010. »
En attendant, le site de Monthermé, qui dégageait 12,5 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2010 et devrait atteindre 14,5 M€ pour l'année 2011, compte aujourd'hui 74 salariés et 11 intérimaires. « L'objectif, conformément à nos engagements, est d'atteindre 85 salariés en CDI », déclare Dominique Lemaire. Là-dessus, l'homme se dit confiant, sans toutefois donner d'échéance.
Carl Hocquart
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