Quatre mois de prison ferme et confiscation du véhicule !

Quatre mois de prison ferme et confiscation du véhicule !

Publié le jeudi 23 juin 2011 à 10H07 - Vu 388 fois

RETHEL (Ardennes). Il avait été surpris en état d'ivresse par les gendarmes. Coutumier du fait, il a été sévèrement condamné, en comparution immédiate.

CHARLES-ALAIN EKWALLA, 47 ans, grand garçon timide, d'origine camerounaise, comptable apprécié dans une importante étude notariale de Rethel, risque malheureusement fort de perdre son emploi. A moins que son employeur, touché par sa détresse, n'accepte d'attendre son retour, lorsqu'il sortira de la maison d'arrêt de Charleville-Mézières, dans quatre mois.
C'est, en effet, à cette lourde peine de prison qu'il a été condamné hier, en comparution immédiate, par le tribunal correctionnel, avec même mandat de dépôt délivré à l'audience. Il n'avait pourtant commis aucune violence ; il n'avait volé personne, mais la présidente Jennifer Picoury, qui avait déjà eu l'occasion de le punir, pas plus tard que le 26 mai dernier, pour des faits analogues, n'a pas apprécié du tout de le revoir devant elle, dès hier, après qu'il eut été surpris, une fois de plus, par les gendarmes, le 18 juin dernier vers une heure du matin, alors qu'il était prétendument sorti de chez lui pour acheter des cigarettes, circulant en état d'ivresse dans les rues de Sault-lès-Rethel, au volant de son « Alfa-Roméo ». Avec un taux de l'ordre de 1,40 gramme d'alcool dans le sang !
Lors de sa précédente comparution, le mois dernier, la juge l'avait déjà sévèrement admonesté, le condamnant à 500 € d'amende et à six mois de suspension de son permis, tout en veillant, toutefois, à ce que cette privation soit « couverte » par la rétention administrative, afin que cela ne le pénalise pas pour son travail. Or, le fait qu'il ait « remis ça » si vite, en dépit de cette indulgence, l'a mise en colère, ne serait-ce qu'en mémoire d'une jeune fille handicapée à vie, lui a-t-elle dit, dont elle a eu à juger récemment le chauffard alcoolique qui en est responsable.

Abasourdi et en larmes

Ainsi, bien qu'il ait affirmé, contre toute vraisemblance, n'avoir bu ce soir-là qu'une demi-bouteille de vin, Charles-Alain Ekwalla n'a plus eu droit à la moindre compréhension, surtout après que le substitut, tout aussi implacable, lui eut rappelé que la politique pénale dans les Ardennes, surtout en matière d'alcool au volant, est celle de la fermeté.
La magistrate requérant, en conséquence, contre le prévenu, « à qui des avertissements ont été clairement donnés, qui a bénéficié d'aménagements, mais qui, pourtant, n'a tenu aucun compte des précédentes décisions de la justice », une peine d'un an de prison, dont six mois avec sursis, avec mise à l'épreuve et obligation de soins pendant deux ans. Assortie d'une annulation de son permis et interdiction de le repasser avant un an. Et, même, de la confiscation de son véhicule, telle que prévue désormais, dans un tel cas, par la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi) ! Dès lors, Me Francis Pierroux eut beau faire valoir que Charles-Alain Ekwalla traverse actuellement une période sombre, limite dépression, ne voyant plus ses enfants car il vit séparé de son épouse, ayant perdu son père récemment et avec sa maman en train de mourir au Cameroun, rien n'y fit.
Après s'être retirée avec ses assesseurs pour un court moment de délibération, Jennyfer Picoury est revenue porteuse d'un jugement conforme, à deux mois près, aux réquisitions du parquet.
Encore plus abasourdi que son avocat, Charles-Alain Ekwalla, en pleurs et faisant peine à voir, est alors parti, encadré par les gendarmes, ne comprenant manifestement pas ce qui lui arrivait. Dura lex, sed lex…

G.G.-M.

L'union l'Ardennais