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Quatre collèges « Pailleron » et beaucoup de questions

Publié le mercredi 25 janvier 2012 à 09H52 - Vu 639 fois


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Les collèges Jules-Ferry de Bogny-sur-Meuse (en haut),  La Fontaine et Roger-Salengro (à droite), tous deux situés  à Charleville-Mézières sont des établissements dits « Pailleron ».

Les collèges Jules-Ferry de Bogny-sur-Meuse (en haut), La Fontaine et Roger-Salengro (à droite), tous deux situés à Charleville-Mézières sont des établissements dits « Pailleron ».

Photos Karen KUBENA


Ardennes. La fermeture précipitée du collège Frénois à Sedan repose la question de la sécurité et de la salubrité dans les établissements de type « Pailleron ». A Charleville et Bogny, trois autres collèges ont été construits sur le même modèle.

LE 6 février 1973, un dramatique incendie ravageait en quelques minutes le collège Edouard-Pailleron, dans le XIXe arrondissement de Paris, causant la mort de 20 personnes, pour la plupart des élèves.
Dans la foulée, tous ces établissements conçus à la va-vite sur une ossature métallique inspirée de l'architecture industrielle, allaient être qualifiés de « type Pailleron », donnant à cet écrivain du XIXe siècle une triste postérité.
Selon les chiffres officiels, sur le millier d'établissements français à structure métallique, 57 sont des « Pailleron ». Or selon le conseil général, quatre d'entre eux sont situés dans les Ardennes*. Il s'agit des collèges Jules-Ferry (1968) à Bogny-sur-Meuse, Jean de La Fontaine (1971) et Salengro (1972) à Charleville-Mézières.
Une situation jugée inquiétante par le gestionnaire des 36 collèges ardennais, à savoir le conseil général. Ainsi la Direction des bâtiments départementaux a-t-elle fait part, à plusieurs reprises ces derniers mois, du risque encouru par les élèves, en particulier en cas d'incendie (plusieurs ont ravagé ce type d'établissement ces quinze dernières années en France). Dans un communiqué rédigé la semaine dernière, elle disait ainsi avoir observé à Frénois « de sérieuses faiblesses structurelles, que l'on trouve généralement dans les bâtiments de type Pailleron. »
Les techniciens expliquent que les structures porteuses de ces établissements, en l'occurrence des poutres métalliques en forme de « i », se déforment très vite sous l'effet de la chaleur, pouvant alors s'écrouler comme des châteaux de cartes. Sans compter l'autre désagrément de ces constructions : des défauts d'isolation et des problèmes d'inondation.
Pour l'heure, les chefs des établissements concernés se veulent rassurants. À La Fontaine comme à Salengro, chaque principal explique que la situation « n'est en rien comparable avec Frénois ».
Pour Alain Barré, qui dirige le collège La Fontaine à Etion (213 élèves), « l'établissement est sain, les structures ne posent pas de problème ».
Pour Philippe Decobert, principal du collège Salengro à la Ronde-Couture (327 élèves), par ailleurs ancien principal de Frénois, « Salengro est un Pailleron consolidé. Il y a bien du métal, mais aussi du béton et des structures ciment - amiante. »

Pas assez d'argent pour tout rénover
Le collège Jules-Ferry (256 élèves), à Bogny, est un Pailleron pur jus, sorti de terre en 1968. Là encore, selon sa principale France-Anne Henry, « tout va bien, les locaux sont en bon état. » Ouf.
Sauf que… Les informations qui circulent au conseil général sont moins roses. La décision de fermer aussi rapidement Frénois, en prenant de cours personnels et élus, en dit long. Du coup, chacun aurait tendance à minimiser les soucis de son propre établissement.
En coulisse, des chiffres et des données qui d'ordinaire restent cachés, sont discrètement ressortis. Ainsi apprend-on qu'à Salengro, un rapport de 2005 pointait déjà du doigt « des structures modulaires très vétustes ». Que dans le même établissement, il y a quelques jours à peine, de nouvelles demandes d'interventions urgentes étaient demandées suite à la chute d'un volet dans la cour.
Qu'à Bogny, toujours selon des personnes bien renseignées, des travaux ont été demandés car « certains murs ne tiennent plus que grâce au papier peint ! » Qu'à Frénois enfin, très récemment, pas moins de… 4.000 problèmes liés au bâtiment avaient été recensés (lire en page suivante) !
Pas question de voir tout en noir… mais largement de quoi s'interroger. C'est ce que fait une source proche du dossier, qui ose dire tout bas ce que beaucoup osent à peine penser : « Il n'y a pas assez d'argent pour rénover tous les établissements, beaucoup sont vétustes et à moitié vides, et il y a autant de collèges dans les Ardennes que dans des départements deux fois plus gros ! Dans cette situation, l'avenir des Pailleron (et d'autres) se posera forcément, un jour ou l'autre. »

* La Région indique qu'il n'existe aucun lycée de type Pailleron dans les Ardennes.

Guillaume LÉVY
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Les dernières contributions


Jibe51

27/01/2012 à 18h44

Le mythe de la fermeture de collèges dans les Ardennes existe depuis longtemps. On peut facilement comprendre que l'argument sécuritaire puisse jouer le rôle de prétexte à la fermeture de certains établissements. Cependant il ne faut pas nier l'évidence : le département des Ardennes à tendance à perdre des habitants et la tendance ne semble pas prête à s'inverser. Les collèges vétustes devront être rénovés ou reconstruits tôt ou tard. De ce fait, est-il judicieux de restructurer de petits collèges dont les effectifs à l'avenir risque de chuter progressivement? Est-il souhaitable d'avoir quelques collèges neufs dans un ensemble d'établissements quasiment vides dans quelques années?
Regrouper les élèves dans des collèges plus grands permettrait au conseil général de diviser le budget "rénovation" sur moins d'établissements et d'avoir donc des collèges en meilleur état. Attention, cette solution n'est souhaitable que si des réseaux de transports sont mis en place pour rapprocher les élèves de leurs nouveaux collèges. Bien évidemment, le point noir de cette solution est de voir progressivement les effectifs en personnel diminuer, ce qui serait catastrophique.

manchot08

27/01/2012 à 14h14

L'enjeu n'est que financier ! là est la différence, maintenant il serait bon d'éplucher les décisions et les choix financiers du Conseil Général pour connaître les priorités
Toutefois là c'est opaque, il y aurait notamment des choses à dire sur ce point mais l'éducation n'est bien sûr pas une priorité, tant qu'il y a de la place dans les collèges il faut les y mettre
Ce n'est pas si simple Romo08, car dans quelles conditions (classes de ZEP à -25 élèves, heures de soutien, etc..) certainement pas, classes à 30 pas de soutien mais oui le collège sera plein
Voilà les questions, mettre les élèves à Turenne mais dans quelles conditions ?

romo08

27/01/2012 à 12h09

@ laurent bouvier
@ plateau08

Bien sûr qu'il y a un enjeu financier. Devoir débourser 5 Millions pour réparer un collège, ce n'est pas rien.
D'autant qu'il y a un autre collège avec de la place pas loin. Le conseil général a pris une sage décision, qui permettra de mieux entretenir les collèges restant.

plateau08

26/01/2012 à 13h32

Conseil Général, Région et villes pour les écoles (exemple Berthaucourt)trouvent parfois des "intérêts" communs pour décider de fermetures avec l'Inspection Académique ou le Rectorat. Dire le contraire serait mentir aux ardennais: pour les uns les intérêts sont financiers et pour les autres supprimer des fonctionnaires !

Nameless

25/01/2012 à 23h56

le plus choquant dans tout ça, c'est effectivement de constater que les autorités (in)compétentes, au lieu d'avoir anticipé comme il est de leur devoir de le faire, se réveillent 40 ans après, constatent que les collèges ont vieilli (étonnant, non?), que les normes ont changé (ah ben mince alors!) et décident du jour au lendemain de fermer plutôt que de financer les rénovations qui s'imposent. Question de priorités, sans doute. Quel avenir a une société qui n'investit pas prioritairement dans l'éducation de ses enfants ?

laurent bouvier

25/01/2012 à 23h35 | 1

Dans cette affaire là, la sécurité a bon dos ! Si c'était la priorité, il y a longtemps que ces établissements seraient fermés. La vraie motivation du Conseil général est financière, simplement financière, strictement financière...

claudewa

25/01/2012 à 21h05 | 1

Bonjour ayant déjà plusieurs Adhérents malades ou décédés, ayant travaillaient dans les mêmes types d'établissements, je recommande très fortement au personnel de faire un dossier d'archives concernant les dégradations des bâtiments et des salles "plafonds, murs, cloisons et sols je suis à votre disposition si besoin d'analyse des matériaux par un labo agrée, en effet c'est l'établissement type pour travailler en étant exposé aux poussières d'amiante, le dossier pourrai malheureusement vous servir par la suite. de plus vous avait un droit d’accès au diagnostique amiante qui a ou aurait être fait dans votre établissement et communiqué à l'ensemble du personnel et du public fréquentent l'établissement.
Claude HUET
Président de l'ADDEVA08

curé d Uruffe

je vais et je viens ..entre la sacristie et le lupanar

25/01/2012 à 20h05 | 2

La tenue au feu de ces structures est de 5mn !
On a que le temps de faire evacuer les occupants immédiatement.
C'est la raison pour laquelle les internats construits sur ce modèle ont été tous reconstruits .
Je vous invite a regarder vos supermarchés et a repérer les sorties de secours : çà peut servir!
Nb :les charpentes bois "tiennent " au feu près d'une demi heure : le bois durcit en chauffant alors que le fer ramollit dès 5-600°

Dedman08

25/01/2012 à 19h11

lucreims : "l'état ne fait rien" - > que vient faire l'État dans cette histoire, ce n'est pas de son périmètre de compétences !
Ce qui m'interpelle aujourd'hui, c'est l'absence d'entretien et d'investissement dans ces établissements, les décideurs politiques n'ont pas envisagé ce délabrement au long des années sans solution ? Gestion à la petite semaine ou souci de femme...
Cette histoire me rappelle la fermeture de l'école des Tambours (le Theux) par la municipalité de Charleville (refonte de la carte scolaire lors de la tenue du conseil municipal en date du 16 février 2011, ordre du jour n°17) prétextant ces mêmes raisons alors qu'aucun investissement n'avait été réalisé depuis de nombreuses années, il est vrai qu'il y a parfois d'autres priorités...

lucreims

reims

25/01/2012 à 17h51 | 1

Il reste encore en France des centaines d'établissements dans cette situation déplorable et l'état ne fait rien

CHRISS08

25/01/2012 à 16h41

miroir08.vous parlez comme dans un livre.d ailleurs ceçi ne vous conçerne pas(je vous lis mon neveux est content d allé a turenne. donc vous n etes pas concerné.)et bien sur que si cela va générer une autre organisation pour les parents qui travaillent tot le matin.il n y a pas que des enfants de chomeur dans les colléges.alors d un coup de baguette magic on fait ceci ou cela sans se poser les bonnes questions passons.......quand au conseil général......

CHRISS08

25/01/2012 à 16h41

miroir08.vous parlez comme dans un livre.d ailleurs ceçi ne vous conçerne pas(je vous lis mon neveux est content d allé a turenne. donc vous n etes pas concerné.)et bien sur que si cela va générer une autre organisation pour les parents qui travaillent tot le matin.il n y a pas que des enfants de chomeur dans les colléges.alors d un coup de baguette magic on fait ceci ou cela sans se poser les bonnes questions passons.......quand au conseil général......

Nameless

25/01/2012 à 15h04 | 2

@miroir08 :
j'enseigne justement dans un des ces 4 dinosaures architecturaux : non seulement il tient debout, et la sécurité des élèves y est assurée, mais les effectifs sont en hausse ... cela dit, je n'aurais rien contre une petite rénovation, mais pas au nom de la sécurité des usagers - les adultes sont curieusement absents de votre texte.
Il me parait normal qu'une région aussi rurale que la nôtre possède de nombreux petits collèges : cela évite aux élèves des campagnes des horaires déments infligés par un transport scolaire trop étendu. Et si vous fermez les collèges de moins de 400 élèves, c'est plus de la moitié des établissements qui disparaissent. Tant qu'à être caricatural, on peut aussi envisager de revoir les priorités, la gestion et le sens de l'économie du conseil général ;)
Sans oublier que les petits effectifs permettent aux équipes pédagogiques de bien connaitre les familles et leurs difficultés, et donc de donner une meilleure aide, pour encourager l'apprentissage des enfants.
Le financier n'existe PAS sans l'humain, ne l'oublions pas. Pas plus que la société n'existe sans éducation.
Cela dit, envisager des regroupements si le danger est réel, le temps de faire les travaux qui s'imposent, pourquoi pas, au contraire.

miroir08

25/01/2012 à 12h15 | 2

Ces collèges d'un autre temps ne devraient plus exister. Il faut penser aux enfants et à leur sécurité. Il faut les détruire les vieux établissements et mutualiser les moyens. Dans les ardennes il y a au moins 35 collèges avec certains 150 à 250 enfants. Cela n'est pas normal, il y a des économies à réaliser. Le seuil pour un collège devrait etre au moins 400 enfants. Le Conseil Général n'a plus assez d'argent pour l'entretien, et bien que l'on en ferme certains.

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