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Post-Fukushima : l'heure des grandes manœuvres à Chooz

Publié le jeudi 19 juillet 2012 à 09H35 - Vu 271 fois


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Archives Hervé OUDIN

Exemple concret du retour d'expérience post-Fukushima : les agents de « conduite » bénéficieront, d'ici à la fin de l'année, d'une formation sur les séismes.

Archives Hervé OUDIN


CHOOZ (Ardennes) Comme les dix-huit autres centrales du pays, le CNPE de Chooz s'apprête à mettre en œuvre toute une série de « mesures complémentaires », destinées à améliorer encore davantage son niveau de sûreté.

  • Le contexte

La catastrophe de Fukushima, c'était il y a déjà seize mois et sept jours. Depuis, les experts français du nucléaire n'ont pas chômé pour tenter de tirer tous les enseignements de cet accident majeur, classé au niveau 7 sur l'échelle INES*.
Dans les semaines qui ont suivi, l'ASN**, « le gendarme du nucléaire », a ainsi entrepris une analyse détaillée de chacune des installations du pays.
Bilan de l'opération : si à ses yeux, tous les sites présentent un « niveau de sûreté suffisant », elle a aussi jugé indispensable d'investir, afin de « renforcer leur robustesse face à des situations extrêmes ».

  • Une kyrielle de mesures

Pour ce faire, l'ASN a publié le 28 juin dernier une série de prescriptions, qui devront être appliquées par les dix-neuf centrales de l'Hexagone.
Ce plan d'action concerne quatre axes prioritaires : la protection contre les agressions extérieures (séisme, inondation…), l'appoint en eau et en électricité, la limitation des rejets en cas d'accident, ainsi que l'organisation de crise.
Sa mise en œuvre devrait s'étendre « sur plusieurs années » et coûter environ 10 milliards d'euros à EDF.
A noter que cette somme viendra s'ajouter aux 40 milliards que l'entreprise a prévu d'investir dans le cadre du « grand carénage », une vaste opération de maintenance qui devrait permettre de prolonger la durée de vie de ses réacteurs de 40 à 60 ans.
A Chooz, selon les estimations, les dépenses pourraient s'élever à 1,5 milliard d'euros.

  • Les actions envisagées

Il y en a précisément vingt-six : des formations, des contrôles très poussés et même la construction de nouveaux bâtiments.
Toutes ces mesures devraient permettre à la centrale de résister « à des conditions encore plus extrêmes que celles qu'on avait envisagées jusqu'à présent », indique le directeur du CNPE, Olivier Lamarre. Du genre « un séisme, aussitôt suivi d'une explosion et d'inondations de grande ampleur, avec de l'eau jusqu'au toit de l'église de Givet ! »
En clair, les ingénieurs d'EDF ont été tenus d'anticiper l'improbable. Et de s'y adapter. Voici en évitant les considérations trop techniques quelques-unes des actions, qui seront prochainement menées à Chooz.

  • La toute première

Elle n'a pas tardé. Moins de deux jours après les recommandations de l'ASN, les agents du service « conduite » (qui pilotent les installations) ont été munis de téléphones satellitaires. « Et ce afin qu'ils puissent continuer à communiquer même si tous les réseaux traditionnels sont hors service », explique le directeur.
D'ici à la fin de l'année, ces agents bénéficieront aussi d'une formation sur les séismes, histoire d'être en mesure de les distinguer, et ainsi de « pouvoir immédiatement appliquer la bonne procédure ».

  • Du nouveau sur le site

Conséquence visuelle de ces actions post-Fukushima : le « paysage de la centrale va changer », annonce Olivier Lamarre.
Plusieurs constructions vont en effet voir le jour d'ici 2018. A commencer par un puits de forage, qui permettra au CNPE de disposer d'une nouvelle source d'alimentation en eau, au cas où « la Meuse viendrait à être obstruée ».
Le permis de construire a d'ores et déjà été déposé. Ce puits, dont la profondeur devrait avoisiner les 40 mètres, pourrait être opérationnel à la mi-2013.

  • Un diesel d'ultime secours pour chaque réacteur

Le CNPE dispose déjà de cinq sources d'alimentation électrique différentes. Eh bien figurez-vous qu'à terme, elle en aura une sixième ! En l'occurrence, un diesel dit « d'ultime secours », qui sera déployé à proximité de chaque unité de production.
Ces équipements seront aménagés dans deux nouveaux bâtiments bunkérisés, et par conséquent hermétiques « à toute agression extérieure ».
Les travaux sont prévus à l'horizon 2016-2018. En attendant, des groupes électrogènes provisoires vont être mis en place.

  • La construction d'un nouveau centre de crise

Ce dernier sera plus « robuste » et plus « grand » que celui qui existe déjà, afin de gérer au mieux une éventuelle crise de longue durée.
Ces bâtiments ultramodernes, qui seront identiques dans chaque centrale, seront construits sur trois niveaux et environ 1.000 m2 au sol. « A Chooz, on hésite encore entre trois emplacements, mais les démarches administratives ont d'ores et déjà été lancées », confie Olivier Lamarre. La livraison, elle, est attendue entre 2015 et 2019.
A noter qu'au niveau national, la gestion de crise sera également optimisée par la création d'une FARN (Force d'action rapide nucléaire). A savoir un dispositif d'urgence qui pourra mobiliser du matériel et des équipes spécialisées sur un site accidenté en moins de 24 heures.

Bref, on l'a vu : seize mois après Fukushima, les grandes manœuvres ont concrètement commencé, afin d'atteindre un niveau de sûreté encore jamais égalé. Une « vraie nécessité » pour l'ASN.
En revanche, l'organisation non gouvernementale Greenpeace, elle, grince des dents et juge ces investissements « peu pertinents », alors que le président Hollande « a promis de faire baisser la part du nucléaire d'ici 2025. » Sa crainte : qu'un tel plan d'action « ne gèle la possibilité de fermer des centrales dans les dix ans à venir ».
Décidément, sur l'épineuse question du nucléaire, difficile de faire l'unanimité. Et ce quel que soit le sujet…

* Qui en compte sept. ** Autorité de sûreté nucléaire.

Aurélien AVIGLIANO
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Les dernières contributions


aled08

21/07/2012 à 10h00

On est bien dans l'escalade des moyens de gestion des accidents graves, estimés peu probables......... installer un super bâtiment de crise.....c'est avouer que l'accident grave n'est pas si improbable!!!!
Un diésel supplémentaire: après une Turbine A Gaz infidèle, une système de clé à la con, des barres de connexion à gogo, voilà un autre système à ennuis!
Va falloir aussi revoir les organisations et les procédures, car eDF est incapable de traiter simultanéement plusieurs incidents graves sur deux tranches différentes.
Et puis cette salle de commande "informatisée"qui plonge les opérateurs dans "l'effet tunnel"!! quel râté!

SYGMA08

20/07/2012 à 22h26

La sureté s'améliore aussi avec l'expérience !
Les voitures n'ont pas toujours eu l'ABS et les airbags !
Les disjoncteurs 30 mA n'ont pas été installés avec la découverte de l'électricité, etc, etc.

SYGMA08

20/07/2012 à 22h20

c'est juste c'est MW/h qu'il fallait lire !

aled08

20/07/2012 à 17h41

C'est dommage qu'eDF ( et l'ASN avec ses fameuses exigences de sûreté) n'améliorent le niveau de sûreté des centrales nucléaires ( entr'autres) que lorqu'il arrive de très gros accidents graves comme F Misles Island, Tchernobyl, Fukushima, le noyage de la centrale de Blayais en 1999, etc. Bien sûr ils apportent des modifications mineures dans les premières années qui suivent les mises en service, encore celles-ci étant soumises à l'accord du directeur du site!!!
Comme à la DDE, il faut des morts en un lieu dangereux pour y placer les moyens de les éviter!!!
Le coût du MWh et non kwh est estimé à 42€. Sachant que le Mwh est négocié en bourse, il a atteint par exemple en 2003 (année de canicule) les 1000€ le Mwh. Sinon il tourne autour des 30 à 40 €. Il est possible de voir ceci sur le site internet du RTE.
Le nucléaire en France est justifié pour l'indépendance énergétique du pays, et pour aucune autre raison. Raison d'état oblige...........
Et surtout on aurait besoin d'une autorité se sûreté vraiment indépendante, de CLI sans les élus locaux trop intéressés par le fric qu'apportent les centrales.

SYGMA08

20/07/2012 à 12h21

Et dire que le traitre BESSON, alors ministre, avait estimé à 42 euros le prix de rachat par EDF des kW/H produits par la concurrence. Ces derniers avaient protestés qu'il était beaucoup trop cher !

victor1

20/07/2012 à 10h36

mr jeanlou : ce n'est poas moi qui le dit mais le rapport du sénat issue d'une commission présidée par mr poniatowski sénateur UMP

que voulez vous les écolos l'avaient dit et le sénat le confirme

vous devez vous y faire et ne pas nier ce qui est la vérité, ensuite ce rapport pointe bien que le cout du kwatt nucléaire devrait etre plus prés de 85 euros que les actuels 42 euros officiels, alors que le Kwatt éolien est estimé à 82 euros

et ce rapport pointe aussi que si nous avons un des prix les plus bas artificiellement, nous sommes ceux qui ont les grosses factures d'électricité car EDF a mené une politque de consommation forcée d'électricité en imposant le chauffage électrique dans les logements dans les années 70 à 90 environ, chauffage qui a le plus mauvais rendement énergétique mais pas grave on a justifié la construction des centrales grace à a ce gavage

lucreims

reims

20/07/2012 à 09h35

Si ça pête il n'y a plus besoin de nucléaire puisqu'il n'y aura plus de vivants

SYGMA08

19/07/2012 à 18h25

@Jeanlou : c'est celui qui dit qui est ?
En effet, vous mettez en cause la bonne foi de Victor1 qui ne fait que citer un rapport d'un Sénateur UMP !
C'est le monde à l'envers ;0I

Jeanlou

19/07/2012 à 18h09

Décidément la bonne foi, c'est pas le truc des écolos !! Oser prétendre que l'augmentation annoncée est due au nucléaire - uniquement - il fallait oser ! Et Victor l'a fait. Le projet d'implanter des milliers d'éoliennes, plus les centrales à flammes que ça impose et les lignes HT et les bénéfices colossaux engrangés par les promoteurs, c'est seulement une vue de l'esprit ? Le fait que ça ne permettra pas de fermer une seule centrale ça ne l'interroge pas non plus le "totor"! Voilà le drame. En matière d'écologie, on ne parle avec des gens raisonnables, mais avec des Torquemada qui n'ont aucun scrupule à déformer la réalité pour vendre leurs thèses. Ces gens là étaient amusants quand ils étaient naïfs, maintenant, bien qu'ils ne représentent qu'une infime partie de la population, ils tiennent certaines manettes du pouvoir et on va prendre la mesure de leur dangerosité.

victor1

19/07/2012 à 17h23

un rapport sénatoriale présidée par un UMP annonce une hausse de 50% du prix de l'électricité nucléaire d'ici 2020 et de ce fait devenir aussi chére que l'électricité issue des énergies renouvelables

ceci est la conséquence d'une prise en compte normale ( mais oubliée depuis toujpours par EDF) du retraitement des déchets, du démantellement des centrales, des travaux de mise aux normes de sécurité et aussi de prendre des assurances au niveau réelle d'une catastrophe

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