Patinage artistique / La carrière en pointillés d'Alban Préaubert

Patinage artistique / La carrière en pointillés d'Alban Préaubert

Publié le jeudi 06 octobre 2011 à 10H05 - Vu 901 fois

CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Le patineur carolomacérien s'est désinscrit du Master's qui débute aujourd'hui à Orléans. A 26 ans, il privilégie actuellement son nouveau métier dans la finance.

ALBAN Préaubert sera bel et bien présent samedi à la patinoire du complexe du Baron d'Orléans. Non pas sur la glace pour y disputer la compétition mais dans les tribunes pour encourager un autre Ardennais en lice, le jeune Romain Ponsart.
« Je ne suis pas dispo vendredi, je suis pris par mon boulot », avoue le multiple médaillé aux championnats de France. Après un stage de fin d'étude entamé en mars, il vient effectivement d'être embauché au sein de l'entreprise Sycomore Asset Management, basée à Paris, « près des Champs-Elysées » et spécialisée dans la finance.
Une nouvelle vie s'ouvre donc pour lui. Y a-t-il une place pour « sa passion » du patinage ? Si le protégé d'Annick Dumont ne veut pas encore tirer un trait définitif sur sa carrière, l'impression demeure qu'il a tout de même basculé dans l'après.
Alban, vous ne figurez pas sur la liste des engagés du Master's. Que doit-on en déduire ?
« Que j'ai démarré un travail et que je n'ai pas le temps de m'entraîner. C'est devenu ma priorité. Je n'ai plus de lisibilité en compétition pour le moment. En plus, comme tout le monde le sait, les marchés financiers sont nerveux en ce moment, donc j'ai énormément de travail. Je continue seulement à m'entretenir les week-ends. »
Est-ce que ça signifie que votre carrière est terminée ?
« Je ne me suis pas fixé de deadline. Ce qui est sûr, c'est que mon nouveau job me plaît. J'ai des perspectives d'avenir qui me rassurent. Quand on fait du sport de haut niveau, on a souvent peur de l'après. Pour l'instant, je n'ai pas ce souci. C'est agréable de savoir que j'ai une issue. En plus, il y a une bonne ambiance au travail. Mais j'aime encore patiner. »
Votre dernière saison a dû vous amener à vous poser beaucoup de questions…
« J'ai effectivement été très déçu de ma non-sélection injustifiée pour les championnats du monde universitaires qui me tenaient pourtant à cœur. Je l'ai d'ailleurs toujours en travers de la gorge. J'ai également eu un problème au genou qui s'est finalement avéré être de l'arthrose. C'était forcément plus compliqué de s'entraîner.
Tout ça a fait qu'en mars, j'ai dit stop. Par conséquent, je ne vais pas vous cacher non plus que je me pose des questions sur mon avenir sportif. Même si à 26 ans (depuis le 20 septembre), je ne suis pas excessivement vieux, mais plus tout jeune non plus. Je ne vois pas l'intérêt d'annoncer maintenant la fin de ma carrière.
Demain, je peux me retrouver au chômage et, je le répète, j'ai toujours envie de patiner. Je me sens encore capable de faire de belles choses.
Mon rêve est de faire un podium aux championnats d'Europe. Mais, sans préparation, c'est compliqué. »
On sent tout de même que vous semblez être passé à autre chose…
« C'est dans ma logique de vie même si c'est un peu frustrant de ne pas avoir le temps de profiter de ma passion. Un jour ou l'autre, je l'officialiserai. Mais, aujourd'hui, je n'ai pas envie de dire clairement j'arrête.
Et, dans un même temps, je ne vais pas m'engager sur des compétitions alors que je n'ai pas d'entraînement derrière. »

Propos recueillis par Sylvain POHU

L'union l'Ardennais