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Pascal Zeimet est pédicure... bovin !

Publié le dimanche 14 octobre 2012 à 10H48 - Vu 429 fois


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Le toilettage des vaches est souvent un exercice spectaculaire.

Le toilettage des vaches est souvent un exercice spectaculaire.


MARCQ (Ardennes). Devenu pédicure et pareur professionnel, Pascal Zeimet intervient dans les fermes pour soigner et prévenir les maladies de pieds des bovins.

Du nouveau pour les éleveurs de bovins du sud des Ardennes voire du département. Pascal Zeimet, 43 ans, leur propose désormais une activité de pédicure.

Revenu vivre à Marcq depuis deux ans auprès de ses parents et de plusieurs de ses cousins germains, M. Zeimet, après avoir cessé une activité de buraliste à Béthune, a décidé d'opérer un changement radical dans son existence.

« L'idée m'a été suggérée par mon frère Eric, dentiste équin dans le Vouzinois. A partir de là, j'ai effectué des recherches sur Internet et étant depuis ma prime jeunesse amoureux des animaux que j'ai souvent eu l'occasion d'approcher soit pendant la moisson, soit en rangeant la paille dans les granges ou en regardant la traite, je me suis dit : « Pourquoi pas » ? ».

En novembre 2011, Pascal Zeimet passe alors un mois de formation au centre « Au fer rouge » à Brugaltroff (Moselle) animé par Alain Bernard, maréchal-ferrant et pédicure bovin. Il y apprend la manipulation des bovins, la façon d'identifier et de dépister les maladies des onglons et l'apparition des boiteries. Tout en acquérant la maîtrise du parage fonctionnel et curatif.

Une attestation de stage lui donnant le droit de s'installer et de pouvoir pratiquer cette activité sanctionne cette session de formation.

« Le pied des bovins est souvent négligé »

En février 2012, la Sarl « Argonne pédicure bovin » est créée. Son gérant investit alors 22 000 euros dans l'acquisition d'une cage de contention livrée par le fournisseur hollandais KVK.

Un outil indispensable pour immobiliser les bêtes pendant les soins.

« On arrive ainsi plus facilement à leur faire lever les pattes ». Une fois doté de cet engin, Pascal Zeimet peut démarrer son activité en avril.

« Dans les Ardennes, on recense 330 000 bovins et quatre pédicures. Si les éleveurs se montrent moins réticents et comprennent l'intérêt qu'il y a à prévenir les risques de maladie ou d'infection, ce qui n'est pas encore dans leur mentalité mais on a tout de même progressé sur ce point, je ne devrais pas manquer de travail sur les vaches charolaises, limousines et allaitantes. Il y a un travail de sensibilisation à faire auprès de ma future clientèle. Lui faire comprendre que le pied des bovins est trop souvent négligé ».

D'autant qu'il y a aussi l'activité curative et les petites interventions pour assurer le bien-être des animaux. On peut aussi rétablir l'aplomb des bêtes pour leur redonner une bonne position.

« J'ai déjà quelques appels. Mais le plus gros de l'activité va se faire entre novembre et mai à la rentrée des vaches dans la stabulation ».

Pascal Zeimet assure aussi le parage. C'est-à-dire qu'il refaçonne le sabot de la vache à l'aide d'outils aiguisés et adaptés : un couteau (la rainette), une meuleuse afin de dégrossir la corne et enfin la tenaille pour tailler et égaliser les onglons. Cette lecture des lésions des sabots en dit souvent long sur la santé des vaches.

Elle permet parfois de détecter des maladies d'origine alimentaire ou dues à des traumatismes : fourbure, fourchet, maladie de Mortellaro, limace, dermatite ou encore les panaris. « Un vrai travail d'esthéticien » rigole le nouveau venu.
Un job qui a aussi le mérite de permettre aux éleveurs d'éviter une perte économique importante sur leurs exploitations. Et Pascal espère bien d'ici quelques mois ne… pas avoir à lever le pied.

Pascal REMY
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