Publié le dimanche 05 juin 2011 à 09H00 - Vu 172 fois
Au creux de son petit coin aménagé, le couple Loth caracolait vendredi en tête, avec trois
RETHEL (Ardennes). Petite partie de carpes depuis jeudi, au canal entre Rethel et Biermes. Jusqu'à ce midi, 22 pêcheurs tentent d'aguicher le poisson… avec plus ou moins de veine.
ATTENDRE… attendre… manger et boire un coup… patienter et puis attendre… Depuis jeudi midi, une agitation débridée secoue les berges du canal au fil du 9e Enduro carpe, organisé par le Club team Carpe Rethel.
Entre le chef-lieu et Biermes, onze équipes de deux pêcheurs tiennent la ligne jour et nuit jusqu'à ce midi. Et autant dire qu'ils sont à la diète, le poisson se montrant aussi muet que discret. Hier en fin de matinée, seuls huit spécimens avaient été sortis de l'eau en près de 48 heures. Jolie moyenne…
Pas de quoi chiffonner les mordus du bouchon pour autant.
« Ça a bougé tout à l'heure, on y a cru… C'est le jeu et puis le beau temps est là. C'est sûr que si ça mord, on saute dessus mais ce qu'on aime c'est la détente, le calme, l'eau », commente Jordan, 18 ans, de Vivier-au-Court, qui profite d'un moment de partage privilégié avec son père, André.
« À la maison c'est parfois tendu, mais au bord de l'eau, on oublie tout, on zappe les soucis. On fait le vide et ça fait du bien. »
Une bonne philosophie, si l'on pense que certaines équipes passeront 72 heures non-stop la gaule, comme le bec, dans l'eau. Et certains viennent d'ailleurs de loin pour ça, puisque Belges et Ardennais se côtoient parmi les participants.
De son côté le plus jeune pêcheur Florent, 13 ans, venu avec son grand frère Jérôme, comptait bien réitérer son exploit de 2010. « L'année dernière, pour notre première participation, on a fini premiers, donc on retente notre chance », précise le duo.
Toutefois l'édition 2011 semble plutôt sourire à la seule femme en lice.
« À peine trois quarts d'heure après le début du concours, on en a pris une. On n'avait même pas encore fini de s'installer », précisent ainsi Thierry et Aline Loth.
Au pastis ou à la cerise bigarreau
Hier midi, avec quatre prises à son actif (remises à l'eau après pesée) le couple avait attrapé à lui seul la moitié de la récolte totale du concours.
Tandis que certains n'ont pas encore eu une seule touche, le couple insolent se paie même le luxe d'en laisser filer une cinquième. « Elle est partie dans les broussailles et j'ai cassé. C'est comme ça ! La chance au pêcheur, la chance au poisson… », ajoute Thierry. D'ailleurs le couple de Lumes admet que d'habitude il fait plutôt chou blanc. « On n'attrape jamais rien, on est toujours 'capot'd'ailleurs l'année dernière on n'avait rien fait pendant trois jours », sourit Aline.
« Alors on essaie de faire des trucs qui pourraient faire démarrer les carpes, on revient aux anciennes méthodes avec du maïs doux ou même un truc tout bête comme un bout de pain », ajoute son mari. « Elles aiment bien le pastis et une fois j'ai même essayé à la cerise bigarreau, ça leur a plu. Faut tout tenter ! »
Voilà donc comment on embrouille les carpes…
Audrey BENZAKEN
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