Publié le mercredi 03 octobre 2012 à 08H58 - Vu 492 fois
CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (Ardennes). Le 7 janvier 2012, Nicolas Bahnweg, 75 ans, tuait son épouse Mireille et se pendait. Son voisin et ami, Pierre Clausse, vient de lui consacrer un livre.
«Il se savait condamné à brève échéance par son cœur usé, il savait que Mireille sans lui ne saurait s'en sortir, qu'elle connaîtrait une déchéance progressive et sans aucun espoir. Avec une lucidité extraordinaire et un courage admirable, il a tiré la conclusion ultime de leurs vies ».
Ainsi s'achève le petit livre de moins de 30 pages que Pierre Clausse, qui fut le voisin et l'ami de Nicolas Bahnweg, à Chalandry-Elaire, vient de consacrer à la vie de celui qui décida, un jour de janvier 2012, de mettre fin à la vie de sa femme, atteinte de la maladie d'Alzheimer, puis à la sienne, en se pendant dans son abri de jardin.
Une vie qui aurait pu être ordinaire, pour ne pas dire banale, si les soubresauts de l'Histoire et les accidents de la vie ne l'avaient aussi profondément marquée.
Après avoir vécu une enfance heureuse dans la ville serbe de Becskerek, Nicolas et sa famille sont confrontés à l'arrivée des troupes allemandes, en 1940, « si rapide et brutale qu'on n'avait pas eu le temps d'envisager l'exode ».
Cet exode, il le connaîtra un peu plus tard, alors qu'il n'a pas encore 12 ans. Déclarée apatride, sa famille est évacuée vers l'Autriche, où elle passera quatre ans.
C'est en 1949 que Nicolas met pour la première fois le pied sur le sol français. Après avoir été hébergé chez un paysan de Douzy, il trouve un travail de charretier dans le Rethélois. C'est là qu'il rencontre Mireille, une fille de paysans du coin, qui deviendra son épouse.
Devoir de mémoire
Le premier traumatisme viendra avec la guerre d'Algérie. Naturalisé Français en novembre 1956, Nicolas est mobilisé dès le début de l'année suivante. Le second traumatisme, plus terrible encore, il le vivra en 1973 en voyant son fils de trois ans mourir dans ses bras, après une chute.
Et puis survient la maladie de Mireille. A Pierre Clausse, Nicolas confiera par moments qu'il n'en peut plus. Et c'est à Pierre Clausse, son voisin et ami, qu'il acceptera de confier ses souvenirs, pieusement conservés dans un dictaphone avant de faire l'objet d'un livre.
« L'ancienne institutrice des Ayvelles lui avait déjà dit qu'il devrait écrire un livre sur sa vie », se souvient Pierre Clausse. « Pour moi, ce livre est un devoir de mémoire. C'est aussi beaucoup d'émotion ».
Et un hommage à un homme qui fut apprécié de tous. Pour sa gentillesse et sa simplicité. L'ouvrage, d'ailleurs, s'intitule « Nicolas ». Tout simplement.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site













Les dernières contributions
lanterne
Le réveil cauchemardesque des doux rêveurs.
03/10/2012 à 17h49
La fin de vie de la majorité des seniors est un naufrage. On ne peut pas porter de jugement si on n'a pas vécu des conditions semblables. C'est affreux de partir ainsi ....Merci à monsieur Clausse d'être le dépositaire de sa mémoire et d'en faire profiter ceux qui encore ont un coeur...
Argonne TOUTE
03/10/2012 à 16h09
Rendez hommage également à celles et ceux qui assistent jusqu'au bout leur conjoint atteint de cette maladie.
amourange
03/10/2012 à 12h33
"Ma vie est un roman" cette expression qu'il nous arrive de dire..
Cette ami et voisin a fait un beau geste d'amour et de respect en posant ainsi, l'histoire de "Nicolas"cela dénote une grande sensibilité d’âmes.
CAZIA
03/10/2012 à 11h28 | 1
Devoir de mémoire....ami et voisin le plus bel hommage qu'il pouvait lui rendre !!
La maladie d'Alzheimer fait des ravages dans les familles !! s'ils n'avaient pas d'enfants , oui, la fin de vie est difficile !!