Publié le lundi 28 novembre 2011 à 09H40 - Vu 3073 fois
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Moment symbolique fort samedi après-midi dans le quartier de Mohon : fidèles du culte musulman, représentants de l'Etat et élus locaux ont posé ensemble la première pierre de la future mosquée de Charleville-Mézières.
LA première pierre de la nouvelle future mosquée de Charleville-Mézières est posée depuis samedi après-midi, rue Anatole-France dans le quartier de Mohon… Reste maintenant à poser les autres.
Les membres de l'Association de la mosquée et du centre culturel des Ardennes (AMCCA) semblent confiants quant au déroulement de la suite des événements. Pour eux, le plus dur est fait : il fallait d'abord trouver le terrain, obtenir les autorisations, le permis de construire (signé en septembre 2010), etc.
En avril dernier (nos éditions du 18 avril 2011), le président de l'AMCCA, Lahcen Zouitane, annonçait la pose de la première pierre « avant l'été 2011 ». Finalement, le retard n'aura pas été très important. Le terrain où se trouvait jadis une ancienne usine a été nivelé. Les travaux de fondations devraient commencer début 2012.
Le chiffrage global du projet reste une somme élevée (4,2 millions d'euros) et l'AMCCA reconnaît qu'elle ne dispose pas du montant total. « Grâce aux dons des fidèles, nous en avons une partie », nous a dit Lahcen Zouitane sans préciser davantage, « nous construirons au fur et à mesure des rentrées d'argent ».
Quand on lui demande si la nouvelle mosquée sera achevée pour 2014-2015, il laisse entendre que ça pourrait être avant. « Nous avons rassemblé les 100.000 euros pour l'achat du terrain en seulement quatre mois », ajoute le président de l'AMCCA relativement optimiste. L'association elle-même estime entre 13.000 et 15.000 musulmans pratiquants dans les Ardennes.
Si l'AMCCA ne l'a pas encore fait jusqu'à présent, elle ira « toquer à toutes les portes », selon l'expression du secrétaire général Redane Basri. Reste à savoir si des subventions d'argent public peuvent venir abonder le projet, dans la mesure où au lieu strictement cultuel (la salle de prière et un patio d'accès pour les femmes), seront accolés des locaux de réunion, d'enseignement scolaire, des bureaux, une bibliothèque, un espace de réception etc., constituant ainsi la partie « centre culturel » du projet. Rappelons en effet que la loi de 1905 de « séparation des églises et de l'Etat » n'autorise le subventionnement public d'aucun culte.
P.F.
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