Publié le mardi 14 février 2012 à 10H42 - Vu 352 fois
Plus d'un Sedanais sur deux porte des lunettes. Le marché est florissant.
SEDAN (Ardennes). 20 000 habitants, trois ophtalmos et… une dizaine d'opticiens. Les Sedanais seraient-ils devenus bigleux ? En tout cas, les porteurs de lunettes ont le choix.
SEDANAIS à lunettes, Sedanais qui font la recette… pour la dizaine d'opticiens que compte Sedan.
Alors que les trois ophtalmologistes installés à Sedan ne prennent quasiment plus de nouveaux patients, les boutiques de lunetiers continuent, elle, d'ouvrir. Faut croire que le gâteau est bon !
Un des intéressés, diplômé en la matière, comme l'exige la loi, nous a permis d'y voir plus clair.
Plus d'un Sedanais sur deux porte des lunettes (comme la moyenne nationale). Généralement, le renouvellement se fait tous les deux-trois ans. Si on considère que Sedan et ses environs comptent 25 000 habitants, ça fait donc 12 500 porteurs de lunettes potentiels, soit environ 6 000 nouvelles paires de lunettes par an.
C'est donc ce gâteau-là que se partagent les opticiens de la cité de Turenne. Alors, qu'ils soient franchisés ou indépendants, tous ont leur propre méthode pour se démarquer. Que ce soit sur les entrées de gammes, la qualité des matériaux, une marge plus ou moins grande, la monture gratuite, la deuxième paire à 1 euro, etc.
Un marché pas près de régresser
Mais dix opticiens n'est-ce pas trop ?
« Il ne faudrait pas que ça continue comme ça (Ndlr : que d'autres magasins s'installent). Le manque n'existe plus. Maintenant, chacun doit trouver sa place. Les clients font le tour des magasins, demandent des devis et font ensuite leur choix. En général, ils sont fidèles », explique un opticien.
Bien sûr, il est toujours bon d'avoir de la concurrence. Ça oblige chacun à se remettre en question et ça permet aussi au client de tirer profit de la situation. Encore faut-il qu'il puisse s'y retrouver dans toute cette jungle.
D'autant qu'avec le vieillissement de la population, les achats plaisir (eh oui, certains portent des lunettes sans avoir aucun défaut de vue !), une meilleure prise en charge des mutuelles… le marché ne semble pas prêt de régresser.
Et les opticiens ne perdent pas de vue non plus que la législation permet désormais de ne plus passer forcément par un ophtalmologiste pour se voir prescrire une ordonnance.
Car c'est bien cela aussi le souci. Les opticiens travaillent, pour la grande majorité, avec des ordonnances. Mais s'il manque des ophtalmos, on peut légitimement penser qu'à un moment donné, la délivrance d'ordonnance ne va pas augmenter avec le nombre de porteurs de lunettes.
Sans doute que d'un point de vue économique, il y a des leçons à tirer dans ce domaine, car on voit bien des magasins fermer à Sedan, mais très rarement des opticiens…
E.D.
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