Publié le lundi 26 septembre 2011 à 08H45 - Vu 273 fois
Le rassemblement est prévu mardi à 10 heures devant l'inspection académique.
Postes supprimés, précarité en cours de généralisation dans la profession : les profs n'en peuvent plus. A l'appel de leurs syndicats, ils le clameront demain.
L'ENSEMBLE des organisations syndicales, FERC-CGT, FSU, SGEN-CFDT, UNSA, appellent, dans un communiqué publié hier matin, « les personnels (ardennais, ndlr) de l'Education nationale et de l'enseignement agricole public à se mettre massivement en grève le 27 septembre ». Un rassemblement est prévu à 10 heures devant l'inspection académique, le cortège marchera ensuite jusqu'à la place Ducale avant de revenir au point de départ.
Cette mobilisation, la première depuis la rentrée, soulignera les désaccords profonds et nombreux entre professeurs et Education nationale. Cette année, plus de 80 postes d'enseignants ont été supprimés dans le département. En corollaire de cette « question fondamentale », l'augmentation des effectifs par classes - 30 en moyenne au collège, 35 au lycée - met « à genoux le service public d'éducation ». En outre, le communiqué dénonce « l'avalanche de réformes inadaptées, incohérentes et précipitées ».
En conséquence, l'intersyndicale exige « l'arrêt des suppressions d'emploi, une autre logique pour le prochain budget (qui prévoit de nouvelles suppressions de postes, ndlr) et une transformation démocratique du système éducatif afin d'assurer la réussite de tous les élèves ».
Image dégradée
Ces dernières années, le métier d'enseignant est indéniablement devenu plus difficile, complexe, usant et anxiogène. Son image s'est également considérablement dégradée si on en juge par l'effondrement du nombre de candidats depuis près d'une dizaine d'années aux concours de recrutement.
Les récentes réformes n'ont fait qu'accélérer une tendance qui vise à transformer le fonctionnement de l'école, ses modes et ses objectifs. Depuis son élection à la tête de l'Etat, Nicolas Sarkozy a choisi la manière forte, en détériorant délibérément les conditions d'enseignement et d'apprentissage - suppression des réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased) et de l'année en formation des nouveaux enseignants scolaires, quasi-liquidation de la scolarisation des moins de 3 ans, gel du point d'indice des fonctionnaires pendant trois ans - pour mieux imposer ses projets.
Fraîchement élu, c'est bien lui qui écrivait dans une « Lettre aux éducateurs » parue en septembre 2007 son souhait d'une école avec « moins de professeurs ».
Avec la suppression en France de 52.000 postes depuis quatre ans par le ministère de l'Education nationale - et le dogme du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux - cette promesse-là au moins aura été indiscutablement tenue.
Mathieu LIVOREIL
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