Publié le dimanche 14 novembre 2010 à 11H28 - Vu 381 fois
Vers la mi-janvier 1995, les journaux télévisés ouvraient toutes leurs éditions sur les inondations. En première ligne : le département des Ardennes.
Les Ardennais avaient, certes, l'habitude de voir la Meuse sortir de son lit. En ce début d'année-là, la Meuse était passée de 2,80 mètres (son cours normal) à 6,10. Et elle montait encore.
A Charleville-Mézières, chef-lieu des Ardennes, le centre fut complètement inondé, la ville en partie privée d'électricité. Les Carolomacériens n'avaient jamais vu ça : le centre-ville bloqué par les eaux, la ville devenue piétonne. De nombreux « curieux » étaient venus voir ce phénomène exceptionnel : la Meuse a emportant tout sur son passage, charriant les ordures, les cuves de fioul se déversant dans les rues. Pour fournir les habitations en électricité, six groupes électrogènes avaient été installés dans les endroits les plus critiques, le local d'EDF ayant été inondé.
Résolu et inquiet pour sa population, le maire de l'époque, Roger Mas, avait pris les décisions qui s'imposent en pareilles circonstances, comme fermer les écoles.
Les secours devaient batailler contre un adversaire bien plus fort qu'eux : la Meuse. «On est en train de demander aux gens d'évacuer leur maison, mais ils ne sont pas trop chauds pour partir », témoignait, le 29 janvier, le sergent Philippe Houzai, sapeur-pompier volontaire.
Les inondations n'avaient épargné personnes. Le plan Orsec ayant été déclenché, la cellule de crise des Ardennes avait été installée dans les combles au 4e étage en préfecture. Tout le rez-de-chaussée était en effet sous 50 à 60 centimètres d'eau.
A Warcq, nuit et jour, 80 bénévoles et des militaires se relayaient sur le terrain. Raymond Louis, boulanger, avait dû s'approvisionner en baguette chez un autre collègue, car son four avait pris l'eau.
L'épicerie, le café, l'église et le groupe scolaire avaient tous les pieds dans l'eau. Le premier étage de la mairie de Warcq devait accueillir la cellule de crise, sous la conduite du maire, Luc Pierquin, dont la commune avait déjà durement vécu les inondations de 1993.
A Givet, l'armée était venu en aide à la population, car le fleuve avait atteint 5,50 mètres. « Nous sommes de 10 centimètres de prêt par rapport à 93 lors de la crue centenaire. Cinquante familles avaient été relogées. La clinique et une maison de retraite avaient aussi été évacuées. Une cité scolaire de 1000 élèves a dû être fermée », commentait, à la presse, Claude Wallendorff, alors 2e adjoint au maire. Le quartier Notre-Dame, en bas de la ville, est le plus touché, mais dans cette bourgade la population était moins surpris que l'année 93 mais le découragement était dans tous les esprits.
B.D.
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