Publié le mercredi 27 juin 2012 à 10H05 - Vu 389 fois
Pour Philippe Graczyck et ses anciens collègues, le calvaire continue. « C'est usant, car on ne sait vraiment pas à quelle sauce on va être mangé », regrette-t-il.
GIVET (Ardennes) Trois ans après la fermeture de l'usine du Petit-Givet, l'affaire qui oppose les anciens employés à la direction du groupe Gascogne-Luminates est encore loin d'être tranchée.
ILS ont encore pris un uppercut de plein fouet. Un de plus. Les 57 anciens salariés de la Sopal attendaient pourtant beaucoup de l'audience, qui devait se tenir, il y a quelques jours, devant la cour d'appel de Reims.
Celle-ci devait en effet déterminer si les licenciements économiques, dont ils ont été victimes, fin 2008, étaient justifiés ou, au contraire, totalement abusifs.
Mais malheureusement, ce matin, ils n'en savent pas beaucoup plus. Et pour cause : l'affaire a été purement et simplement renvoyée à plus tard. En l'occurrence à… mai 2013 !
Leur avocat, Maître Xavier Médeau, assure ne pas avoir eu d'autre alternative : « La partie adverse ne m'a transmis son dossier que très tard, largement après la date qui avait été fixée au départ, regrette-t-il. Ce qui, par conséquent, ne m'a pas permis de préparer l'audience comme il l'aurait fallu. »
Un nouveau coup dur pour les ex-employés, plongés en plein cauchemar depuis déjà 1345 jours et ce sinistre 21 octobre 2008. Soit la date à laquelle la fermeture de « leur » usine du Petit-Givet, spécialisée dans la fabrication de papier gommé, a été annoncée. « Et évidemment pour nous, tant que l'affaire n'est pas terminée, il est impossible de tourner la page », répète l'ex-secrétaire du comité d'entreprise, Philippe Graczyck.
Lui, comme beaucoup - à savoir les « trois quarts » du personnel - n'ont pas réussi à retrouver d'emploi stable, depuis leur licenciement. « Et nous ne leurrons pas, les plus vieux n'en auront plus, confie-t-il. Et ça, c'est vraiment très dur à vivre. Surtout qu'avec le renvoi de cette audience, on vient tous de prendre un énième coup de massue sur la tête… »
Le député à la rescousse ?
La situation est d'autant plus compliquée à gérer pour les quinquas de la boîte (ils sont une dizaine dans ce cas), qu'ils arrivent tous en fin de droits, côté chômage. Et ce, alors qu'il leur reste encore deux, trois, voire quatre ans à ramer, avant de pouvoir percevoir leur retraite. « On est dans l'incertitude la plus totale, précise Philippe Graczyck. Et, actuellement, beaucoup de mes collègues sont abattus, car on comptait énormément sur ces dommages et intérêts* pour joindre les deux bouts, une fois qu'on n'aura plus d'aide de Pôle emploi. »
En mai 2011, le juge départiteur avait pourtant bel et bien donné gain de cause aux anciens salariés, en condamnant Gascogne Laminates à leur verser une indemnité*, variant de 3.000 à 31.000 euros selon leur ancienneté.
Mais depuis, le groupe a fait appel, et la procédure traîne en longueur. « Moi-même, J'ai parfois envie de baisser les bras », admet l'ex membre du CE qui, jusqu'à présent, a toutefois toujours réussi à refaire surface. « Là encore, je vais repartir au combat, » promet-il.
D'ici quelques heures, il alertera ainsi le nouveau député Christophe Léonard sur les difficultés rencontrées au quotidien par les ex-Sopal. « J'espère qu'il pourra faire quelque chose pour nous », conclut-il.
En attendant sa réponse, le feuilleton, lui, continue.Ce matin, cela fait déjà trois ans, huit mois et six jours qu'il a commencé.
* Une somme qui viendrait s'ajouter aux indemnités légales (entre 900 à 50.000 euros) et supra-légales (15.000 euros) déjà perçues.
Aurélien AVIGLIANO
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Les dernières contributions
sedanais
27/06/2012 à 13h54
en fait la principale critique est le renvoi de l affaire par la cour d appel de reims
à mai 2013 alors que le renvoi est à la demande de l avocat des salariés qui estime avoir reçu tardivement le dossier de L AGS...
il y a deja eu un procés en premiere instance suivit d une autre devant le juge départiteur..
ainsi l avocat des salariés connaissait bien son dossier ..alors était ce la bonne
solutions dans l intérét des salariés de demander le renvoi ??
plateau08
27/06/2012 à 13h00
Quelle honte cette fermeture par un groupe français qui fait des bénéfices ! Oui, le capitalisme et le libéralisme économique n'ont pas de frontière et ils s'en prennent toujours au même: les salariés ! Courage et tiens bon Philippe avec tes camarades, tu es un vrai militant.