Publié le lundi 30 janvier 2012 à 10H29 - Vu 239 fois
Claudette Moraine s'engage dans la bataille avec enthousiasme.
ARDENNES. Comme prévu, ce n'est pas un(e) militant(e) PCF qui portera les couleurs du Front de gauche dans la 3e circonscription. Place à Claudette Moraine, ancienne adhérente du NPA.
APRÈS Sylvain Dalla Rosa (Mézières-Rethel) et Michèle Leflon (Charleville-Givet), voilà Claudette Moraine sur Sedan-Vouziers : le Front de gauche est désormais au complet à un peu moins de cinq mois des législatives.
Fait notable : ainsi que l'avaient prévu les accords nationaux entre les différentes composantes du Front de gauche, la 3e circonscription ardennaise a été dévolue à une candidate non adhérente du PCF, lequel fournit pourtant, ce n'est un secret pour personne, l'essentiel des militants de cette galaxie qui entend rassembler à la gauche de la gauche (c'est-à-dire d'abord, et surtout, à la gauche du PS).
Il s'agit en l'occurrence de Claudette Moraine, 61 ans, enseignante retraitée.
« J'avais 18 ans en 68 : j'ai donc baigné très tôt dans le débat d'idées, et je me suis très vite positionnée contre les injustices sociales, la nécessité de construire une autre société basée sur une autre économie, mais sans tomber dans le même piège que les pays de l'Est et qui ont conduit à une impasse dramatique… »
Passée par la LCR d'Alain Krivine, Claudette Moraine s'est engagée beaucoup dans le syndicalisme, au sein de la FEN, puis de la FSU où elle a été marquée par des mouvements sociaux d'ampleur comme en 1995 et 2003. Elle a aussi été intéressée par « le laboratoire d'idées » qu'a généré Attac.
"Warsmann, un carriériste"
Plus récemment, les bases qui avaient prévalu à la naissance du NPA autour d'Olivier Besancenot l'avaient séduite. Mais le jeune parti a vite, selon elle, succombé à ses vieux démons.
Proche de la Gauche unitaire qui forme, avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, le PCF et quelques autres courants, le Front de gauche - « où les convergences sont plus fortes, mais n'effacent pas les divergences, et ça me convient… » -, déjà candidate en 2010 aux régionales, voilà donc désormais Claudette Moraine sur la ligne de départ d'une élection qui s'annonce difficile (pour la gauche) dans le bastion de Jean-Luc Warsmann.
« Je suis de Bazeilles. Je sais que le député sortant se veut un homme de terrain, mais c'est un carriériste qui trompe son mode en disant ne pas faire de politique… Et donner des réponses, au cas par cas, aux citoyens qui le sollicitent pour un service n'efface pas son action de parlementaire. C'est curieux de protester contre le déshabillage du lycée de Bazeilles, alors qu'on vote sans ergoter les budgets à Paris qui ont comme conséquence de saigner les services publics. Il faut aussi que les électeurs sachent quelles sont les conséquences des lois que porte M. Warsmann : sous prétexte de simplifier le droit, il s'en prend au droit du travail ! »
Dans la lignée des « débats citoyens qui ont marqué la campagne du referendum de 2005 où les gens se sont approprié une question que l'élite croyait réglée d'avance », persuadée que le mouvement social doit avoir un débouché politique avec une union de la gauche qui ne soit pas un remake de 81, Claudette Moraine se dit enfin prête à expliquer pourquoi « le vote FN est une impasse ». Et ajoute : « On ne voit pas les gens du FN combattre les suppressions de postes. Ils font de la récupération, c'est tout. »
Enfin, Claudette Moraine n'oubliera pas la question écologique, regrettant au passage qu'EE-LV n'ait pas cherché l'union… Son suppléant, sans doute adhérent PCF, n'est pas encore désigné.
Philippe MELLET
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