Publié le samedi 11 février 2012 à 12H00 - Vu 156 fois
Bientôt, pourquoi pas, un panneau 4 étoiles au côté de celui qui signale déjà que l'on entre ici dans un village fleuri (2 fleurs).
L'Association nationale pour la protection du ciel et l'environnement nocturne vient de décerner 4 étoiles sur 5 à Villers-sur-Bar. Ça le fait !
A l'instar de nombre de ses collègues qui acceptent de ceindre l'écharpe de premier magistrat, Valérie Wary mène trois vies en une : « J'ai un métier, j'ai un mandat… et je n'oublie pas ma famille. »
C'est donc tôt le matin ou en soirée qu'elle pousse la porte de son bureau, au premier étage de la mairie de Villers-sur-Bar, petite commune de 259 âmes qui domine la Meuse, entre Donchery et Pont-à-Bar.
Le village est devenu résidentiel. On vient y chercher une forme de quiétude et de verdoiement comme on n'en trouve plus en ville.
C'est donc tôt, un matin, à l'automne dernier, que Valérie Wary a pris le temps de lire le courrier en forme de questionnaire adressé par l'Association nationale pour la protection du ciel et l'environnement nocturne (ouf !). « Les années passées, je me souviens que j'avais jeté un œil et que j'avais opté pour un classement vertical. Il faut dire aussi que le nom même de l'association m'avait semblé… disons, un peu farfelu. »
Mais cette fois, donc, avec l'aide technique du SEICE, syndicat intercommunal qui entretient les installations électriques, elle a rempli le questionnaire. Consciencieusement. Mais sans vouloir non plus en rajouter.
Economie, cadre de vie…
Et puis fin janvier, la bonne nouvelle est tombée. Villers-sur-Bar a déroché 4 étoiles au concours national (sur une échelle de 1 à 5, obtenant la meilleure note ardennaise) et se verra remettre prochainement un diplôme. Et pourra pourquoi pas installer un panneau au côté de celui qui signale déjà que l'on entre ici dans un village fleuri (2 fleurs).
« Ça fait toujours plaisir », remarque presque timidement Valérie Wary. Qui a, depuis, mieux appréhendé le but de cette association à l'appellation certes poétique, mais pas forcément très évidente : l'Association nationale pour la protection du ciel et l'environnement nocturne souhaite en effet lutter contre une forme de pollution à laquelle on pense peu, et « promouvoir la qualité de l'environnement nocturne, maîtriser les dépenses d'énergie et les frais de maintenance liés à l'éclairage public, protéger les espèces vivant la nuit et ayant besoin d'obscurité, contenir les émissions de gaz à effet de serre, optimiser la lumière pour une meilleure qualité de vie… »
Des objectifs explicités encore par cette introduction à la charte qu'elle propose à la signature des collectivités : « L'alternance du jour et de la nuit règle depuis un milliard d'années la vie animale et végétale sur la planète. Le ciel nocturne est un élément naturel et inaliénable de l'environnement de l'homme sur sa planète. L'éclairage public et privé est indispensable à la vie sociale dans les domaines du confort et de la sécurité, mais la prolifération d'un éclairage urbain et routier mal conçu constitue une menace pour l'équilibre naturel de la Vie et pour l'existence d'un ciel nocturne étoilé… »
Soit. Mais Valérie Wary résume plus prosaïquement la philosophie de l'opération : » J'ai compris que l'opération consistait à saluer les efforts des collectivités, mêmes modestes comme la nôtre, qui dans le domaine de l'éclairage public, s'efforcent de conjuguer économie (d'énergie… et économie tout court), souci de protection de l'environnement et préservation voire amélioration du cadre de vie… »
Dans les faits, Villers-sur-Bar a engagé le renouvellement de ses 54 réverbères (il en reste 15 à moderniser) et a choisi d'installer des luminaires économes (moins de 50 kWh par an), mais design, pour son nouveau lotissement l'été dernier. Le centre du village avait été équipé durant le mandat précédent. Par ailleurs, l'extinction est programmée chaque soir à 22 h 30.
.... et sécurité aussi !
« Affaire d'économie, certes, car on considère qu'à cette heure-là chacun est rentré chez soi, mais aussi de… sécurité : ça évite aux jeunes ou moins jeunes de faire des bêtises (comme quoi en campagne la lutte contre les incivilités se décline différemment par rapport au milieu urbain où lumière est synonyme de sécurité…). L'éclairage est rallumé vers 6 heures pour les premiers ramassages scolaires… Au moment des fêtes de fin d'année, pendant une dizaine de jours, les décorations de la mairie et de l'église sont allumées à 17 h 30 seulement et, le reste du temps, nous n'avons pas de monument particulier à éclairer. »
Autres points salués par le jury : pas de concours d'illuminations, pas d'éclairage au sol, pas d'enseignes publicitaires ou de laser (ce qui est logique, mais sait-on jamais)…
Sur ce, on peut toujours faire mieux : l'Association suggère éventuellement d'installer des lampes au sodium haute pression, de baisser encore la puissance, de penser à des formes d'éclairage passif, de communiquer à destination de la population. Villers-sur-Bar et son maire pourraient alors prétendre aux 5 étoiles.
Et profiter pleinement d'un ciel joliment étoilé (quand les nuages ne s'en mêlent pas !).
Philippe MELLET
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