Publié le vendredi 06 janvier 2012 à 10H23 - Vu 359 fois
De nombreux substituts nicotiniques efficaces existent. A chacun de trouver celui qui lui convient le mieux selon Blandine Ansiaux.
SEDAN (Ardennes). C'est l'une des résolutions que l'on entend fréquemment en début d'année. Mais combien la tiennent vraiment ? Blandine Ansiaux, infirmière-tabacologue nous donne les clefs d'un sevrage efficace.
COMBIEN d'entre nous ont écrasé, au soir du 31 décembre, la dernière cigarette de leur paquet en se promettant que « c'était terminé ? ». Le début de l'année est souvent un moment où dans la cohorte des bonnes résolutions on promet de ne plus en griller une seule. Les laboratoires qui commercialisent les substituts nicotiniques ne s'y trompent pas, qui diffusent à la radio où à la télé des publicités pour accompagner les futurs abstinents.
Examiner ses motivations
Infirmière-tabacologue à l'hôpital de Sedan (lire ci-contre), Blandine Ansiaux livre ses conseils. Le tout premier, c'est examiner ses motivations : « Savoir pourquoi on veut arrêter est primordial. Pour l'argent, la santé, montrer l'exemple aux enfants… ? Il faut se faire une liste que l'on écrit en gros quelque part pour se remémorer ses motivations lors des moments difficiles ».
Car un sevrage est fait de hauts et de bas. « Il y a toujours un moment où devant les pulsions on se demande si cela vaut la peine ».
Cependant, selon l'infirmière, certaines appréhensions présentes chez les fumeurs avant l'arrêt sont souvent exagérées : « On me parle souvent d'irritabilité, de prise de poids, de stress. Dans les faits, c'est moins redoutable qu'on ne le pense ». D'ailleurs un fumeur sur trois ne prend pas de poids avec l'arrêt.
Outre la dépendance physique qui se combat efficacement avec des substituts (gommes à mâcher, patchs etc.), le fumeur devra combattre la dépendance comportementale : « Si une personne avait par exemple l'habitude de fumer dans tel fauteuil, je conseille de le faire disparaître », détaille l'infirmière.
Briquet, cendriers… : rien ne doit rappeler à l'ex fumeur son ancien plaisir.
Impliquer l'entourage
Autre paramètre à ne pas négliger : choisir son moment. « Ça peut être à l'occasion de vacances, d'un déménagement ou de toute autre situation où on va changer ses habitudes », explique Blandine. En revanche décider d'arrêter à l'approche d'échéances stressantes n'est pas toujours le plus efficace.
Pour mettre toutes les chances de son côté : vaut mieux arrêter brutalement ou peu à peu ? « Cela dépend de chacun. Certains sauront ralentir jusqu'à l'arrêt, d'autres non », estime la professionnelle.
En revanche, ce qui est certain, c'est que partager sa démarche est souvent une bonne idée : « Si on est solitaire dans sa démarche, et que l'on craque, on se dit que ce n'est pas grave. Si on a impliqué son entourage, on se sent plus responsable », explique-t-elle.
Entourés ou pas, le parcours vers le sevrage est compliqué. Les tentations multiples.
« Il faut se créer dans ces cas-là de nouvelles habitudes quand l'envie est présente : manger une pomme, boire un verre d'eau, sortir, faire des exercices relaxants ». Mais que les futurs ex-fumeurs se rassurent : la sensation de manque s'estompe vite : « Si on sait résister, elle ne dure que de quelques secondes à quelques minutes. Et avec le temps, ces manques s'espacent et sont moins longs ».
Alors qu'au contraire les effets de l'arrêt sont immédiats. Dès 72 heures après la dernière cigarette, la respiration devient plus aisée. Alors cette fois, c'est la bonne ?
Fabrice ALVES-TEIXEIRA
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