Le pépé coquin aimait les jeunes et jolies femmes

Le pépé coquin aimait les jeunes et jolies femmes

Publié le lundi 02 août 2010 à 11H00 - Vu 3281 fois

MOUZON (Ardennes). Les gendarmes de Carignan poursuivent leur enquête sur l'agression, samedi, de Maurice Roger, à son domicile de la cité des Cadres. L'enquête s'oriente surtout sur la vie de ce retraité de 76 ans qui fréquentait de nombreuses jeunes femmes. Une piste très sérieuse qui pourrait porter ses fruits dans les jours à venir.

LA cité des Cadres. Une ancienne cité ouvrière construite dans les années 50 à Mouzon, à une vingtaine de kilomètres de Sedan, pour héberger la main d'œuvre de l'industrie locale, autrefois florissante. Ici, dans ce quartier où vivent désormais de nombreuses personnes âgées, la vie y est réputée très calme. C'est pourtant dans l'un de ses bâtiments, au numéro 14, que Maurice Roger, un retraité de 76 ans, a été violemment agressé samedi, au cours de l'après-midi, alors qu'il se trouvait à son domicile situé au premier et dernier étage de l'immeuble.
Il était environ 14 heures en ce premier jour de week-end quand la quiétude ambiante a soudain été perturbée par les événements. Au 14 de la cité des cadres, la voisine du rez-de-chaussée, dont le logement se trouve juste en dessous de celui de la victime, regardait tranquillement la télévision chez elle. « Et puis, j'ai entendu un gros bruit, raconte-t-elle. Ce n'était pas normal car d'habitude, ce monsieur ne fait jamais de bruit. C'était comme des chaises qui roulaient par terre. J'ai tout de suite compris que quelqu'un se battait ».
En proie à l'inquiétude, celle-ci tambourinait quelques instant plus tard à la porte du domicile du sexagénaire : « Roger, ouvrez-moi », insiste- t-elle. En vain. « Je l'entendais qui râlait. Ca ressemblait à un malaise ou quelque chose comme ça ».

L'agresseur en fuite
A ce moment-là, l'agresseur de Maurice Roger se trouvait encore à l'intérieur. Puis tout s'est enchaîné très vite : « J'ai frappé chez le voisin de palier, poursuit la voisine. Il est sorti avec sa femme et nous avons de nouveau insisté pour que Roger ouvre la porte. Il n'a pas ouvert alors je suis redescendue chez moi pour appeler les pompiers. Puis je suis remontée ». Quelques minutes plus tard, ne voyant pas les secours arriver, celle-ci descendait de nouveau chez elle pour rappeler les pompiers. Et c'est alors que l'agresseur a soudain ouvert la porte avant de bousculer et de blesser au bras la voisine de palier de Maurice Roger, une retraitée d'environ 70 ans, puis de sauter par dessus la rampe pour se retrouver dans les escaliers. La voisine du rez-de-chaussée qui se trouvait encore au téléphone, apercevra ensuite depuis sa fenêtre l'individu prendre la fuite en direction des garages situés à une quinzaine de mètres en contrebas de l'immeuble. « C'était un jeune, se souvient-elle. Il était habillé tout en noir et il avait le visage dissimulé sous une cagoule ou un espèce de foulard. Une Laguna bleu marine l'attendait dans le chemin avec plusieurs jeunes filles et garçons à l'intérieur. Il est monté et la voiture est partie en trombes ».
Très sérieusement blessé au visage, le retraité a été rapidement conduit au centre hospitalier de Sedan dans un état qui n'inspirait cependant pas d'inquiétude.

Belles, jeunes et bien habillées
Contrairement à certaines informations qui circulaient peu après les faits, il n'aurait été victime que de violences, de nombreux coups de poing, mais n'aurait pas reçu de coup de couteau, sinon de légères estafilades.
Depuis, les gendarmes de la brigade territoriale de Carignan cherchent à reconstituer les circonstances qui ont conduit à son agression. Or, le mode de vie du sexagénaire pourrait bien leur fournir quelques éléments de réponse. Car Maurice Roger appréciait beaucoup la compagnie des jeunes et jolies femmes. « Il aimait sortir avec elles, dit-on dans le voisinage. Il y a encore quelques années de cela, ils allaient ensemble en boîte de nuit. Mais elles passaient encore régulièrement des soirées chez lui ». Et d'ajouter : « C'est sûr, ça étonnait beaucoup de monde ». Ce que confirme d'ailleurs le maire de la commune, Gérard Renwez : « Oui, c'est vrai, on voyait de temps en temps de belles jeunes filles bien habillées venir chez lui ». Il lui arrivait aussi parfois de partir avec elles dans sa Citroën C3 blanche.
Cependant, Maurice Roger n'est pas moins décrit comme un homme discret, peu prolixe sur sa vie privée. Habitant de Mouzon depuis une douzaine d'années, tout juste sait-on sur lui qu'il aurait un frère et qu'il vivait auparavant à Givonne, une petite commune résidentielle située à quelques kilomètres de Mouzon, sur les hauteurs de Sedan. D'ailleurs, les jeunes femmes qu'il fréquentait n'étaient pas de la commune, dit-on, mais plutôt des environs proches de la cité de Turenne, comme Givonne justement. N'est-ce qu'un hasard ? Il est trop tôt pour le dire. Toujours est-il que les gendarmes ne manquent pas d'explorer cette piste avec beaucoup d'intérêts.
Reste à savoir ce qui s'est précisément passé samedi, au 14 de la Cité des cadres ? La présence de jeunes filles à bord de la voiture qui attendait l'agresseur n'est-elle qu'une coïncidence ? S'agit-il d'une vengeance, d'un règlement de compte ou tout simplement d'une agression pour d'autres motifs ? Une chose est sûre : Maurice Roger recevait beaucoup trop de jeunes chez lui pour un retraité de 76 ans aussi discret.
Franck BRENNER

L'union l'Ardennais