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Le kilowatt tout écolo, c'est possible !

Publié le mardi 28 février 2012 à 10H23 - Vu 521 fois


Damien et Céline Pellot alimentent leur exploitation  de 150 hectares avec une électricité exclusivement renouvelable, moyennant un surcoût de 20 % par rapport au prix d'EDF.

Damien et Céline Pellot alimentent leur exploitation de 150 hectares avec une électricité exclusivement renouvelable, moyennant un surcoût de 20 % par rapport au prix d'EDF.


Une exploitation agricole des Ardennes utilise une électricité 100 % renouvelable.

Ils ne se disent pas militants. Ni même adeptes de la décroissance. Non, tout simplement agriculteurs. Mais avec une fibre écologique bien ancrée, et depuis longtemps, dans un mode de vie et de travail. Alors c'est tout naturellement que Damien et Céline Pellot et leurs cinq enfants, habitant à Bertoncourt près de Rethel, ont décidé pour leur propre consommation et celle de leur exploitation biologique de 150 hectares de franchir le pas d'une électricité 100 % renouvelable. Comment ? En souscrivant un abonnement auprès d'Enercoop, coopérative engagée dans la fourniture d'énergie verte et titulaire d'un contrat de revente d'électricité. Une solution qu'ils sont les premiers à avoir adopté dans le département des Ardennes pour un coût supérieur à 20 % par rapport au fournisseur EDF. Soit entre 200 et 300 € supplémentaires sur la facture annuelle.
Nécessairement moins économique, conclut-on facilement. « Oui, mais on sait aussi que la production électrique classique fondée sur le nucléaire et le charbon va voir son prix augmenter tandis que l'énergie renouvelable devrait connaître une moindre hausse des coûts ». Et puis ajoute le jeune agriculteur, « J'ai déjà réduit auparavant de 20 % ma consommation d'énergie ». Et pour appuyer la viabilité de sa démarche, il rappelle malicieusement que son banquier a toujours le sourire.

Une culture raisonnée

Un choix qui va au-delà de la simple conviction. Il s'agit d'une logique économique nouvelle, intégrant l'environnement comme ressource naturelle aussi profitable qu'inépuisable et relevant d'une réflexion s'appuyant sur des changements progressifs dans les procédés de production pour aboutir à une réduction des coûts.
« Tout a commencé en 1997 quand je suis passé à une activité agricole de non-labour en vue de réduire notamment les coûts de carburants », explique l'agriculteur qui outre l'élevage de vaches allaitantes (une trentaine pour une cinquantaine de veaux), sur deux sites (Bertoncourt et Neuvizy) assure diverses cultures : blé, triticale, seigle, avoine, orge mais aussi pois, féverole, soja, luzerne et même chanvre.
Le procédé de non-labour consiste à travailler la couche superficielle de la terre, sans la retourner, permettant une meilleure régénération du sol et de sa biodiversité et garantissant une meilleure protection contre l'érosion. « Cela m'a permis de réduire l'usage des intrants (semences et engrais) tout comme l'achat mutualisé d'un matériel plus performant et économe en énergie tel un pulvérisateur spécifique ». En bon gestionnaire, il optimise au mieux le matériel, conjugué avec des interventions réfléchies prenant en compte la météo, les connaissances sur les diverses plages diurnes et les spécificités du sol. « Par exemple, un chantier d'épandage fermier ne se fait pas n'importe comment. La manière de faire permet d'utiliser le minimum de produits phytosanitaires et évite d'effectuer un deuxième passage »

Des économies en amont

Ce n'est pas tout. Toujours en vue d'une culture moins énergivore, Damien Pellot, aidé par l'association Eco-territoire depuis 2007, pratique sur ses 115 hectares de culture, le traitement croisé sur une même parcelle : une pour nourrir la terre et l'autre pour la commercialisation. « Je cultive le trèfle qui capte l'azote dans l'air et le rétrocède au sol. Il a la vertu d'empêcher les mauvaises plantes de s'implanter. » Une fois fauchée, la plante est laissée sur la surface sur laquelle est semé du maïs ou du blé. Résultat, entre 1998 et 2007, il a réduit de 40 % le poste carburant et de 30 % le poste d'engrais chimique. Et aujourd'hui ? « Je n'utilise plus d'engrais chimique ni de produits phytosanitaires » reconnaît-il avant de concéder que ce résultat fut long à obtenir. « On passe du temps à réfléchir aux solutions les plus adaptées pour mieux se réapproprier sa terre en concertation avec diverses associations spécialisées ». Alors l'électricité renouvelable n'est ici qu'une étape. Désormais il a pour projet de produire du gaz naturel par méthanisation.

Carl Hocquart
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Les dernières contributions


popot08

29/02/2012 à 12h12

Je pense que peu de personnes connaisseent Enercoop, il s'agit d'un fournisseur d' électricité renouvelable à 100% qui promeut l'énergie par circuit court (le consommateur est le producteur). Alors effectivement le réseau ERDF continue à fournir de l'électricité nucléaire mais Enercoop compense en achetant de l'électricité à des producteurs d'électricité renouvelable autant d'électricité qu'il n'en vends. Rien à voir non plus avec les certificats verts que certains autres fournisseurs achétent et vendent dans leurs offres d'électricté dite "verte", mais ça c'est du greenwashing.

Chgros08

28/02/2012 à 18h39

Il est important de signaler que l'énergie qu'il consomme n'est pas forcément verte. Il y a même de grande chance qu'elle soit d'origine nucléaire. Il n'y a pas de réseaux séparés qui acheminent l'énergie. Le nucléaire, l'éolien et le photovoltaïque passent au même endroit. La seule différence, peut-être, c'est qu'ils donnent de l'argent en plus pour développer l'énergie propre (à vérifier car c'est pas sûr)...

C'est surtout histoire de se donner bonne conscience.

Miss08800

28/02/2012 à 15h03

Lanterne, vous pensez qu'une vache qui broute de l'herbe ce n'est pas écologique ? s'il n'y avait pas tous ces animaux qui broutent, ça serait des forets vierges partout !!! Ou alors vous trouvez peut-être plus écologique des tracteurs qui fauchent l'herbe (utilisation du gasoil, gaz d'échappement, ...) !!!
De toute façon, quoi que fassent les agriculteurs, la plupart des citadins critiquent quand même.

potronp

Vouziers

28/02/2012 à 15h02 | 1

Superbe initiatives qui auraient le mérite d'être répétées dans les autres exploitations ardennaises.

alceste08

28/02/2012 à 14h38

si tout le monde s'y mettait? ce serait aps mal après tout...si les matériaux qui aident à fournir de l'électricité vertes étaient poroduits à plus grande échelle à moindre cout cela serait plus facile? mais les lobbies du pétroles tiennent encore les rennes partout...et l'état gagne des sous avec le pétrole !

lanterne

Le réveil cauchemardesque des doux rêveurs.

28/02/2012 à 14h23

Encore un fermier qui ne sait pas qu'une vache broute de l'herbe....Alors où est l'écologie ?

MANSA

ici, là ou ailleurs

28/02/2012 à 12h45

Rappelons au passage que la vente de l'énergie verte se fait à un prix supérieur à celui issu des énargies classiques, et que pour le moment, c'est le contribuable qui paie. Lorsque le prix d'achat sera exactement calqué sur celui, réel, du marché, on verra bien si l'écart se réduira.

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