Le concert flamboyant de Patti Smith

Le concert flamboyant de Patti Smith

Publié le samedi 12 novembre 2011 à 12H00 - Vu 370 fois

COMME c'était à prévoir, le concert de Patti Smith jeudi soir au théâtre fut (à l'échelle de la « petite » ville de Charleville) un concert-événement.
Les Carolos et les autres (parfois venus de loin) ont apprécié sans bouder leur plaisir. Une heure trois quarts d'un bonheur total, alternant entre tendresse et violence -celle des mots bien sûr- au gré du répertoire choisi par la chanteuse pour cette soirée un peu spéciale.
Comme le 4 juillet 2004, date du précédent concert de Patti Smith à Charlestown, un grand portrait de Rimbaud projeté sur le rideau de fond de scène apparaissait de temps en temps.
Cette fois, le 120e anniversaire de la mort d'Arthur fut un peu plus discret que le 150e anniversaire de sa naissance.
Patti Smith a maintenant sept ans de plus mais elle ne semble guère s'être assagie. Toujours follement fidèle aux souvenirs de ceux qu'elle a aimés : son mari Fred disparu trop tôt (Frederick fut la première chanson du concert) et son Arthur, qu'elle est cependant obligée de partager avec une bonne partie de la planète (il y eut notamment une chanson pour évoquer le goût du voyage de l'homme aux semelles de vent, empruntée à Bob Dylan, Boots of spanish leather).
Mélangeant anciens et nouveaux titres (de Redondo Beach en 1975 à Peacable Kingdom issu de l'album Trampin'sorti en 2004), Patti Smith a surpris par son énergie et la force de conviction de sa voix parfois gutturale : que ce soit dans ses tubes très rock comme Gloria et Because the night ou dans ses hymnes à la révolte sociale (mais toujours) poétique comme People have the power, qu'elle avait récité plus tôt dans l'après-midi à l'Eglise Saint-Rémi et qu'elle a interprété à nouveau le soir au théâtre en guise d'au revoir.
Auparavant, la rockeuse et ses musiciens avaient fait monter la pression jusqu'à ce que tout le parterre se retrouve debout à mi-parcours sur Dancing Barefoot, ajoutant même à un généreux rappel un morceau très rock aux accents presque punk, l'éreintant Rock'n'roll nigger.
Profitant sans doute aussi de la relative intimité et de la convivialité du petit théâtre carolo, la chanteuse s'est aussi permis de descendre plusieurs fois dans la salle pour aller serrer des mains et sentir de plus près la vibration du public. Ça, c'était cadeau !
Patrick FLASCHGO

L'union l'Ardennais