Publié le vendredi 20 janvier 2012 à 11H05 - Vu 930 fois
Suite aux derniers épisodes pluvieux et venteux, le collège Frénois de Sedan (à gauche) a été affaibli. La sécurité pour l'accueil est mise à mal. D'où le déménagement vers le collège Turenne.
SEDAN (Ardennes). Les intempéries hivernales ont eu raison du collège Frénois. L'établissement n'est plus en mesure d'assurer la sécurité des personnels et des élèves qui partent pour le collège Turenne.
FERMER le collège Frénois dans les meilleurs délais, tel est l'objectif des services du conseil général des Ardennes, en concertation avec l'éducation nationale. A compter du 12 mars prochain, soit juste à la rentrée des vacances de février, les 251 collégiens de Frénois prendront donc la direction du collège Turenne, à 3 kilomètres de là.
Coup dur pour le bâtiment du collège Frénois, qui n'a pas apprécié du tout les intempéries hivernales qui se sont abattues sur le secteur.
Chutes de neige importantes en 2010 et 2011, fortes pluies et gros vents, cet hiver, ont donc mis à mal ce bâtiment de « type Pailleron », érigé en 1966, et accéléré la dégradation des locaux.
L'établissement présente aujourd'hui de sérieuses faiblesses structurelles, notamment des problèmes d'étanchéité au niveau des toitures terrasses, et des soucis d'infiltration.
« Cela ne permet plus de maintenir les locaux dans un état satisfaisant et cela pose de réelles difficultés liées à la salubrité et à la sécurité. Ce n'est plus possible d'accueillir, dans ces conditions, les enfants, les enseignants et les divers personnels qui travaillent sur place » soulignait hier matin Benoît Huré, président du Conseil Général des Ardennes.
Principe de précaution
Ainsi sur la base des expertises réalisées et en concertation avec les services de l'Inspection académique, Benoît Huré et son équipe ont décidé d'agir sans délai et donc de transférer l'ensemble des classes au sein du collège Turenne de Sedan et de mener les démarches de démolition du bâtiment actuel du collège Frénois.
Le collège Turenne dispose d'une capacité d'accueil de 700 enfants, alors que 377 collégiens fréquentent aujourd'hui ses bancs. Par ailleurs, 14 salles de classes sont libres. Aucune difficulté apparente donc pour accueillir les 251 élèves du collège Frénois (lire aussi ci-dessous et notre édition de demain).
La nouvelle structure va ainsi devenir le plus grand collège public des Ardennes avec un effectif avoisinant les 620 élèves.
« Les élèves restent au cœur de la préoccupation du conseil général et de l'éducation nationale » soulignait le président du conseil général.
Quand l'éducation nationale doit mettre les moyens pour développer toute la pédagogie pour l'élève, la collectivité départementale doit assurer les meilleures conditions matérielles.
« Or aujourd'hui, ces conditions ne sont plus remplies. L'opportunité qui nous pousse à fermer plus vite c'est qu'il y a la capacité d'accueillir l'ensemble de ces élèves au collège Turenne. C'est donc moins compliqué que si on avait dû les répartir sur différents sites. D'autant plus que si on avait décidé de faire les grosses réparations, on ne pouvait les faire avec les élèves présents. Une solution devait être trouvée pour que ces élèves soient hors de l'établissement ».
Voué à la démolition
Le montant estimé des travaux de réparation du collège s'élève à 5 millions d'euros (NDLR : un collège neuf coûte entre 8 et 12 millions d'euros). « À ce niveau-là, on ne répare pas, on fait du neuf ».
Et c'est là que se pose la question d'une possible reconstruction sur le site, ce que souhaitent le maire de Sedan (lire ci-contre) et Évelyne Welter, conseillère générale du canton.
Une reconstruction que n'exclut pas Benoît Huré. « Il faut qu'on réfléchisse avec l'ensemble des acteurs, dans le cadre de l'urbanisation des lieux. Mais de toute façon, pour reconstruire un collège, il faut plusieurs années et à Frénois, les enfants ne pouvaient pas attendre tout ce temps ».
C'est donc toute une nouvelle organisation qui va se mettre en place dès le 12 mars. Évelyne Greusard, inspectrice d'Académie a tenu à rassurer tout le monde sur cette « cohabitation » qui s'annonce et notamment les parents dont « l'inquiétude est légitime ».
« Évidemment, ça va provoquer quelques perturbations et notre rôle et d'essayer de tout mettre en place pour éviter au maximum ces perturbations pour les élèves, les enseignants, le personnel administratif et les familles. Les élèves auront les mêmes professeurs, les mêmes encadrant, le même personnel administratif, le même principal et quasiment le même emploi du temps. On prend l'ensemble de l'organisation et on la reporte dans l'autre bâtiment » résume t-elle.
Emmanuel DÉFENTE
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