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L'Ardennais qui murmurait à l'oreille des chevaux

Publié le lundi 13 août 2012 à 09H54 - Vu 549 fois


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CHUFFILLY-ROCHE (Ardennes). Au pays de Rimbaud, certains lisent de la poésie, d'autres parlent aux chevaux. Dans ce registre, Ronald Braquet en impose, en Robert Redford des plaines ardennaises.

LA scène se passe en mai, au festival country de Rouvroy-sur-Audry. Un jeune cheval arabe très nerveux est confié à Ronald Braquet. Ruades, reculades : l'animal fait son numéro. Pas de quoi impressionner le débourreur. Les gestes sûrs, il calme l'animal. Au final, il le monte, lui met une bâche en plastique sur le dos, le fait marcher à côté de motos aux moteurs rugissants. Le cheval tempétueux une heure plus tôt est devenu doux comme un agneau. Dans le public, personne n'en croit ses oreilles.
Pour percer le secret de Ronald Braquet, enfant de Balan devenu spécialiste en arts martiaux, baroudeur de l'extrême, puis débourreur selon la méthode douce des « nouveaux maîtres » américains (lire par ailleurs), nous sommes allés le voir travailler chez lui.

« Good boy »

L'éleveur de 63 ans est revenu vivre dans ses Ardennes natales après avoir crapahuté aux quatre coins du monde, du Texas au Mexique, de l'Argentine à l'Australie, sans oublier quelques années en Camargue. « Partout où la culture équestre existe », observe ce passionné qui, dès son plus jeune âge, dans la campagne ardennaise, montait à cru (et sans les prévenir !) des chevaux de trait. « Quand il n'y en avait pas, on montait des vaches, mais c'était beaucoup plus casse-figure ! » (sic). En 1996, après un séjour… chez les Papous en Nouvelle-Guinée, Ronald s'est installé avec son épouse dans une ferme de Chuffilly, à quelques kilomètres de Roche, le « village de Rimbaud ». C'est ici qu'il applique la méthode douce popularisée par L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, de et avec Robert Redford. Un western lui-même tiré du roman de Monty Roberts, éleveur américain à l'origine d'une académie dont l'Ardennais est diplômé.
Le travail de Ronald, c'est éduquer ou rééduquer les chevaux. Par les mots (« Good boy », répète-t-il), mais surtout par les gestes. De les guérir aussi. Dans le film, le cheval était victime d'un terrible accident de voiture. Dans le ranch de Ronald, il s'agit surtout de chevaux trop nerveux ou violents.
« La plupart du temps, le problème vient en fait du cavalier, pas assez patient, trop prompt à donner des coups. » Pour Ronald Braquet, le calme et la patience sont essentiels. Il cite avec ferveur une phrase de Monty Roberts : « Avec un cheval, si on travaille comme si on avait la journée, ça peut marcher en cinq minutes… »
Facturé 900 euros, un débourrage prend cependant plus de temps…
Dans sa ferme, côtoyant la poignée d'arabes et de quarters horses de l'éleveur, des chevaux plus ou moins sauvages arrivent chaque mois. Comme Ronald Braquet est le seul disciple de Monty Roberts à des centaines de kilomètres à la ronde, les chevaux viennent parfois de loin. En ce moment, il soigne Préciousa, une jument de quatre ans que son maître a spécialement fait venir de Normandie. Un pas en avant, trois pas en arrière, une légère inclinaison de la tête : après quarante heures de travail, elle lui obéit déjà au doigt, à l'œil et à la voix.

« Un scanner »

« La première leçon de débourrage est capitale. Je dois m'imposer en douceur comme le nouveau leader du cheval, puis le seller et le monter. Cela fonctionne quasiment toujours. Cela prend en moyenne 45 minutes, durant lesquelles le cheval ne reçoit pas le moindre coup. »
Après quelques dizaines d'heures de travail, le cheval réussira à comprendre les faits et gestes du maître, et ses attentes. « Le cheval est un scanner, il nous scrute sans cesse. Il sait exactement ce que nous faisons et dans quel état psychologique nous sommes. Quand je fais un geste précis, il sait quel geste il doit faire à son tour. »
Au final, de Préciousa comme des autres, Ronald devrait obtenir à peu près tout ce qu'il veut. « Dans l'idéal, je dois absolument tout gérer sur mon cheval ». Comme avec son propre étalon, une merveille d'obéissance et de douceur. « Je fais tout avec lui. Par exemple, on va souvent nager tous les deux au lac de Bairon… »

Guillaume LÉVY

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joarden

Les abus de la liberté tueront toujours la liberté(André Maurois)

29/09/2012 à 09h45

C'est quoi cette réponse ridicule?
Ai-je prôné la brutalité envers les chevaux?
Inutile de me citer les grands maîtres de l'art équestre,je les connais au moins aussi bien que vous.
Si cet homme qui parle et entend le langage équin,vous satisfait,continuez,le plus important est d'y croire.
Pour ma part je ne crois pas du tout à ces sornettes.
Bien entendu je parlais à mes chevaux,pour les rassurer,pour leur signaler ma présence,comme le font tous les cavaliers qui aiment ce noble animal.

equirev

11/09/2012 à 07h22

Cher Joarden,
Si vous connaissez le milieu de l'équitation de dressage de compétition, vous devez être au courrant qu'il y a une forte polémique justement sur la manière d'obtenir ses prouesses de dressage par le ROLKUR, une véritable torture pour le cheval qui n'a rien à voir avec le respect de l'animal. On rencontre souvent cela lorqu'on demande une performance : dopage pour l'humain, contrainte ET dopage pour l'animal.

Rien de tel avec les methodes utilisées ici.

Effectivement, ce ne devrait pas être exceptionel mais la règle avec le travail des chevaux.. mais certainement pas ce que l'on retrouve généralement dans les centre Equestre.

Je fais chaque année 300 km pour lui ammener mes chevaux à débourrer, pourquoi ? ! ? Parce que je suis certaine de la qualité du travail éffectué et que les chevaux sont rendus confiants, léger sur la mains, attentifs, sortis en extérieur. En tant qu'éleveur je sais que ce travail et cet investissement garanti l'avenir du cheval.
Pour le moment dans le millieu, je n'ai trouvé personne d'autre avec un tel résultat.

Politinco, pas de souci, PRECIOSA est une jument d'élevage qui aura surtout une carrière de poulinière, de cheval de dressage classique un peu, de randonneuse, beaucoup.

JOARDEN,
Oui l'homme qui murmurait à l'oreilel des chevaux est un film (LOL), mais les maitres de l'équitation ont existé ( Saint Phalle, Baucher, La gerinière, et.. Maitre OLIVIERA) et existent (Monthy Roberts, Parelli etc...). On en oublie juste parfois les préceptent.. par fainéantise ...et orgeuil..

joarden

Les abus de la liberté tueront toujours la liberté(André Maurois)

13/08/2012 à 23h38

Rien de très exceptionnel dans tout çà,le travail habituel des professionnels de clubs hippiques(je ne parle pas des éleveurs de chevaux de courses).
Si vous avez suivi les compétitions d'équitation et particulièrement de dressage des JO,vous avez pu constater ce que des cavaliers peuvent obtenir,et sûrement pas en frappant leurs chevaux!
Je n'ai rien contre la publicité faite à cet homme,mais un peu plus de modestie ne serait pas inutile,et puis,'L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux",c'est un film,émouvant certes,mais un film!

goliath08

ARDENNAIS et Fier de l'être

13/08/2012 à 18h48

L'impatience est mère de non maitrise, cela prouve bien que tout doit être fait avec douceur et fermeté associée !

politinco

13/08/2012 à 18h10

j'espère que Préciousa n'est pas une jument de courses, car dans ces conditions, il se pourrait qu'elle goutte à la cravache du jockey...si tel était le cas, rachetez là à son propriétaire Monsieur Braquet !! vous faites un boulot formidable, votre passion et votre savoir faire font plaisir à voir.

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