Publié le mardi 23 novembre 2010 à 09H18 - Vu 620 fois
Me Ahmed Harir a soutenu que sa cliente, Michèle Pata, née Lambert, n'est pas seule à avoir trempé la main dans la confiture.
CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (Ardennes). La secrétaire du CE de Vistéon est accusée d'avoir détourné entre 2005 et 2008 quelque 150 000 euros pour assouvir, dans toute la France et au Luxembourg, sa passion pour les machines à sous…
EST-CE pour avoir la paix sociale qu'on a laissé les syndicats qui en tenaient alors les rênes faire ce qu'ils voulaient au comité d'entreprise ? Au point que le DRH de l'époque se fâchait tout rouge lorsque la CFTC osait demander des éclaircissements sur sa gestion ? Toujours est-il qu'il s'en passait apparemment de belles, dans les années 2000, au CE de chez Visteon, pour qu'on ait pu laisser Michèle Pata, 58 ans, native de Braux et demeurant à Charleville, qui en était l'inamovible secrétaire depuis quelque vingt ans, puiser allègrement dans la caisse.
Et détourner, pendant des mois, voire des années, des sommes colossales qu'elle allait dilapider, avec son mari Yvon, dans tous les casinos de l'Hexagone, ainsi que de Belgique et du Luxembourg, en proie à une irrépressible et maladive passion du jeu et notamment des machines à sous, dites « bandits manchots ».
C'est en août 2008 que l'affaire a éclaté « officiellement », suite à une plainte déposée au parquet de Charleville-Mézières. Mais en fait, elle couvait depuis longtemps déjà, ayant même fait l'objet d'un référé et d'une procédure devant la cour d'appel de Reims, activée par la CFTC (déjà citée ci-dessus) et son avocat Me Xavier Médeau, pour avoir accès à la comptabilité du comité d'entreprise.
Michèle Pata et son mari Yvon, ayant bénéficié d'un plan de licenciement économique, leur ayant d'ailleurs permis de partir avec 75.000 euros chacun, le nouveau bureau et la nouvelle secrétaire élus à cette date, mirent alors à jour diverses anomalies et malversations, qui avaient bizarrement échappé, durant des années, aux comptables de Visteon, tout comme à ceux d'un cabinet d'expertise réputé.
Falsifications en tous genres
Et c'est ainsi qu'il se révéla, rapidement, que Michèle Pata, dont tout le monde louait pourtant l'efficacité et la disponibilité, s'en était en fait mis plein les poches, en versant sur son compte des chèques du CE, en bidouillant les livres de comptes ou en les faisant disparaître, en subtilisant habilement des sommes en liquide provenant notamment de l'achat de billetterie par les salariés de l'entreprise et en faisant, soi-disant, bénéficier de largesses mensuelles, à hauteur de plusieurs centaines d'euros, telle adjointe administrative méritante du comité d'entreprise ou tel autre gardien de l'étang des anciens…
La minutieuse enquête de la section économique de la sûreté départementale, n'ayant pu s'en tenir qu'à la période non prescrite, allant de 2005 à 2008, ce sont néanmoins quelque 150.000 euros de chèques, détournés par Michèle Pata, qui ont pu lui être imputés, le montant des espèces n'ayant pu être chiffré avec exactitude, la malhonnête n'ayant rien eu de plus pressé, lors de sa garde à vue, que de « mouiller » sa secrétaire adjointe et sa trésorière, en prétendant qu'elles avaient accès au coffre elles aussi.
Allant même jusqu'à soutenir - ce qu'elle a encore maintenu hier au tribunal - qu'il y avait eu un « deal », c'est-à-dire un accord passé entre elles trois. Elle, se réservant les détournements de chèques et les deux autres le partage du « liquide ».
Ce que ces dernières ont évidemment toujours farouchement nié, notamment la trésorière, qui a démissionné depuis les faits et dont son avocat Me Patrick Manil a dit, devant le tribunal, quelles avaient été sa souffrance et sa dépression consécutive, d'avoir été salie par la bile déversée sur elle par Michèle Pata.
G.G.-M.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site









Réagissez