Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site Ou, cliquez ici pour l'ajouter au menu démarrer

La Région malade de sa santé

Publié le samedi 04 février 2012 à 12H00 - Vu 230 fois


Le docteur Ceser (Patrick Tassin, au centre) a livré un diagnostic assez sévère du Projet régional de santé.

Le docteur Ceser (Patrick Tassin, au centre) a livré un diagnostic assez sévère du Projet régional de santé.


CHAMPAGNE-ARDENNE. Confirmant le rapport de la Région, le Ceser a livré un diagnostic pas très rassurant sur le Projet régional de santé (PSR) hier matin. Si j'osais, je dirais que la santé de notre région est malade. Et que le médecin est en passe de devenir imaginaire.

PAS qu'il n'y ait pas de bonnes intentions dans ce projet, nous dit le Ceser (Conseil économique, social et environnemental régional). Mais l'enfer est pavé de bonnes intentions.
Je vous épargne le rapport exhaustif, car croyez-moi sur parole, il y a de quoi prendre mal à la tête. Tous ces noms cryptés SROS, SROMS, PRIAC, PRT… dont on ne sait trop si ce sont des noms de médicaments ou des noms de maladies, sont en fait des noms de schémas régionaux. Le problème, c'est qu'avec tous ces schémas, j'ai comme l'impression que l'on dilue le poison. Le but primordial du Projet régional de qanté : faire des économies.
« On parle de « maîtrise des dépenses de santé », de « l'équilibre financier des établissements publics de santé ». Mais comme d'habitude, on habille ce souci terre à terre de grandes considérations stratégiques : cohérence, rationalité, etc. Or, si l'on enlève l'habillage qui n'en est pas vraiment un, la santé est bien nue dans notre région. Je dirais même qu'elle est malade.

Notre région discriminée

Habitant pauvre d'une région pauvre, le Champardennais a une espérance de vie plus brève que la moyenne nationale. Les taux de décès prématurés sont également plus élevés que sur le plan national. Conclusion : « Alors que la situation de la Champagne-Ardenne nécessiterait plus de médecins, leur densité y est moins importante qu'en France (127 médecins généralistes pour 100 000 habitants, contre 147 au plan national) ». Or le PSR (je me mets à écrire comme les technocrates) ne prend pas en compte ces réalités. On pourrait parler aussi de cette boîte de Pandore (pan d'or pour certains spécialistes) des dépassements d'honoraires qui risquent bel et bien de créer une médecine à plusieurs vitesses.
Le problème du rapport du PSR : c'est qu'il est flou. Je ne vais pas refaire le coup de la grand-mère de Martine Aubry qui disait « là où il y a du flou, il y a un loup », mais c'est un peu vrai quand même. D'ailleurs le loup a été identifié même s'il fait tout pour se cacher. « Le CESER s'inquiète de la confusion des genres entre établissements privés et publics, au profit de la notion de service public qui pourrait à terme faire disparaître le service public hospitalier.
Oui le loup libéral est bel et bien entré dans la bergerie de la santé. Si on ne le fait pas sortir, comment voulez-vous que les malades s'en sortent ?
Bruno TESTA
btesta@journal-lunion.fr

Imprimer Recommander Wikio digg

Réagissez

Pour contribuer et recommander vous devez être connecté (création de compte)

Avertissement
Nous vous rappelons que vous avez, lors de la création de votre compte, accepté les conditions d’utilisation du site. Celles-ci proscrivent notamment la diffamation, l’incitation à la haine raciale, l’atteinte aux bonnes mœurs.
Nous vous prions donc de respecter strictement la charte d'utilisation du site www.lunion.presse.fr. A défaut, votre compte sera banni du site.
Voir aussi : La FAQ de la modération

Les dernières contributions


Mireille Ruinar...

51100 Reims

08/02/2012 à 21h10

rapport de la CARMF P.18 on peut voir la démographie des médecins évoluer : entre 1994 et 2010, on peut remarquer l'inversion entre le nombre de médecins s'installant et celui des médecins partant à la retraite ou invalides. En 2010 pour 3412 médecins qui s'affilient, 5120 partent à la retraite ou sont invalides (et ils partent actuellement à la retraite en moyenne autour de 65 ans). Dans le même temps la profession se féminise et elles souhaitent plutôt remplacer que s'installer et dans ce cas, elles travaillent plutôt en mi temps pour un même poste de médecin ou en tout cas à temps partiel pour conserver une qualité de vie.
Peut-être est ce ces statistiques qui ont poussé le 14/12/2011 le vice président du conseil de Bourgogne de conseiller qu'en cas d'urgence et de désert médical, le mieux est de téléphoner à un vétérinaire.
Ce qui m'amène à penser qu'il ne suffit pas de tabler sur une gestion financière des médecins ou des patients mais bel et bien des contraintes humaines des uns et des autres.
Libéral ou pas, je me pose et je vous pose la question de savoir comment allons nous nous en sortir, quelque que soit la vitesse de la médecine et le point de vue écologique des déplacements inhérents pour l'accès aux soins suivant la géographie et le maillage entre population et soignants ?!

Mireille Ruinar...

51100 Reims

08/02/2012 à 21h09

Il ne faut pas oublier au passage les médecins généralistes et leur espérance de vie. Par les temps qui courent, il suffit d'aller jeter un oeil sur le rapport http://www.carmf.fr/doc/documents/rapport/Rapport-du-directeur-2010.pdf#page=17 du président de la CARMF (caisse de retraite de la profession) pour connaître les statistiques : p.24 répartition par région des médecins, p.38 où on rapproche le nombre de médecins avec celui des cotisants ; p. 36 vous pouvez trouver le tableau des affections qui coûtent à la collectivité (tumeurs malignes et affections rhumatismales sont en tête en % pour 2009 mais baissent légèrement sur 2010, sans doute dû aux campagnes de prévention et à la prise en charge plus rapide de ce type de maladie), par contre les affections psychiatriques, toxicomanies et alcoolisme, affections neurologiques sont en augmentation sur la même période.
Mais revenons aux statistiques des médecins : p.17 du rapport annuel de la CARMF, il est mentionné que l'âge moyen de décès des médecins est à 57,74 ans (58,32 ans pour les hommes et 55,31 ans
pour les femmes). Alarmant non ?! Compte tenu que l'âge de départ à la retraite des médecins vient de passer à 67 ans, la CARMF peut espérer équilibrer ses comptes étant donné le peu d'années durant lesquelles les médecins peuvent profiter de leur retraite (et encore dans les % cités ci dessus il n'y a pas les invalides qui sont comptabilisés à part).

frederic.lebrun

05/02/2012 à 05h25

Le seul but de l'état Sarkosiste, c'est de lever toutes les taxes patronnales et de supprimer toutes les dépenses sociales. Les "dépenses" seront réorientées vers l'aide aux entreprises. Car au final, pour une compétitivité sans égal, remettons les coups de fouet à l'ordre du jour et supprimons les salaires. Lorsque l'un d'entre nous sera malade, qu'on le laisse à son destin. Vive la croissance, Vive la France!!!

goliath08

ARDENNAIS et Fier de l'être

04/02/2012 à 18h44

On nous sacrifie sur l'autel de l'économie et pour aller rendre visite fois par semaine à une tante hospitalisée, c'est pas brillant, le manque flagrant de personnel est perceptible dès que l'on reste un moment dans cet environnement, et pour voir un docteur, c'est pour ainsi dire impossible, ils sont toujours en réunion, on se demande quand ils soignent les malades, c'est déplorable de voir comment on se fout de notre santé et on ne peut pas dire que le personnel n'est pas dévoué, mais il fatigue, surtout dans ces immenses couloir en demi rond du nouvel hôpital de Charleville, je pense que le concepteur de l'ensemble immobilier n'avait jamais mis les pieds auparavant dans un hôpital, c'est débile !

lucreims

reims

04/02/2012 à 13h36 | 1

Pour le bilan de la santé que ce soit en champagne ardenne ou ailleurs. Il suffit de regarder ce qui se passe depuis l'arrivée de sarkozy et sa bande.

Pas la peine de rassembler des têtes pensantes et autres !!

Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.lunion.presse.fr - ISSN 2110-5952