Publié le mercredi 03 octobre 2012 à 09H39 - Vu 603 fois
Fouad Sikouk (à droite) regarde les footballeurs du CSSA jouer au foot avec des détenus
CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (Ardennes). Fouad Sikouk quitte la direction de l'établissement pénitentiaire carolo. A cette occasion, il évoque ses souvenirs, dont celui de Michel Fourniret.
Directeur de la maison d'arrêt depuis novembre 2006, Fouad Sikouk vient de quitter ses fonctions. La réussite d'un concours interne lui permettra, au terme d'une formation, de devenir directeur des services pénitentiaires d'insertion et de probation.
Son successeur devrait être désigné le 9 octobre avant de prendre son poste avant la fin de l'automne. Olivier Garnaud, adjoint de M Sikouk, assurera l'intérim à la tête de la maison d'arrêt.
Pour M. Sikouk, ce départ des Ardennes a été l'occasion de revenir sur un épisode particulièrement marquant : l'hébergement, au printemps 2007, le temps d'un long et mémorable procès, de Michel Fourniret et Monique Olivier.
« Au moment où je suis arrivé, il était question de vider la maison d'arrêt de tous les détenus pour les accueillir, se souvient celui dont c'était le premier poste de chef d'établissement. Finalement, on en a gardé la moitié. Les deux accusés étaient à l'isolement, dans deux quartiers distincts pour qu'ils ne puissent pas se croiser. »
Cellules rénovées, nouvelle sécurisation, mise en place d'un système de désenfumage : Michel Founiret, par sa présence si encombrante, a permis à la petite maison d'arrêt de s'offrir une rénovation d'ampleur - idem pour le palais de justice.
Pendant près de quatre mois, M. Sikouk a coordonné un dispositif de sécurité hors normes - avec, entre autres, la présence chaque matin du GIPN pour l'extraction des deux prisonniers.
Sur un plan personnel, ce natif du Pas-de-Calais retient de Michel Fourniret, surveillé en permanence pour éviter toute tentative de suicide, l'image d'un homme « qui se targuait d'avoir une culture très importante et qui se donnait une contenance avec ça. Mais dès qu'on ''grattait'' un peu, c'était assez décousu ».
De 27 à 55 détenus
Entre 2006 et 2012, la maison d'arrêt a plus que doublé sa capacité d'accueil, passant de 27 détenus à 45 puis, grâce de nouveaux travaux, 55 aujourd'hui.
Un dernier chiffre qui a été régulièrement dépassé au cours des dernières années, atteignant même 70 - quinze détenus dormaient alors sur des matelats à même le sol - lors de la dernière campagne présidentielle.
Trois millions d'euros ont été investis pendant cette période lors de ces chantiers et réaménagements successifs.
Plus globalement, M.Sikouk, s'il se refuse à commenter directement les dernières annonces de la ministre de la justice Christiane Taubira à propos de la capacité d'accueil des prisons françaises, estime qu'il faut accélérer la modernisation de ces dernières : « Il y a pas mal de structures vieillissantes, qui ne correspondent plus aux normes européennes en vigueur - cellules en dortoirs, etc. »
Et au moment de conclure notre entretien, il ajoute : « Si vous pouvez dire que je garde un bon souvenir des différents partenaires professionnels de la prison - juge d'application des peines, l'instruction, les juges d'application des peines… »
Voilà, c'est fait.
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Les dernières contributions
Johnny Be Good
03/10/2012 à 23h02
A en croire la photo la peinture blanche sur les facades remonte a plus de 20 ans !
On aurait pu acheter quelques tinnettes de peinture avec les 3 millions d'euros !
Si ce Monsieur garde de bons souvenirs de ses "futurs collègues du palais de justice" : qu'en est-il de ses "anciens collègues surveillants" dont il ne dit mot ?
Johnny Be Good
03/10/2012 à 23h01
A en croire la photo la peinture blanche sur les facades remonte a plus de 20 ans !
On aurait pu acheter quelques tinnettes de peinture avec les 3 millions d'euros !
Si ce Monsieur garde de bons souvenirs de ses "futurs collègues du palais de justice" : qu'en est-il de ses "anciens collèges surveillants" dont il ne dit mot ?