Publié le jeudi 25 octobre 2012 à 11H00 - Vu 232 fois
Jean-Jacques Rossbach, un artiste boulimique qui aura exposé quatre fois cette année.
CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (Ardennes). Jean-Jacques Rossbach fait souvent sur la toile ou la feuille de papier le geste de griffer le support. Sa peinture nerveuse est à voir pendant un mois au Chat à deux Têtes.
JEAN-JACQUES ROSSBACH a beau être un artiste qui se présente souvent devant son public (c'est ici sa troisième expo ardennaise de l'année 2012), ce peintre prolixe nous réserve toujours des surprises.
Quand ce n'est pas un livre d'artiste se dépliant sur 5 m de long (!), c'est un quadryptique géant, des acryliques sur un papier presque noir ou une série de toiles exclusivement… verticales.
Ce peintre virtuose de l'abstraction a accroché samedi une quarantaine d'œuvres de moyen et grand format aux cimaises de la galerie du Chat à deux Têtes, à Lonny.
Maîtrise rossbachienne
La première surprise vient d'une série de gravures sur un papier de 600 grammes assez bluffantes parce qu'on a l'impression qu'elles sont le résultat de plusieurs passages. Que non ! Un seul passage sous la presse et aucun collage, assure Rossbach, mais une « préparation » du support gravé (plexiglas, carton fort…) minutieuse et sophistiquée.
L'artiste évoque une technique au carborundum (on entre ici dans l'alchimie des graveurs…) mais ne dévoile que partiellement ses secrets.
Du trait, du blanc, de la couleur (une impressionnante série de jaunes vifs notamment), des « réserves », des découpes, des contrastes forts, des oppositions constructives… bref, une maîtrise toute rossbachienne à laquelle nous a habitués l'artiste ardennais depuis des années..
Le reste de l'exposition se partage entre des acryliques et encres sur papier et d'autres sur toile. Rossbach a gardé l'idée qu'il avait eue de peindre sur de grandes feuilles de papier rouge pour une série exposée en juin dernier dans l'église d'Hermonville (Marne) dans le cadre du festival Art et Jazz dans ma Cour.
A l'époque, il avait baptisé ces œuvres les « cardinales », en rapport avec le rouge de l'habit des cardinaux. Cette fois, ses six nouvelles « cardinalis » ne sont plus des châssis pris dans le sens de la hauteur pour pouvoir être accrochées sur les colonnes de l'église, mais de grands sous-verre d'un format plus profane, qui ne les empêche pas d'être percutantes de couleurs vives ; toujours les bleus électriques et les jaunes chers au peintre.
Situation dramatique
L'exposition occupe les deux niveaux du Chat à deux Têtes. Un peu loin, deux toiles de 1,20 m au carré semblent échapper à l'esthétique générale de l'expo : elles font appel à une palette inhabituelle pour Rossbach. La surface à peindre est presque saturée. L'artiste a voulu suggérer une « situation dramatique » en pensant à la fois aux sujets torturés de Francis Bacon et au champ de blé aux corbeaux de Van Gogh.
D'autres séries ramènent le visiteur à un travail sur toile plus habituel chez Rossbach (de 2012 ou plus ancien mais jamais exposé) : un festival de couleurs vives, des aplats généreux alternant parfois avec des balayages plus transparents, des griffures, des giclées de vernis de couleur, des effets de scarifications obtenus avec le manche du pinceau, ça et là des indices comme un T renversé pour évoquer Antoni Tapiès mort cette année- l'un de ses maîtres en symbolisme- ou bien le mot terra discrètement griffonné en bas d'une toile comme une alerte pour la santé de la planète.
A l'évidence, Jean-Jacques Rossbach n'en a pas terminé avec cette peinture à la fois volubile et gestuelle qui fait toute la force de son expression artistique.
Patrick FLASCHGO
« Gravures, papiers, peintures » de Jean-Jacques Rossbach, galerie du Chat à deux Têtes, Lonny (12 rue de Laon). Tous les jours sauf le lundi jusqu'au 20 novembre.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site















Les dernières contributions
Argon
26/10/2012 à 18h15
Il est aussi permis de ne pas apprécier ces réalisations.
lanterne
Le réveil cauchemardesque des doux rêveurs.
25/10/2012 à 14h52
Lonny a sa salle d'exposition -restaurant grâce une petite équipe familiale très dynamique qui a su donner à cette commune une âme culturelle et une délocalisation dans un cadre idyllique.