Publié le mardi 29 mai 2012 à 11H00 - Vu 264 fois
Pour les producteurs bio, il s'agit aussi de renouer avec les fondamentaux de l'agriculture.
VOUZIERS (Ardennes). Debut mai, cinq exploitants du Vouzinois ont intégré la collecte de lait bio mise en place il y a un an dans le sud du département.
FABRICE PIERSON, exploitant à Sommerance, ne badine pas avec la planète. Il a définitivement remisé son pulvérisateur au placard pour se consacrer à une agriculture plus raisonnée, voire raisonnable. Comme quatre autres agriculteurs du Vouzinois (de Nouart, Imécourt et Sommerance), il vient d'intégrer la collecte de lait bio mise en place il y a un an dans le sud des Ardennes par Biolait (premier collecteur de lait de vache bio). Pour ces exploitants, c'est l'aboutissement de deux années de conversion et surtout la preuve que le pari qu'ils avaient tenté n'était pas si osé. « Pour moi, il était important de passer à une agriculture plus durable mais pour beaucoup d'agriculteurs, bio rime archaïsme. Ils pensaient que j'allais me planter et aujourd'hui, je suis devenu une référence. »
Alors que le camion de Biolait n'avait pas sillonné les routes du département depuis 2001 faute de producteurs, il se retrouve depuis le début du mois de mai à la tête d'une tournée qui lui permet d'acheminer, tous les trois jours, plus 25.000 litres de lait vers des laiteries de Belgique ou de l'Yonne.
« Fier de ne pas polluer »
Cette filière de commercialisation permet aux producteurs de valoriser leur travail dans les circuits biologiques. Et surtout de renouer avec les fondamentaux de leur profession. « Je suis plus en accord avec ce que je voulais faire, confie Fabrice Pierson. On perdait la main sur l'agriculture. Je pensais que notre métier se détachait de plus en plus de la nature. Les vaches étaient nourries avec du maïs et du soja d'importation alors qu'elles sont herbivores. Il y avait quelque chose là-dedans qui n'allait pas. » Depuis deux ans, ses 120 bovins ont retrouvé le goût de l'herbe grasse. L'exploitant consacre également une partie de sa production céréalière à nourrir ses vaches. Exit aussi les antibiotiques, l'homéopathie est devenue la solution pour soigner les bêtes malades.
Pour ces cinq exploitants, ce virage à 180° s'est fait progressivement. Il est le fruit d'une longue réflexion et d'une lente prise de conscience. « Au lycée agricole, on nous avait dit que les produits chimiques étaient synonymes de progrès. On était un peu endoctrinés. L'agriculteur est devenu un chimiste et un gestionnaire, déplore Fabrice Pierson. Petit à petit, je me suis rendu compte que le fait d'utiliser moins de produits phytosanitaires ne nuisait pas au rendement. Et aujourd'hui, je suis fier de ne plus polluer les nappes phréatiques. »
Il faudra encore du temps pour changer les mentalités. Aujourd'hui, les producteurs bio ne représentent qu'une petite minorité. Mais tous sont persuadés d'avoir fait le bon choix et que leur exemple permettra de faire bouger les choses. Et pour eux, un retour en arrière n'est pas envisageable. « On était dans le conventionnel mais on n'y retournera pas. Si demain je rencontrais des difficultés, je préférerais arrêter mon métier ».
V.M.
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Les dernières contributions
zilou
31/05/2012 à 21h57
ne reste plus qu'à utiliser la laiterie de challerange ou du p'tit Clery et ce serait une consécration du bio intelligent.
Pour acheter local il y a aussi les distributeur de lait frais a Stenay, ca c local, peut être pas labellisé bio aussi je sais pas!
popot08
30/05/2012 à 11h59
Bonjour,
la coopérative est biolait donc si vous acheté biolait vous avez des chances d'acheter local et bio.
Commentaires anonymes
29/05/2012 à 21h58
où peut on trouver ce lait?
Sergiovz
29/05/2012 à 14h57
Voilà des gens raisonnables et raisonnés, mais il y aura bien quelques gros pollueurs pour essayer de leur tordre le cou pour s'emparer de leurs terres.