Publié le mercredi 08 février 2012 à 11H27 - Vu 1382 fois
Jeoffray a chuté d'un toit lors d'une intervention lundi à Buzancy.
VOUZIERS (Ardennes). Le pompier tombé d'un toit lors d'une intervention à Buzancy lundi est sorti de l'hôpital hier matin. Minerve au cou, encore groggy, le dos calé par un coussin et droit comme un « i », Jeoffray, 21 ans, est revenu sur les circonstances de cet accident.
POUVEZ-VOUS nous expliquer les circonstances de votre chute ?
« On est intervenu avec les collègues pour un feu de cheminée. J'ai mis l'échelle à coulisse pour monter sur le toit. Et puis j'ai calé l'échelle plate entre les tuiles et la gouttière. En commençant à grimper, sous mon poids, l'échelle plate a ripé sur la gouttière. Je n'ai pas eu le temps de me rattraper à quoi que ce soit. Et j'ai chuté de deux étages, plus la hauteur des combles. Ça fait environ cinq ou six mètres de hauteur. »
À quoi avez-vous pensé à ce moment-là ?
« Dès que j'ai senti que ça dérapait, je me suis dit que j'allais finir dans un fauteuil roulant. J'entends encore le bruit de l'échelle qui ripe sur le toit. Durant ma chute, je me suis vraiment vu handicapé. Et puis après, ça a été les cris des gens autour de moi. Je me suis retrouvé sur le côté, sur un sol dur comme du béton. J'ai essayé de bouger et de me remettre droit car j'étais en boule. Mon corps ne répondait plus. Je n'arrivais plus à bouger. »
Vous tombez violemment sur le sol. Et après ?
« Tous mes collègues sont venus vers moi. Après ma chute, je crois que le feu de cheminée est devenu secondaire. Je ne me suis pas évanoui et je savais tout ce qui m'arrivait. Le SAMU est venu et s'est occupé de mon transport jusqu'à Reims. On a roulé environ une heure jusqu'à l'hôpital Maison Blanche. Le temps a été long. Je sais que je reviens de loin. D'autres ont été paralysés en chutant de moins haut que ça… »
« Je suis un miraculé »
Quel est le bilan des médecins sur votre état de santé ?
« Ce qui les a inquiétés, c'est de retrouver un peu de sang dans les urines. Mais apparemment, il n'y a rien de grave. Je n'ai eu aucune fracture osseuse. Peut-être que la grosse veste en cuire et mon casque m'ont sauvé la vie. En tout cas, le scanner et les radios n'ont trouvé aucun traumatisme crânien, ni aucune fracture. J'ai eu une sacrée chance. Je suis un miraculé. »
Quand pensez-vous reprendre le travail ?
« Pour le moment, j'ai 5 jours d'arrêt de travail. C'est délicat car je suis en CDD depuis le 1er février, donc j'espère que ça ne jouera pas en ma défaveur. Mais de toute façon, à l'issue des cinq jours, je vais retourner voir les médecins. S'ils pensent que je ne suis pas apte à reprendre le boulot, ils me reprolongeront. Pour le moment, il me faut du repos. J'ai du mal à dormir car mon dos me fait mal. Depuis hier après-midi (lundi) jusqu'à ce matin (hier n.d.l.r), j'étais encore sous morphine. »
Au-delà du traumatisme physique, n'y a-t-il pas aussi un traumatisme psychologique ?
« C'est sûr que je ne pense pas que je remonterai sur un toit dans deux semaines. On verra bien. Si ça n'allait vraiment pas dans les mois à venir, j'irais voir un psychologue. J'ai eu de la chance. Je m'en rends compte. »
L'intervention s'est-elle faite dans de bonnes conditions de sécurité ?
« Oui. Il y avait tout ce qu'il fallait en terme de sécurité. Des feux de cheminée, on en a beaucoup en ce moment. Donc on a l'habitude. »
Propos recueillis par Stéphane GUERRINI
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