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Incinérateur / « Une fois faite, cette usine sera difficile à contrôler »

Publié le vendredi 03 février 2012 à 10H46 - Vu 367 fois


Après deux mois et demi de travail, la commissaire enquêtrice a rendu un avis assorti à 26 conditions (nos éditions du 1er février).

Après deux mois et demi de travail, la commissaire enquêtrice a rendu un avis assorti à 26 conditions (nos éditions du 1er février).


GIVET (Ardennes). La commissaire enquêtrice a rendu fin janvier son avis sur le projet d'installation d'un incinérateur à Givet. Qu'en pensent les associations concernées et les élus ?

Dr Goffe, porte-parole des médecins belges de la région de Dinant : « L'enquêtrice donne un avis avec 26 points de réserve. On voit bien que ce ne sont pas forcément des points qui poseront problème à l'octroi du permis. Par ailleurs, on se réjouit qu'elle préconise qu'un dialogue soit instauré avec les médecins belges et les associations.
Au final, nous pensons qu'il y aura juste un catalogue de bonnes intentions peu efficaces. Le projet reste peu clair et il n'est pas possible d'assurer 95 % de biomasse à partir de déchets contaminés par l'encre et le plastique. A partir du moment où l'usine investit 120.000 euros, on voit mal comment on peut revenir en arrière. On compte sur le préfet avec qui on a eu un excellent contact pour que l'intérêt général soit préservé. »

Philippe Vuilque, député des Ardennes : « Un ''oui mais'' avec 26 conditions… n'est plus un oui sûr ! Le nombre impressionnant de réserves formulées montre l'embarras des autorités de l'État. Il faut donc à tout prix arrêter ce projet avant qu'il ne voie le jour. Une telle usine, une fois installée, sera très difficile à contrôler. »

Bernard Dekens, président de la communauté de communes Ardenne Rives de Meuse : « Je n'ai pas d'avis particulier. On s'en tiendra à l'avis de l'État. »

Idem pour Claude Wallendorff, maire de Givet qui ajoute qu'il « ne s'agit pas d'un incinérateur mais une centrale de biomasse. » Et de poursuivre : « Je suis heureux que la commissaire enquêtrice ne se soit pas laissée influencer par le déchaînement de paranoïa lié au projet. »

Une nouvelle enquête publique ?

Jean-Paul Davesne, de Nature et Avenir : « Ce sont surtout les problèmes de santé qui nous préoccupent. La commissaire enquêtrice aurait dû exiger un point zéro de l'état de santé des habitants ce que nous avions demandé. Nous avions aussi demandé que le porteur de projet prouve l'absence de risque pour la santé des habitants… […]
Par ailleurs, l'utilisation de la chaleur n'est pas finalisée et l'usine ne peut pas se faire si cette valorisation chaleur n'est pas déterminée sachant que la vente de chaleur doit être linéaire toute l'année. D'ailleurs, on aurait dû avoir ce renseignement dans le dossier présenté en enquête publique. Le bureau d'études Horizons, indépendant mais pas aveugle, a mis en évidence des anomalies dont ne parle pas le rapport de la commissaire enquêtrice. En particulier le préfet ne peut pas donner un avis positif si le pétitionnaire présente deux nomenclatures, l'une faussement appelée biomasse, l'autre appelée déchets (sinon le tribunal administratif cassera cet avis).
Les 26 réserves formulées par la commissaire enquêtrice devraient suffire à empêcher l'incinérateur de se construire. Si le pétitionnaire rectifiait son dossier, il est évident qu'une nouvelle enquête publique devrait être réalisée. »

Le comité Vigilance : « C'est un rapport partisan. Nous avons remarqué dans ce rapport une tactique de dénigrement systématique pour discréditer le sérieux des opposants au projet.
Les Vigilants réfutent catégoriquement l'instrumentalisation de la population, les personnes ont agi de leur plein gré, en personnes responsables sans qu'on leur ait dicté la conduite à tenir.
Nous réfutons l'amalgame entre l'opposition au projet et une quelconque appartenance politique ou idéologique : parmi les plus de 11.200 signataires de notre pétition, il y a des personnes de toutes les tendances. D'ailleurs les Belges, particulièrement actifs, n'ont rien à voir avec nos éventuelles appartenances politiques. Nous sommes, choqués par le vocabulaire outré, relevant de la psychiatrie, employé par Mme Paquis : psychose, hystérie… Sur le fond du dossier, il est trop tôt pour donner un avis sérieux : nous nous laissons le temps d'étudier. »

Propos recueillis par Arlyne JEANNOT

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Les dernières contributions


Alivianne

04/02/2012 à 18h48

Pour vous faire sourire... Attention nous arrivons bientôt au 21 décembre 2012...

Bientôt la fin du monde tant qu'à y être!

Plus sérieusement, c'est une tactique de la dernière chance que le maire utilise. Il se sent sûrement bien seul en pensant à sa montagne de pognon qui lui pend au nez comme la carotte à l'âne (merci De funès...) Jamais vigilence n'ont utilisé ces mots, donc mr le maire qui fait croire que... Ne peut-on pas l'accuser de diffamation pour propos mensongés? Je pense à la menace que certains élus Givetois ont reçu quand ohhh atroce, ils ont dit "INCINERATEUR" "INCINERATEUR"... wouaaaaaaaaaaaahh

Gertrude

04/02/2012 à 15h09

"psychose, hystérie, propos apocalyptiques, manipulation psychologique" voici les termes de l'enquêtrice envers les opposants. Et maintenant nous avons 'déchaînement de paranoïa" de Monsieur le Maire. C'est tout?

givet64

04/02/2012 à 13h26

L'accusation de paranoïa n'est pas un argument. Et le maire de Givet met beaucoup de chaleur dans ce dossier, plus encore que sur celui de la zone commerciale... Curieux.
Quant à "Monseigneur", c'est bien faible ! Comme j'ai déjà entendu Claude Wallendorff parler publiquement de lui en utilisant le Nous de majesté, je proposerais plutôt : "Très redouté et souverain seigneur". Cette adresse s'appliquait jadis aux rois de France : on leur apprenait qu'il était parfois de leur intérêt d'écouter les doléances de leurs humbles sujets... qui, il faut le reconnaître, n'étaient pas socialistes.

Alivianne

03/02/2012 à 21h35 | 1

C'est quand même hallucinant de la façon que monseigneur le maire de Givet parle des ses opposants. Il oublie qu'une forte population est incolore surtout venant de Belgique. Je suis loin d'être une socialiste et pourtant de notre coté, c'est tous contre l'incinérateur. C'est au délà de la politique. Quand on sait qu'au Sénat, un sénateur MR a demandé à Monsieur le Ministre Didier Reynders, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et des Affaires européennes MR aussi ;Ce qu'il pensait de cette situation... Il a répondu qu'il s'en remettait à l'avis du préfet et qu'il était en relation avec le ministre Henry pour la suite. Alors NON c'est pas POLITIQUE! C'est notre santé qui prime, nos emplois Belges aussi, mais l'incohérence de ce projet dans cette zone qui se veut un peu touristique... QUE 30 emplois rien d'AUTRES! pfffff

micha

03/02/2012 à 19h54

dans le doute,le permis devrait être refusè,au grand dam des politiciens locaux apparemment,les èlections sont en vue.Faut-il risquer d'empoisonner des populations, pour une quarantaine d'emplois??.Attendons des ètudes plus poussèes aux niveaux des risques pour voter ou non se projet

jicé

03/02/2012 à 18h42 | 1

Je suis descendu de Charleville pour assister a la reunion du C.M , lorsque le dit conseil devait voter pour ou contre et je n'y ai vu que des gens serieux et non pas des hystériques

themisblind

03/02/2012 à 17h44

Reprenons la grande promesse de l'époque du projet de seconde centrale : "Le Nucléaire créera des emplois". Qu'en reste-t-il ? Et on va remettre çà avec l'incinérateur ?

aled08

03/02/2012 à 15h03

26 réserves qui ne présentent aucune difficulté pour être levées par le porteur du projet.
Le projet a de grandes chances d'aboutir.

bigfout

priorité à droite

03/02/2012 à 13h01

vu le nombre de conditions qui doivent être remplies pour pouvoir construire cette usine , je serai très étonné que le permis de construire soit délivré .

laurent bouvier

03/02/2012 à 12h55

C'est surtout un avis mi-chèvre mi-chou qui a été rendu avec la volonté évidente de gagner du temps ! C'est aussi un avis plutôt équilibré, puisque s'il égratigne les opposants accusés d'avoir utiliser l'enquête publique à des fins idéologiques et politiciennes, il n'épargne pas les élus auxquels il est reproché de ne pas avoir organisé de consultations en amont avec la population et les associations, ni le porteurs du projet pointé du doigt pour des "insuffisances" répétées...

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