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Il écrit l'histoire de sa grand-mère

Publié le mercredi 17 octobre 2012 à 10H21 - Vu 1159 fois


De nombreux entretiens aux thèmes variés ont permis de retracer près de 90 ans d'histoire.

De nombreux entretiens aux thèmes variés ont permis de retracer près de 90 ans d'histoire.


BOUCONVILLE (Ardennes). Maxime Baatge, 20 ans, a tellement discuté avec sa grand-mère de ses souvenirs qu'ensemble, ils en ont tiré un ouvrage très documenté.

TOUT est parti d'une visite au grenier, dans cette maison de Bouconville.
Maxime Baatge, 20 ans, habite à deux pas de chez ses grands-parents, à qui il adore rendre visite.
Vers Noël 2010, il est à la recherche de calendriers et visite donc le grenier de la maison de sa grand-mère, Marie Mahieu-Bouvier.
« J'ai trouvé une photo en noir et blanc et j'ai demandé qui étaient ces gens-là, se souvient le jeune homme. Mamie m'a tout expliqué, elle avait réponse à tout et connaissait les personnes, les dates, les lieux… J'ai noté ce qu'elle disait, dans l'idée de faire un simple arbre généalogique. »
Mais début 2011, Maxime revient à la charge. « Tu peux m'en dire un peu plus ? »
C'est alors le début d'une série d'entretiens marqués par un petit rituel : « Elle prenait un café, moi un Kinder maxi et je prenais des notes sur des enveloppes que j'avais sous la main. On a toujours fait comme ça. »

« L'historien » écoute « l'encyclopédie »

Le week-end, ou pendant les vacances, il arrive que ce petit-fils idéal montre un réel acharnement : « parfois, j'y allais deux heures le matin, je rentrais pour écrire ce qu'elle m'avait dit, puis j'y retournais l'après-midi ! »
La grand-mère a fini par surnommer le petit-fils « l'historien ». Celui-ci l'appelle en retour « l'encyclopédie » : « Elle est incroyable. Quand on a commencé à faire les tiroirs, elle se souvenait du nom des personnes sur les photos, d'où elles venaient, de leurs familles… On a pu reconstituer Bouconville aujourd'hui, hier et avant-hier ! Parfois, je cherchais la faille, en changeant un peu la date dont elle venait de parler… mais elle me corrigeait tout de suite ! »
Chaque détail, chaque anecdote en auront appelé d'autres. Au final, près de 90 ans d'histoire sont évoqués dans le livre de plus de 40 pages, photos et documents anciens reproduits à l'appui.
« Je peux parler de n'importe quoi avec ma grand-mère, savoure l'étudiant en école d'infirmiers. On a commencé par la rencontre entre ses parents, chez un marchand de vin. Son père était « de ceux qu'on ne dit rien », c'est-à-dire qu'il avait plutôt bonne réputation. C'est une formule qui a marqué ma grand-mère, et que j'aime bien aussi. »
 

Message à tous les petits-enfants

À 76 ans, Marie Mahieu-Bouvier a également pu compléter le passé. « Elle savait que son oncle était décédé à la guerre. Dans la famille, nous avons dans les jardins des œillets blancs, qui viennent de la région où il est enterré. C'est une plante de mémoire. Mais Mamie n'en savait pas beaucoup plus.
J'ai contacté par internet un passionné qui a retrouvé la tombe de cet oncle ! »
La grand-mère a découvert la photo de sa croix avec émotion : « J'en ai eu les larmes aux yeux… » confie-t-elle.
Celle-ci apprécie d'avoir pu discuter avec un « historien » si attentif. « Ca me fait plaisir de lui avoir raconté ça. Je suis vraiment contente. »
Maxime, lui, tire de son expérience un message : « je conseille à tous ceux qui ont la chance d'avoir encore leurs grands-parents de s'intéresser un minimum à leur histoire. Ne serait-ce qu'un détail… Dans 30 ou 40 ans, ils partiront, sans qu'on sache vraiment ce qu'ils ont vécu. C'est bien beau de retrouver des photos, mais si on ne connaît pas leur histoire, à quoi bon ? C'est comme les œillets blancs : si on oublie pourquoi ils sont là, pourquoi ne pas y passer un coup de tondeuse, un jour ? »
Marie Mahieu-Bouvier lui a transmis quelques phrases qui résument sa philosophie et son caractère dévoué : « Je dormais et je rêvais que la vie n'était que joie.
Je m'éveillai et je vis que la vie n'est que servir. Je servis et je vis que servir était la joie. »
Passionné par les récits historiques, Maxime, qui travaille parfois en maison de retraite, n'en a pas fini d'écouter les anciens, avec enthousiasme. Consacrer un peu de temps à nourrir un lien essentiel, voilà un superbe exemple dont chacun devrait s'inspirer.
Jacques BERTHION
Contact : maximebaatge@laposte.net

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Et Caetera

"Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade."

18/10/2012 à 09h51

*Il arrive

Et Caetera

"Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade."

18/10/2012 à 09h48

Maxime : Je travaille régulièrement avec des personnes âgées souffrant de pathologies neurodégénératives. On me dit souvent qu'on ne comprend pas pourquoi j'aime travailler auprès d'elles. C'est un peu : "moi les pipi, caca ça ne m'intéresse pas".
Je réponds toujours : "parce que ce ne sont pas que des personnes âgées, elles sont quelqu'un". Elles ont un vécu, ont eu 20 ans comme vous et moi, et ont une histoire". Les personnes âgées sont celles qui ont le plus à nous apprendre". Etre à leur contact est vraiment enrichissant.
On a même parfois le sentiment, quand on se ballade en maison de retraite, que beaucoup sont tombées dans l'anonymat. Ils arrivent que les personnels soignants, par facilité, appellent les résidents par leur numéro de chambre. Ca parle.
Bravo pour ce rappel. Bien joué !

dedeclic

17/10/2012 à 20h14

Bravo mon gars d'être à l'écoute des anciens et de ta grand-mère en particulier car il ne faut pas oublier...qu'un "vieux qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle "!

goliath08

ARDENNAIS et Fier de l'être

17/10/2012 à 18h44

N'oublions pas que le passé prépare toujours l'avenir !

eau de rose

17/10/2012 à 17h28

Bravo à ce jeune homme, passionné par autre chose que msn, facebook, les sorties en boîte, que sais-je encore. C'est certainement très rare. Bravo aussi à vous madame pour avoir restitué ainsi toute une vie de souvenirs, bons ou moins bons, témoignages d'une époque depuis longtemps révolue que nos jeunes ignorent. C'est très émouvant.

lanterne

Le réveil cauchemardesque des doux rêveurs.

17/10/2012 à 13h34

Et voilà ! tout simplement on allie la relation et la transmission en sauvant la mémoire de son parent...Combien d'enfants sont indifférents au vécu de leurs parents, à leur décès les photos qui ne parlent pas seront simplement brûlées.

J'en ai fait de même avec un livre limité à 100 pages, personne dans la famille ne s'est intéressé à l'ouvrage, certains m'ont même critiqués de dévoiler un pan de famille livré à pâture, pense donc que j'ai été prudent en la matière...Et bien sur les 20 tirages réservés strictement à la famille 15 me sont restés sur les bras...

Commentaires anonymes

17/10/2012 à 13h10

.........

ardenna

17/10/2012 à 12h21

Très belle initiative de la part de ce jeune homme, pleine de reconnaissance et d'humanité. Nous ne prenons plus le temps d'écouter les "vieux sages". Dommage, ils ont tant à nous apprendre.

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