Publié le mardi 14 février 2012 à 10H48 - Vu 1448 fois
CHALLERANGE (Ardennes). Alors qu'il avait la garde de ses trois nièces, un jeune homme a regardé avec deux d'entre elles un film porno avant de leur demander une fellation. Il a été condamné à 10 mois de prison ferme.
C'EST le 9 janvier 2009, qu'une mère décidait de porter plainte contre son frère. Elle venait de recueillir les révélations de ses deux filles, âgées à l'époque des faits de 4 et 6 ans, sur les agissements de leur oncle alors âgé de 19 ans. Un oncle a qui le parquet a reproché d'avoir favorisé, à Challerange du 1er septembre 2008 au 16 novembre 2008, la corruption des deux enfants en leur montrant des extraits d'un film pornographique et d'avoir sorti son sexe de son pantalon en leur demandant une fellation. Cette affaire était dans un premier temps arrivée devant la chambre criminelle du tribunal de Reims avant d'être requalifiée sur réquisition du parquet de Charleville-Mézières en corruption de mineur et donc correctionnalisée.
Les faits se sont déroulés alors que l'oncle avait la garde des deux fillettes ainsi que de leur petite sœur âgée de 2 ans. Cette dernière dormait sur le canapé. Tandis que les enfants regardaient des dessins animés, l'oncle s'est placé devant l'ordinateur pour télécharger un film. Mais pas n'importe quelle vidéo, puisqu'il s'agissait d'un film pornographique où une femme fait une fellation à un homme. Les gémissements des acteurs ont alors attiré l'attention de la fillette âgée de 4 ans. « C'est quoi ça tonton ? » « Sort de là, dégage » a rétorqué l'oncle. Rejointe dans la foulée par la grande sœur, les enfants sont revenus à la charge. « C'est une quéquette » a répondu l'adulte en montrant du doigt l'image retransmise par l'ordinateur. Poursuivant sur sa lancée, comme s'il n'avait déjà pas fait suffisamment de dégâts, l'oncle a baissé son pantalon et leur propose de faire comme les acteurs.
Un oncle immature
Hier, c'est un homme cherchant à minimiser les faits qui s'est présenté à la barre du tribunal. « Si j'étais un pervers, j'aurais pu violer mes nièces ! Ce n'est pas ce qui s'est passé. » Juste à côté de lui, sur le banc de la partie civile, sa sœur. « Si j'ai porté plainte, ce n'est pas pour de l'argent mais pour obliger mon frère à se soigner », a lancé la mère de famille, les yeux noyés de larmes. En revanche, les services sociaux du conseil général ont demandé par l'intermédiaire de leur avocat, Maître Agnès Chopplet, de lourds dommages et intérêts pour les enfants : « Les faits qu'il a commis sont graves. C'est important pour les enfants que cet homme soit sévèrement puni ».
Marlène Borbe, substitut du procureur, a jugé les faits malsains : « Si le dossier m'a inquiété, les débats aussi. Le prévenu emploie des termes enfantins pour faciliter l'adhésion des victimes. En plus, il n'hésite pas à expliquer à ses nièces ce qui se passe dans le film. Il a 19 ans, il devait faire jouer son autorité d'adulte car il avait la garde des enfants. Je réclame 3 ans de suivi sociojudiciaire ».
Maître Jennifer Baubot-Boyer qui défendait l'oncle a mis en évidence la qualification criminelle qui avait été donnée dans un premier temps à l'affaire en précisant que son client est considéré comme étant immature.
Les juges ont été encore plus sévères que le parquet. L'oncle a été condamné à vingt-quatre mois de prison dont quatorze mois de sursis simple. En peine complémentaire, il est condamné à trois ans de suivis sociojudiciaire et deux ans de prison supplémentaire s'il ne respecte pas le suivi. Il devra aussi verser 1 600 euros de dommages et intérêts à chacun des enfants.
Bernard DORDONNE
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site







Réagissez