Publié le mercredi 09 février 2011 à 11H30 - Vu 210 fois
Ideal Standard tient le même discours depuis le début, mais ne fait aucun geste pour garantir ses engagements.
Comme prévu, une délégation ardennaise s'est retrouvée dans le cabinet du ministre de l'Industrie, hier soir, pour discuter de l'avenir des salariés d'Ideal Standard et de la revitalisation du site revinois.
LE moment a sans doute été historique. Tous (*), représentants de l'État, parlementaires, députés, sénateurs, élus locaux, du Département et de la Région, réunis autour d'une même table, parlant d'une même voix. Celle des Ardennais qui attendent du groupe américain Ideal Standard des engagements sur le devenir des 148 salariés de Revin, mais aussi sur la revitalisation du site.
Seul petit bémol, l'absence des représentants du personnel. Ce qui a d'ailleurs interloqué des élus.
« Le cabinet du ministère est prêt à recevoir les salariés et les élus à nouveau, sans Ideal Standard. Car les salariés n'attendent pas qu'un chèque, l'avenir de la Vallée les intéresse aussi », déclare Boris Ravigon.
« On a dû ruser. Michel Philippe qui a toute sa place à ce rendez-vous en tant que maire d'Anchamps, en fera le compte rendu à ses collègues de Porcher », précisait Philippe Vuilque avant la réunion.
À 18 heures, donc, c'est un bloc ardennais qui a fait face aux représentants d'Ideal Standard : le PDG industries France Benoît Marsaud, l'ancien et le nouveau directeur du site revinois et le DRH, M. Janson.
Des promesses mais pas de concret
Après une heure et demie de discussions, en présence également du conseiller technique du ministre et d'un représentant de la DATAR (Délégation interministérielle à l'Aménagement du Territoire), le sentiment est pour le moins mitigé. « Utile et décevante ». C'est ainsi que Philippe Vuilque et Boris Ravignon qualifient cette table ronde. À l'issue de cette rencontre, tous deux ont d'ailleurs fait les mêmes commentaires.
Une réunion « utile » parce qu'elle a permis de poser les choses, de manière claire, directe et précise. « Tout le monde s'est exprimé sur la situation particulièrement difficile que nous vivons. Et pour aucun de nous, il n'est pas question de baisser les bras, ni de se faire avoir par Ideal Standard. Il y a donc eu un cadrage utile d'Ideal Standard sur ses responsabilités, par l'ensemble des élus, rappelé par les autorités de l'État », relate Philippe Vuilque.
« Le représentant de la Datar leur a signifié qu'ils doivent s'inscrire dans un contrat d'engagement et non un contrat de dédouanement », précise Boris Ravignon.
« Utile » également parce qu'il a été décidé de mettre en place un comité de suivi de site, sous la direction du préfet. « Il faut que l'on entre dans la phase active et concrète le plus rapidement », espère Philippe Vuilque. « Il y a eu une très grande unanimité à retravailler ensemble sur une stratégie de revitalisation des Ardennes pour sortir de cette crise qui n'en finit pas chez nous », souligne Boris Ravignon, qui a tout de même relevé un tout petit point positif. Benoît Marsaud serait prêt à envisager d'aider à la reprise d'une activité céramique sur le site revinois, mais pas dans le sanitaire évidemment. « Il nous a dit sa bonne volonté et a accepté de faire des recherches dans ce domaine. Après, bien sûr, il faut voir ».
Mais une réunion « décevante », car Ideal Standard, au-delà des promesses - celles de prendre ses responsabilités envers les salariés et sur la dépollution et la revitalisation du site - n'a fait aucun geste concret pour les illustrer. « C'est vraiment décevant de la part de l'entreprise qui certes manifeste sa volonté de s'engager dans un contrat de revitalisation. Mais pour l'instant, nous n'avons rien de concret. Et nous ne pouvons compter que sur la bonne foi de Benoît Marsaud. D'autre part, j'ai été déçu que Benoît Marsaud refuse de s'engager sur la création d'autant d'emplois qu'Ideal Standard va détruire », confie Boris Ravignon. Même sentiment de la part de Philippe Vuilque : « Je suis insatisfait. Ideal Standard n'a fait que redire ce qu'ils nous ont déjà dit, sans apporter de garanties concrètes».
Une déception qui se traduit naturellement par le scepticisme des élus.
« Nous resterons extrêmement vigilants », attestent, chacun de leur côté, Philippe Vuilque et Boris Ravignon.
Une autre réunion sur l'avancée du dossier doit avoir lieu au ministère dans les prochaines semaines.
Céline SOUHAMI
(*) Le préfet des Ardennes Pierre N'Gahane, le député-maire Philippe Vuilque, le conseiller général de Charleville-La Houillère et conseiller technique du président de la République Boris Ravignon, la députée Bérengère Poletti, le député Jean-Luc Warsmann, le président du conseil général et sénateur Benoît Huré, le sénateur Marc Laménie, le conseiller régional Jean-Marie Meunier, le président de la communauté de communes Meuse et Semoy Erik Pilardeau, la conseillère générale et adjointe au maire de Revin Dominique Ruelle, le maire d'Anchamps Michel Philippe.
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