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Hamid ZAÏM « La boxe m'a fait grandir »

Publié le jeudi 09 février 2012 à 12H00 - Vu 294 fois


Organisateur, manager, ambassadeur, éducateur : Hamid Zaïm est aussi un homme de vestiaires. Ce « les yeux dans les yeux » avec Patrick Bois Junior en témoigne.

Organisateur, manager, ambassadeur, éducateur : Hamid Zaïm est aussi un homme de vestiaires. Ce « les yeux dans les yeux » avec Patrick Bois Junior en témoigne.


Demain soir, à Nouzonville, Hamid Zaïm présentera les demi-finales de la Coupe de France amateurs et un quart du Tournoi de France pro.

HAMID ZAÏM, alors que la plupart des clubs ont du mal à organiser, vous proposez des galas pro-amateurs tous les deux ou trois mois. Quel est votre secret ?
« Il n'y a pas de secret, on bosse. Pour progresser, se fixer des échéances, un boxeur a besoin d'un programme. Au-delà de l'argent que l'on peut perdre, la récompense pour un athlète de haut niveau, c'est la compétition.
Au CSNA, nous avons la chance d'avoir le soutien de partenaires privés mais aussi des Conseils général et régional sur les manifestations exceptionnelles. »
Est-il encore possible de trouver des partenaires privés dans un contexte économique très tendu ?
« J'ai connu la belle époque avec Budget Location et Francis Roumy qui participaient à notre budget à hauteur de deux tiers.
J'aimerais bien que Pascal Urano, qui est un des grands patrons du département, s'investisse dans la boxe comme il le fait avec l'association Loi 1901: Droit de Cité. Je suis membre chargé des sports de l'antenne départementale de cette association qui, sans subventions publiques, a pour vocation de trouver des partenaires sociaux et professionnels susceptibles d'offrir des emplois. »
Avec vous, le social, n'est jamais loin du sportif...
« C'est le but. Tout le monde ne peut pas devenir champion du monde. L'après-boxe passe par un emploi. C'est la réussite de la tête après celle des poings. La boxe n'est pas faite pour que l'on en vive. Après 20 ans de carrière, on peut se retrouver sans rien. C'est là qu'il est important d'avoir noué des contacts avec des élus, des partenaires… »
Vous avez su également tisser des liens solides avec des maires comme Bernard Dekens (Vireux-Wallerand) ou Bernard Gibaru (Moncy-Notre-Dame)…
« Je remercie la municipalité de Nouzonville pour ce qu'elle fait mais il n'était pas possible qu'une ville de 6 000 habitants supporte six organisations par an. Il a fallu se décentraliser, créer un réseau dans tout le département. A Montcy-Notre-Dame, nous avons commencé avec 150 spectateurs, nous en sommes à 800.
Grâce à cette solution, nous avons pu mettre en place un planning qui nous facilite la tâche. Pour fin mai début juin, je suis en négociation avec Rethel où l'on pourrait organiser le championnat de France de Chioui. »
Comment parvenez-vous à rayonner de cette manière ?
« Je dispose d'un contrat de trois ans renouvelable avec la DDJS (direction départementale Jeunesse et Sports) et le Conseil général. La ville de Nouzonville m'a mis en disponibilité, ce qui me permet d'intervenir dans les collèges, en milieu carcéral, sans parler du label Tiozzo que le CSNA a obtenu. Je vis de ma passion et tout ça m'a fait grandir. »
Votre force aussi, à votre niveau, est de pouvoir proposer des plans de carrière…
« Prenons l'exemple d'Hakim Chioui. Nous l'avons fait débuter en boxe éducative et, aujourd'hui, il est champion de France. Hakim dispose d'un contrat retour à l'emploi au club, ce pour un an. Il peut à la fois donner des cours de boxe, passer ses diplômes, se préparer pour ses combats.
Un garçon comme Patrick Bois Jr peut aménager son temps de travail à la DSTP (Dussart Société Travaux Publics) grâce à Cyril Dussart. Nos partenaires ne sont pas que financiers, ils peuvent aider les boxeurs d'une autre manière. »
Visiblement, vous misez beaucoup sur Patrick Bois Jr, en lice demain dans le Tournoi de France…
« Je m'intéresse à lui comme à tous les garçons qui ont des qualités et s'entraînent sérieusement. Mon devoir, vis-à-vis d'eux, est de ne pas tricher. Je dois remplir ma part du contrat. Patrick, c'est un pur produit ardennais. Son oncle a fait de la boxe, son père aussi. Et il n'a que 19 ans. »
Vous n'avez pas craint de l'engager en Tournoi de France ?
« On m'a accusé, à une époque, de protéger mes boxeurs, de leur éviter certaines choses. J'ai changé d'optique. Le Tournoi de France est un objectif, un vrai. La boxe est faite d'étapes à franchir et cette compétition en est une. On a vu des boxeurs ayant des défaites en début de carrière et qui sont devenus champions du monde. L'inverse, aussi, d'ailleurs. »
Qualifiés pour les demi-finales de la Coupe de France amateurs (*), Kamel Chenni et Kassa Baradji vont aussi représenter le CSNA demain…
« Kamel Chenni n'a pas vocation à passer pro. Il a créé sa société et a une dizaine de salariés. Il n'attend pas après la boxe pour vivre. C'est sa passion. Il peut être champion de France amateurs et éventuellement passer néo-pro.
Baradji, c'est autre chose. Je travaille en osmose avec Houari Amri qui a été l'entraîneur de Jean-Baptiste Mendy et a travaillé avec le PSG Foot. Il a un beau projet avec un média. Cette opportunité mettrait en avant Baradji et des garçons de notre club. »
Qu'en est-il du passage chez les pros de Jaoid Chiguer ?
« Jaoid est un autre exemple. Grâce au travail que nous avons fait avec lui, il a disputé les JO et est devenu ambassadeur de sa ville, Troyes. Avec Asventure et Sébastien Acariès - car, à notre niveau, je n'ai pas les moyens - on réfléchit à quelque chose. Il a déjà 26 ans et n'aura pas une carrière « à long terme ». Fin 2012, début 2013, il faut qu'il soit champion de France. En pro, on n'est pas logé, nourri, blanchi. Il ne faut pas se louper. »
En 2011, l'objectif était de faire d'Hakim Chioui un champion de France. Quel est celui de 2012 ?
« Une carrière à l'internationale pour Hakim avec, pourquoi pas, un championnat d'Europe fin 2012. Pour Patrick Bois, ce sera la Coupe de la Ligue et un championnat de France en 2012-2013. »
Propos recueillis par Jean-Pierre PRAULT
(*) Ces demi-finales de Coupe de France ont été achetées par le comité régional.

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