Publié le vendredi 15 avril 2011 à 09H35 - Vu 752 fois
Pour la première fois de son histoire, Mabillon était en grève, hier, signe que le mécontentement est grand chez les enseignants.
La quasi-totalité des professeurs du collège et lycée Mabillon ont entamé, hier, à 14 heures, un mouvement de grève inédit au sein de cet établissement privé catholique, qui accueille 527 élèves. « C'est une première en tant qu'enseignants, mais aussi pour Mabillon » déclarait l'une des grévistes, au milieu du groupe rassemblé sur le trottoir de l'avenue des Martyrs-de-la-Résistance, juste sous une grande banderole affichant le motif de ce mécontentement général : « Profs en grève en soutien pour leur directrice. »
Nouvellement nommée à la tête de l'établissement en septembre dernier, pour succéder à Philippe Créquy, Céline Colombo a été mise à pied avec mesure conservatoire, mardi, à 11 h 30, sur décision de l'Ogec (Organisme de gestion des établissements d'enseignement catholique). Mais l'équipe pédagogique n'en a pas été informée, Mme Colombo étant simplement signalée absente.
Les enseignants ont en fait appris la mesure prise à son encontre, un, voire deux jours après, sans pour autant obtenir d'explication.
Les professeurs ont organisé, hier matin, une réunion avec Laurent Jubeaux, directeur de l'Ogec, toujours sans avoir de réponse.
« Nous avons demandé dix fois les raisons de cette décision, sans résultat », indiquait, hier, un professeur, aussi indigné que ses collègues. La décision de surprendre les cours a été prise aussitôt, les élèves ayant été pris en charge par l'équipe de la vie scolaire.
Appréciée de tous
« Alors que les examens de fin d'année approchent, se retrouver sans direction est quand même préjudiciable pour les élèves », ajoutait un autre professeur. Et de soulever un autre problème, le blocage de toute la gestion administrative des postes en vue de la rentrée prochaine. Entre indignation et désarroi, les professeurs sont unanimes à témoigner de leur attachement et de leur estime à leur nouvelle directrice, jeune femme dynamique et très investie dans son métier : « Nous l'apprécions tous beaucoup ! Au moment de la rentrée, elle a fait face à toutes les situations avec une grande efficacité. C'est une personne très compétente, très humaine et responsable, à l'écoute des élèves, des professeurs, appréciée des parents et de tout le monde. D'où notre incompréhension ! »
Leur revendication, que soutiennent aussi les professeurs auxiliaires, est simple : que cette situation se débloque rapidement et que Mme Colombo soit rétablie dans ses fonctions, « non pas partiellement, mais en totalité », insiste un enseignant.
Après avoir fait circuler une pétition qui a recueilli 42 signatures sur 50, les grévistes ont informé leurs autorités de tutelle - rectorat, direction inter-diocésaine - de leur action qu'ils ont annoncée vouloir poursuivre aujourd'hui, au moins jusqu'à 15 heures, heure à laquelle la direction diocésaine en charge de la nomination des chefs d'établissement doit venir les rencontrer. Voire au-delà s'ils n'obtiennent pas gain de cause.
Une cinquantaine de professeurs se sont mis en grève et sont descendus dans la rue pour dénoncer la mise à pied par l'OGEC, de leur nouvelle directrice.
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