Publié le mardi 18 octobre 2011 à 10H09 - Vu 6382 fois
L'agression a provoqué une vive émotion, mais n'a pas pour autant affecté l'animation qui régnait, à cette heure-là, place Ducale et dans la rue piétonne.
CHARLEVILLE-MEZIERES (Ardennes). Deux jeunes femmes, en train de s'embrasser sous les arcades, cela n'a pas plu à deux hommes qui s'en sont pris à elles, pour ce seul motif. Heureusement, le temps d'un week-end a suffi pour résoudre cette regrettable affaire…
Nous avons brièvement relaté, dans notre édition dominicale, le grave incident survenu, samedi après-midi, vers 17 heures, place Ducale, à savoir l'agression brutale, perpétrée sur la personne de deux jeunes femmes, à l'intersection de la rue piétonne, violemment frappées et jetées au sol, sans que les coups cessent pour autant de pleuvoir, sauvagement molestées par deux hommes « de couleur », ainsi que décrits, peu après, par les témoins.
Motif avéré de cette brutale altercation, ainsi que les services de police n'allaient pas tarder à le déterminer ? Le fait que les deux victimes, se tenant par la main, étaient en train de s'embrasser amoureusement, façon Josiane Balasko et Victoria Abril, dans le film Gazon maudit, « en se foutant pas mal du regard oblique des passants honnêtes ». Un spectacle dont la sensualité a manifestement déplu à leurs agresseurs.
Ces derniers les ont alors copieusement insultées, usant de propos « clairement homophobes », ainsi que nous l'a confirmé le substitut du procureur, en charge de ce délicat dossier. D'un mot à l'autre, le ton est ainsi monté très vite, bientôt ponctué de gifles, assénées par l'un des deux hommes, tandis que son copain s'efforçait de calmer le jeu.
Le violent s'étant éloigné rapidement, après avoir infligé sa « punition », il a alors été coursé, sur quelques mètres, par la majeure du couple de lesbiennes qui, « armée » d'une bombe lacrymogène, en a aspergé l'agresseur de sa copine mineure. D'où une nouvelle mêlée, assez confuse, entre les unes et les autres, telle que nous l'avons rapportée.
Avec, d'un côté, trois femmes au sol (les deux déjà citées ainsi que la sœur de l'une d'elles qui avait voulu s'interposer), contusionnées, secourues par des témoins, puis par les sapeurs-pompiers et la police. Et, de l'autre, deux hommes en fuite…
De tels faits, qui plus est à connotation détestable, s'étant produits en plein après-midi et en pleine ville, l'émotion a évidemment été très vive.
Mais, fort heureusement, les conséquences, du moins physique, sont finalement moins graves qu'initialement redouté, puisque les blessées ne l'ont été que de façon superficielle et ne se sont même pas vu décerner d'ITT.
Les agresseurs identifiés
Quant à l'acte lui-même, il ne demeurera pas impuni. En effet, les deux assaillants - d'ailleurs très vite identifiés par les enquêteurs de la section criminelle de la sûreté départementale, l'un d'eux étant déjà connu de leurs services - se sont manifestés spontanément, tous deux étant effectivement des Carolos « de couleur », puisque d'origine africaine.
L'un d'eux, le moins impliqué semble-t-il, s'est ainsi présenté de lui-même au commissariat, dès dimanche, après avoir lu le compte-rendu de leurs « exploits » dans nos colonnes. Quant au second, il a téléphoné pour dire que, travaillant toute la semaine en région parisienne, il ne manquera pas de venir s'expliquer sur son regrettable comportement, dès vendredi prochain, lorsqu'il remontera dans les Ardennes, dans sa famille.
Ainsi, au-delà de l'agression elle-même, qui a mis en scène des protagonistes qui, semble-t-il, se connaissaient déjà, ce qui apparaît quelque peu choquant, c'est que l'animation de la place Ducale et de la rue piétonne n'en a pas été particulièrement affectée, sinon par un bref mouvement de curiosité, comme si un tel déchaînement de violence n'avait rien que de bien banal.
Avec, également, ce regret récurrent, qu'il n'y ait pas de caméras de surveillance en un lieu aussi fréquenté de la vie carolomacérienne, pour filmer de telles exactions et en limiter la commission.
G.G.-M.
Dans un communiqué, Claudine Ledoux a tenu à exprimer toute son indignation. « Il est en effet inacceptable que des citoyens puissent être agressés en raison de leur orientation sexuelle. Au nom de tous les Carolomacériens, je souhaite assurer les victimes et leurs proches de ma solidarité et de ma sympathie », écrit-elle en substance.
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