Et si on nationalisait Electrolux ?

Et si on nationalisait Electrolux ?

Publié le mercredi 05 décembre 2012 à 10H39 - Vu 683 fois

REVIN (Ardennes). Remis au goût du jour par Arnaud Montebourg, le concept de nationalisation fait souffler un vent d'espoir dans le monde ouvrier. A Revin comme ailleurs.

CERTES, dans le chaud dossier de Florange, le Premier Ministre a fini par écarter la piste de son ministre du Redressement productif. Jean-Marc Ayrault a même semblé vouloir rabaisser Arnaud Montebourg au rang de grand excité irresponsable et coupé des réalités.
Il n'en reste pas moins que dans la négociation entre l'État et Mittal, la menace d'une nationalisation a joué son rôle. Elle a montré que l'État pouvait exercer une nouvelle pression sur les grands groupes.
Elle a aussi rassuré une partie du monde ouvrier, sur le mode : l'État est prêt à se mettre à dos les multinationales pour sauver son industrie.

« Pourquoi pas ? »

Sur le site Electrolux de Revin, on a senti passer ce petit souffle d'espoir.
Pour Jacques Faieff, délégué CFDT, « l'idée de nationaliser l'usine de Revin n'est pas si saugrenue. S'il n'y avait vraiment plus rien à faire, pourquoi pas ? Electrolux a beau dire qu'il accepterait de vendre à un concurrent, est-ce qu'il le ferait vraiment ? Pas sûr. Dans ce cas, si un repreneur se déclarait, une nationalisation pourrait être une piste très intéressante, pour le forcer. »
Selon Michel Vassaux (CGT), « la menace de nationaliser Florange, si elle peut servir à l'industrie française, tant mieux ! C'est une manière de montrer aux grands groupes qu'ils ne peuvent pas tout faire en France. Il ne faut pas qu'on se retrouve sans industrie dans dix ans. »
« On n'en est pas encore là, poursuit-il, mais si le gouvernement est capable de taper du poing sur la table, s'il peut nationaliser les entreprises des multinationales, qui font des profits, mais ferment quand même leurs usines, c'est une bonne chose. »
Mais attention : « Il ne faut pas faire rêver les ouvriers si rien ne change vraiment ! » Un cri du cœur qui fait écho à la déception des ouvriers de Florange après l'accord trouvé avec Mittal…

« Obliger à vendre »

D'autres sont nettement plus sceptiques. Alain Roy, devenu maire deux semaines avant l'annonce couperet d'Electrolux, en fait partie.
« Par rapport à Florange, on est sur une échelle totalement différente. Mittal, c'est de l'acier, et il est important de continuer à en produire en France. En 1981, les nationalisations concernaient le secteur bancaire. Arthur-Martin, ce sont des machines à laver… L'importance du produit n'est pas la même. »
Quant à Lysian Fagis (CFDT), l'idée d'une nationalisation le fait sourire. « Ce ne serait pas une bonne idée… », lâche-t-il.
L'homme au béret préférerait voir François Hollande développer une proposition qu'il avait faite lorsqu'il était candidat (et qu'il avait croisé… Lysian Fagis). « Il faut une loi pour obliger les entreprises, à partir du moment où elles veulent partir, à vendre à un concurrent s'il se présente. C'était une de ses propositions et c'est une très bonne idée. »
Enfin, plutôt qu'une nationalisation, le leader CFDT trouve moins utopique l'idée d'une SCOP (lire par ailleurs)…

Guillaume LÉVY

L'union l'Ardennais