Publié le mardi 09 octobre 2012 à 09H32 - Vu 768 fois
Marie-Antoinette s'est rendue en Algérie sur la tombe de son époux, mais elle n'arrive pas à obtenir l'autorisation de rapatrier son corps.
PRIX-LES-MEZIERES (Ardennes). Le mari de Marie-Antoinette Hali est mort dans son pays natal, l'Algérie, en 2005. Il y a été enterré contre sa volonté et sa veuve veut récupérer le corps.
C'EST une singulière et terrible histoire que vit Marie-Antoinette Hali, une habitante de Prix-lès-Mézières et son fils Hocine depuis 2005.
Le 6 décembre de cette année-là, son mari, Mohand, part en Algérie pour enterrer son frère, décédé dans les Ardennes, mais souhaitant reposer dans sa terre d'origine. Le couple ardennais possède une maison au « bled », mais n'ayant pas le téléphone, il prévient son épouse qu'il ne donnera pas de nouvelles pendant sa semaine d'absence.
Une semaine passe, puis deux, puis trois, sans nouvelles. « C'était d'autant plus anormal qu'il n'aurait jamais manqué la période de Noël ici » explique son épouse. Mme Hali réussit finalement à joindre la poste locale qui lui annonce la mort… de son époux. Elle pense à un quiproquo, à une erreur entre l'identité des deux frères. Elle joint la mairie qui lui confirme la terrible nouvelle : son mari est bien mort… et enterré !
Elle s'insurge, car son mari, de nationalité algérienne, mais Français de cœur, arrivé ici en 1959, menuisier chez Jeantils-Gillet et avec qui elle est mariée depuis 1964, n'a jamais envisagé d'être enterré en Algérie.
Marie-Antoinette Hali pense pouvoir récupérer le corps au plus vite, un caveau étant déjà prêt à accueillir la dépouille de son mari à Prix-lès-Mézières.
Mariage post-mortem
Elle se demande qui a bien pu autoriser cet enterrement. Le temps de réunir l'argent du voyage, elle se rend en avril 2006 sur place avec son fils. Elle apprend que le corps de son mari a été autopsié à Bab-El-Oued. Il serait mort d'une intoxication au monoxyde de carbone. « J'ai été très mal reçue. On ne comprenait pas ma réaction ». Elle rentre en France, contacte le quai d'Orsay et engage avec un avocat franco-algérien les démarches pour faire rapatrier le corps.
Elle n'est pas au bout de ses peines. De sa peine. Son avocat lui apprend que la démarche est impossible car son mari était marié en Algérie ! « C'était impossible puisque j'avais obtenu un certificat de monogamie des autorités algériennes que m'avait demandé l'administration française pour la retraite complémentaire ».
Elle apprend qu'une femme d'origine algérienne, mais vivant en France, s'est mariée avec lui après sa mort ! Une pratique semble-t-il courante. Pour son avocat, l'annulation du mariage ne semblait pas poser de problème mais la décision a été longue. Très longue. Elle n'est intervenue que le 26 octobre 2009. Puis ce fut au fils de prouver sa filiation… C'est ainsi qu'en cette fin 2012 tout n'est pas encore réglé ! La succession reste bloquée.
Le maire du village refuse le certificat d'inhumation, car le corps, enterré selon le rite musulman, ne doit pas être profané. « Je ne mets nullement en cause les coutumes et la religion musulmane, ni la façon d'enterrer le corps, mais ce n'était pas la volonté de mon père d'être enterré ainsi » explique Hocine. « Ma mère ne pourra se remettre de cette tragédie que lorsqu'elle aura rapatrié le corps de son mari et qu'elle l'aura enterré près de chez elle. Les autorités algériennes ne sont pas seules fautives. L'administration française est d'une telle lenteur dans ce dossier ! Sans parler du coût de la procédure. Ma mère a dû emprunter pour payer les frais d'avocat. Quel malheur ! »
Mirko SPASIC
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site













Les dernières contributions
Commentaires anonymes
10/10/2012 à 08h42
je ne connaissais pas la mariage " apres le deces pouvait exister " avec une femme algerienne residant en France ,
Voila ils continuent de faire leurs lois
Ils ne sont en France que pour prendre ce qu'il y a prendre
SOURIRES51
09/10/2012 à 21h10 | 1
Ce Monsieur a vécu avec sa femme en France, celle-ci est à même de connaître sa volonté de l'endroit où il voulait reposer. La famille apparemment a décidé elle même de s'occuper de sa dépouille sans laisser aucun pouvoir à sa femme....ce sont les coutumes de la bas, ils n'avaient pas à décider pour elle! la mort de ce Monsieur est assez troublante.....si elle arrive à rapatrier le corps, elle devrait demander une autopsie....
les frais de procédure devraient être à la charge des autorités algériennes!
Courage Madame....il faut vous battre...
ange51
09/10/2012 à 17h27
qu'elle le laisse là bas dans son pays il y est bien et qu'est ce qu'elle veut en faire aprés ........? aprés cinq ans !
HAWK51
je veille
09/10/2012 à 15h24
Cette femme s'est sans doute bien fait avoir et sur toutes les coutures..
JMFTAYRAC
09/10/2012 à 15h19
Qui touche la retraite de veuve?
mbj51
09/10/2012 à 13h54
Intoxication au monoxyde de carbone, enterrement en catimini, mariage post-mortem, famille officielle occultée... bizarre ? Il en faut moins à certains auteurs de polars pour en faire un roman. Mais il est vrai que les petits, les sans-grades ne sont pas une priorité.
sprinkleur
09/10/2012 à 13h46
Pauvre France!!!!
jackybuc
09/10/2012 à 11h12 | 5
,,c'est pourtant son pays d'origine!!!!