Publié le mardi 14 février 2012 à 10H52 - Vu 5007 fois
SEDAN (Ardennes). L'histoire compliquée de cette jeune femme de 20 ans, présente, hier à la barre du tribunal correctionnel de Charleville-Mézières a ému et touché les personnes présentes à l'audience. Elle a 17 ans, lorsqu'elle met au monde, dans des conditions difficiles, son premier enfant, un petit garçon né le 5 juillet 2010.
Un an après la naissance du bébé, tandis qu'elle est en vacances à Saint-Omer (62) avec son compagnon, qui n'est pas le père de l'enfant, des résidents du camping, qui ont vu le nourrisson au bord de la piscine font un signalement à la gendarmerie. En effet, l'enfant présente des bleus, des hématomes sur le visage ainsi que des traces sur les membres inférieurs.
De retour de vacances, c'est la police de Sedan qui prend à bras-le-corps l'affaire suite à d'autres signalements. Le juge des enfants va prendre une décision de placement provisoire et le bébé sera admis en pédiatrie. La mère sera poursuivie pour violences habituelles sur mineur de 1 an. Des faits commis du 20 août 2011 au 2 septembre 2011. L'examen médical du bébé sera accablant pour la jeune mère. Le médecin constate des brûlures au niveau du gros orteil, d'autres sur les paumes des deux mains, des hématomes au niveau du visage, des traces de blessures sur les jambes et une plaie sur les lèvres. L'examen révèle aussi que l'enfant est dénutrie.
Des séquelles à vie
Hier, cette affaire était discutée à la barre où la mère qui était placée sous contrôle judiciaire, a pleuré tout au long du procès. La jeune femme a raconté le calvaire qu'elle faisait subir à sa progéniture : « Si mon petit garçon a été placé, c'est parce que je le maltraitais. Je l'ai laissé plusieurs jours sans le soigner. Je lui donnais de bonnes claques comme à un adulte lorsqu'il pleurait ou qu'il se levait le soir ». « Comment il réagissait ? », demande la présidente. « Il pleurait encore plus. Je reconnais avoir privilégié les enfants de mon ancien compagnon ».
Lors de l'audience, la mère a révélé que le père du bébé n'avait jamais vu son enfant.
La partie civile comme le parquet n'ont trouvé aucune circonstance atténuante qui pourrait expliquer les agissements de la prévenue à l'encontre de son bébé de 1 an. « C'est un dossier douloureux et difficile. Il est effrayant par rapport au caractère inhabituel des faits », a souligné maître Chopplet pour la partie civile.
Pour le parquet, « tout est accablant dans ce dossier. Ils ont été arrêtés par l'intervention de personnes extérieures. Le bébé va garder des séquelles toute sa vie. Je réclame 18 mois de prison assortis de sursis et mise à l'épreuve pendant trois ans ».
Pour la défense, « ce n'était une grossesse désirée. Elle reproduit le même schéma que sa mère. Elle est terriblement affectée ».
Une plaidoirie de la défense qui n'a pas ému les juges.
La mère indigne a été condamnée à vingt mois de prison dont dix mois de sursis et mise à l'épreuve.
Elle devra également payer 4 000 euros de dommage et intérêts à son bébé.
Bernard DORDONNE
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