Publié le mardi 12 avril 2011 à 08H19 - Vu 306 fois
Les fédérations départementales des syndicats FSU, UNSA et CGT de l'Education nationale ont déposé un préavis de grève pour ce jeudi 14 avril dans les Ardennes.
C'est en effet à partir de 9 h 30, ce jour-là, que doit se dérouler, en préfecture, le Conseil départemental de l'éducation qui a été boycotté vendredi par les syndicats (et d'ailleurs, le quorum n'était pas atteint).
« Il s'agit de dire notre opposition à la carte scolaire 2011, aux suppressions de postes, mais aussi notre inquiétude face à une dégradation générale du service public de l'éducation dans le pays en général et le département en particulier » ont expliqué Didier Janin (FSU), Karine Fuzelier (FSU, SNES), Anne Du Souich (Snuipp FSU), Jean-Louis Pommier (CGT) et Pascal Rouyer (UNSA) au cours d'un point presse commun.
Désormais connue après la parenthèse des cantonales (nos éditions de samedi), la liste des suppressions de postes dans le premier degré et celle du second degré équivalent « à une nouvelle saignée ».
« Disons d'abord que l'école devrait être soustraite aux manœuvres politiques : il n'y avait pas lieu de reporter le calendrier des comités et conseils pour dévoiler la carte scolaire en raison des cantonales. En conséquence de quoi tout se fait dans l'urgence et cela évite que les gens se mobilisent… Mais au-delà des suppressions de postes (80 au total, de la maternelle au lycée, quand même !), il est clair que nous avons désormais du mal à accomplir nos missions. Et les pressions de la hiérarchie n'arrangent rien… »
Rassemblement devant la préfecture
Ulcérés d'entendre le ministre Luc Chatel envisager de recruter des contractuels via Pôle Emploi _ « C'est méprisant pour les familles comme pour les personnels ; être enseignant, ça s'apprend ! » _, les dirigeants des syndicats disent constater qu'« aucun secteur n'est épargné, des Rased à l'éducation spécialisée en passant par les remplaçants », et que paradoxalement, « on supprime des postes en sachant que l'on aura de toute façon du mal à pourvoir ceux qui restent : on a baissé le nombre d'admis aux concours… »
Ils fustigent en outre des effets d'annonce : « On organise des stages de soutien pour les élèves en difficulté pendant les vacances… Ça coûte cher, ça stigmatise, mais est-ce efficace ? Ce ne sont pas les professeurs habituels qui assurent ces heures… »
Reste un constat : s'il y a bien des mobilisations ponctuelles dans tel ou tel établissement, les syndicats, jusqu'alors, ne parviennent guère à mobiliser leurs collègues.
« Il y a sans doute une difficulté à fédérer le mouvement. Nos collègues pensent parfois que tant que leur école ou collège n'est pas touché, il n'est pas forcément utile de bouger ; Ou bien ces suppressions de postes ne semblent pas concrètes. Même si globalement leurs conditions de travail se dégradent, les effectifs en classe augmentent, des options disparaissent… Mais il y a surtout un phénomène : les enseignants ne se reconnaissent plus dans leur métier tel qu'ils doivent aujourd'hui l'exercer. Ils voient les politiques se succéder, mais la cohérence n'est plus là. Ils ne s'épanouissent plus, ils se replient. Du coup, peut-être n'ont plus la foi et l'envie de défendre l'école… »
Un rassemblement est prévu à 9 heures devant la préfecture ce jeudi 14 avril.
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