Publié le jeudi 10 mai 2012 à 09H25 - Vu 412 fois
« Ce fléchage indiquait à la Division Grossdeutschland la direction des hauteurs
SEDAN (Ardennes). Au 6 place Nassau, les Allemands ont laissé une curieuse inscription lors de la percée de mai 40. Henry Vincent qui a vécu cette époque témoigne.
CURIEUX tag que ce « D » traversé d'une flèche, tracé à côté du porche du 6 place Nassau.
L'inscription n'est pas toute fraîche ! Elle date même de 72 ans. Henry Vincent est l'un des rares Sedanais à pouvoir décrypter ce mystérieux symbole toujours bien visible. « Ce fléchage a été tracé par les Allemands le 13 mai 1940 pour indiquer à la Division Grossdeutschland la direction du boulevard de la Rochette, du 147e RI et de Floing, là où les blindés de Gudérian ont passé la Meuse sur un pont flottant puisque tous les ponts de Sedan avaient sauté. »
Derrière le graffiti, la grande histoire. Henry Vincent tient l'explication de l'ancien historien Pierre Congar, un jour qu'ils se promenaient place Nassau. « Moi, je n'étais déjà plus à Sedan, le 13 mai » explique le Sedanais de 88 ans qui se souvient de ces journées avec une précision cinématographique.
Il avait 16 ans à l'époque.
« Du 10 au 11 mai l'ordre d'évacuation a été placardé dans toute la ville. Et le 11 alors que les premiers blindés étaient à Bouillon, nous sommes partis comme toute la population en emmenant également dans notre voiture le secrétaire général de la mairie, M. Wilwert, sa sœur et son neveu. »
Le père d'Henry et du photographe Roger Vincent, (auquel un livre récent de Terres Ardennaises rend hommage) avait pressenti l'invasion en achetant dès 1938 une petite maison « de repli », dans la Sarthe, à Suze-sur-Sarthe.
La famille est donc à l'abri, mais garde l'oreille collée à la radio.
« C'est foutu »
Ils apprennent les bombardements alliés et français sur Bouillon puis Sedan pour tenter de contrer les Allemands. « Quand nous avons appris le 13 mai que les Allemands avaient franchi la Meuse à Sedan, mon père a dit : c'est foutu. »
Malgré ce sombre pronostic, la famille Vincent prend la route du retour un an après, « quasiment jour pour jour » et en fraude. « La ville était en ruine et la rue de l'Horloge faisait office de rue principale. La droguerie de mes parents au-dessus de laquelle nous vivions, n'avait pas été détruite mais pillée et dans un triste état. On l'a rouverte en 41. Il n'y avait rien à vendre. »
Partout les Allemands ont pris leurs marques. Le collège Turenne, dont la façade porte toujours les stigmates des combats, est transformé en caserne.
« Toute l'administration était sous contrôle. » ajoute Henry Vincent qui n'a pas oublié le nom du sous-préfet rétabli par le gouvernement de Pétain : M. Freund. Ni le numéro de sa carte d'identité qui portait le n°4500… sur quelque 20.000 habitants.
Henry est recruté comme garde-voie avant de travailler comme peintre avec son frère Roger, lorsque celui-ci reviendra du STO. Henry Vincent habite toujours au-dessus de l'ancienne droguerie familiale qui abrite aujourd'hui un salon de coiffure. Mai 40 pour lui c'était hier.
Dominique BERTHÉAS
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Les dernières contributions
Sergiovz
11/05/2012 à 14h45
Je ne suis pas d'accord avec la signification de ce D traversé par une flèche ni avec la date. En août 1944 (j'avais 7 ans) j'ai vu un side-car de l'armée allemande s'arréter devant la maison de ma grand mère à CAUROY les MACHAULT et un soldat en est descendu et il a peint ce même D traversé d'une flèche et ils sont repartis aussitôt en direction de MACHAULT (il venait de la direction HAUVINE). J'ai demandé à mon oncle ce que ça voulait dire et il ma répondu que ça indiquait la direction de l'ALLEMAGNE, et que le D voulait dire DEUTCHAND.
Le lendemain on a vu passer des colonnes de soldats allemands, à pied ou à vélo avec des charrettes tirées par des chevaux chargées des paquetages et du matériel .
Quelques jours plus tard ce sont les américains qui sont arrivés.
Je n'avais que 7 ans mais je m'en souviens comme si c'était hier, et j'attendais le retour de mon père qui était prisonnier de guerre en ALLEMAGNE.
champardennais
10/05/2012 à 13h48 | 1
Un article fascinant sur une ville considérée comme primordiale...de l'autre côté du Rhin.
Un circuit 'de mémoire' & surtout d'édification est possible à partir de ce genre d'indice.
Mais il faut le voir comme complément d'installations plus solides. D'où l'excellente idée de construire notre Musée "Guerre & Paix", le plus loin possible de SEDAN...à Novion-Porcien. Remarque identique pour le futur Musée de la Maquette (spécialité locale sedanaise), qui se construirait lui aussi à un nombre respectable de kilomètres, à la campagne.
Question : comment développer -ou simplement maintenir- un Département, lorsqu'on dépouille sa ville aujourd'hui encore la plus connue, SEDAN, & la mieux placée pour attirer une clientèle étrangère (autoroute Allemagne-Luxembourg-Liège-Sedan déjà construite), de ses actifs historiques (3 guerres sans compter celles livrées par la Principauté) & contemporains (les Maquettes) ? Développer le Département, en évitant Sedan...la C.C.I. & le C.G. n'ont pas trouvé de réponse qui fonctionne.
Un gag final : le Musée des guerres ardennaises -toutes passées par SEDAN on le sait- est situé à l'adresse..."Impasse du Musée" à Novion. On ne sait mieux dire. Il est de plus fermé jusqu'à nouvelle information...à 2 ans du centenaire de la "Der des Ders". L'Ardenne à l'envers, quoi !