Publié le dimanche 10 avril 2011 à 10H23 - Vu 156 fois
Mathieu Drujon a tiré le mauvais numéro deux jours de suite sur l'épreuve. Quand vaincra-t-il la malédiction des « 4 » qui le poursuit dans les Ardennes.
Le magicien du peloton n'y arrive décidément pas. Hier, il a encore dû se contenter de la 4e place.
HIER matin, au départ de Givet, Mathieu Drujon était un peu bougon, la faute à cette obligation d'aller signer la feuille en groupe, plutôt qu'individuellement : « Il faut attendre tout le monde et ce n'est pas pratique… »
Simple « détail », en fait, pour le Troyen aux origines axonaises, certainement plus « agacé » d'être passé à côté de la gagne (4e), la veille à Vouziers : « Le Danois a pu sortir car il n'y a pas vraiment une équipe qui a emmené le sprint. L'emballage a été un peu décousu. J'ai choisi la mauvaise option et je me suis fait serrer. J'ai été obligé de freiner. Après, c'était trop tard… »
4e : le verdict a été le même à Vireux-Wallerand, sans que cette fois le transfuge de la Caisse d'Epargne ne commette « la moindre erreur tactique ».
Le rapport poids/puissance
Les BigMat Auber étaient sur-représentés (cinq) dans l'échappée de 39. Chacun a fait son job jusqu'à Johan Mombaerts qui « a ramené » son leader « dans la roue de Meersman au pont à 800 m de la ligne ».
Et pourtant Mathieu Drujon n'a pu conclure : « Ça fait chier », rageait-il en quête d'une explication plutôt que d'une excuse. « Avec cette petite bosse qui menait à l'arrivée, je n'ai pas eu la force. Meersman fait 15 kg de moins que moi. Pourtant, je l'avais battu deux fois aux bonifs ». La présence de son épouse, de son petit Robin (8 mois et demi) et de ses parents ajoutait à la déception de l'Aubois. Qui en revenait à ce fameux « rapport poids/puissance » favorable à Gianni Meersman.
Le pire pour un sprinteur est de tourner autour. Et le Troyen (3e de Paris-Troyes, 4e de Cholet-Pays de Loire en 2011) ne fait pratiquement que cela depuis ses débuts pros en 2006 : « J'ai besoin d'un déclic. Si je parvenais à en remporter une, ça déclencherait tout. Visiblement, il me manque quelque chose. Peut-être que je ne sais pas gagner… »
Avec le passage d'une Pro Tour à une Continentale, le petit-fils d'Henri Wasilewski a au moins gagné des jours de courses.
Sur le Circuit des Ardennes, il reste au magicien quasi professionnel un dimanche à double détente pour réussir son numéro : « Je ne me résigne pas. Je suis l'un des sprinteurs qui passent le mieux les côtes et je peux encore viser le général… »
Le prono du grand-père
Devant son ordi, Henri, le grand-père, n'a pas fini de pianoter sur Directvelo pour suivre la course en temps réel : « Ma grand-mère a été opérée et il est resté auprès d'elle. Il suit encore mieux l'épreuve sur internet… »
De Rosières, « Riton les gros mollets » (150 bouquets en amateurs et en indépendants) en fait le pari : « Mathieu marche et va en gagner trois ou quatre cette saison. Pendant trois ans à la Caisse d'Epargne, on lui a interdit de s'échapper. Moi, je le vois bien régler un petit groupe plutôt que de remporter un sprint massif où ce n'est jamais facile de se placer ».
Jean-Pierre PRAULT
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