Publié le dimanche 29 janvier 2012 à 11H32 - Vu 1040 fois
Fromelennes (Ardennes). Le 30 décembre, cette Givetoise avait froidement battu sa mère, âgée de 75 ans. Un déchaînement de violence qui reste inexpliqué.
DANS nos éditions du 3 janvier dernier, nous relations la violente agression d'une fille à l'encontre de sa mère âgée de 75 ans.
Les faits se sont déroulés le 19 décembre au domicile de la victime à Fromelennes. L'auteur a été interpellée le 30 décembre car l'enquête menée par les gendarmes de la compagnie de Revin a demandé des investigations très poussées - utilisation d'un appareil permettant de détecter les traces de sang - car les lieux de l'horrible agression avaient été nettoyés, le soir même, par l'auteur des faits et un autre membre de la famille.
Le procès de Sylvie Vigneron, Givetoise de 48 ans, a eu lieu jeudi, devant les juges tribunal correctionnel de Charleville-Mézières. La victime, qui porte encore les stigmates de son agression qui a entraîné six mois d'ITT - plusieurs points de sutures sur le cuir chevelu, les oreilles arrachées, les os du nez fracturés, des hématomes sur tout le corps - était présente à l'audience pour entendre les explications de sa fille.
Dès l'ouverture de l'audience, la présidente du tribunal a indiqué aux différentes parties qu'elle s'interrogeait avec ses assesseurs, sur une éventuelle requalification de l'infraction sur l'intention criminelle de la prévenue, au vu de la violence avec laquelle elle s'était acharnée sur sa victime. « Je me demande si Sylvie Vigneron n'avait pas l'intention de tuer sa mère, ce jour-là », a ajouté Jennyfer Picoury, précisant que la décision d'envoyer la prévenue en cour d'assises ou non serait prise après les débats.
« Que s'est-il passé le jour des faits ? » a lancé le magistrat. « Ma mère était dans le grenier, elle étendait du linge. Il n'y a pas eu de dispute entre nous car on ne se parlait pas » a raconté la prévenue. « Je suis montée et je l'ai poussée dans l'escalier. Je l'ai attrapée par les vêtements et je l'ai traînée dans la cuisine. Je me suis mise à califourchon sur elle. J'ai pris un des sabots que j'avais aux pieds et je l'ai frappée, principalement sur la tête et sur les mains lorsqu'elle les mettait pour protéger son visage. Je me suis arrêtée lorsque j'ai vu qu'il y avait beaucoup de sang dans la cuisine. Je ne voulais plus l'entendre alors j'ai mis sa main sur sa bouche pour qu'elle arrête de respirer », a encore exposé la prévenue sans jamais changer de ton. Dans leurs rapports, les trois experts médicaux avaient déjà souligné cette attitude détachée.
« Quelle était votre intention ? » a demandé la présidente. « Je voulais lui faire du mal, je ne voulais pas la tuer » a répété tout au long du procès Sylvie Vigneron. « Elle ne me parlait pas. Elle m'a fait du mal quand j'étais jeune. Ce jour-là, tout est remonté. Mon geste est impardonnable et indéfendable. Je demande pardon à ma mère, je mérite d'aller en prison » s'est-elle excusée avant que le tribunal se retire pour délibérer.
Des mots qui ont fait fondre en larme la mère qui avait trouvé la force de raconter son calvaire. Elle qui a cru mourir sous les coups de sa fille, a mis en avant toute son incompréhension car elle avait accueilli sa fille lorsqu'elle s'était séparée de son ex-mari, il y a trois ans, et toutes deux allaient faire les courses ensemble. La vieille dame a aussi précisé que sa fille avait une addiction à l'alcool et qu'elle lui interdisait de boire.
Les antécédents judiciaires de la prévenue ont aussi été au cœur du procès. En effet, elle avait déjà été condamnée pour des faits de violences à l'encontre de son fils parce qu'il avait raté son bac pour la troisième fois mais aussi contre son ex-mari, sur qui elle avait foncé en voiture.
Le tribunal n'a pas requalifié les faits, certainement à cause d'une excellente plaidoirie de Me Migne, l'avocat de la défense, qui a mis en évidence le doute qui existait sur les intentions de sa cliente : « Le procès n'a pas permis de savoir pourquoi ma cliente avait agi comme ça, ce jour-là ».
En condamnant Sylvie Vigneron à 5 ans de prison ferme, le tribunal a suivi les réquisitoires du parquet, qui avait expliqué que la prévenue avait frappé sa mère sans qu'on puisse expliquer ses raisons.
Bernard DORDONNE
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