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Chemin faisant / Le fantasme des « Ardennes vertes »

Publié le samedi 07 janvier 2012 à 11H00 - Vu 366 fois


Extrait du livre « L'Ardenne de fer et de feu », ce tableau de l'immense peintre Simon C. témoigne de l'univers englouti de « l'Ardenne rouge, couleur du fer en fusion, couleur du gagne-pain ».

Extrait du livre « L'Ardenne de fer et de feu », ce tableau de l'immense peintre Simon C. témoigne de l'univers englouti de « l'Ardenne rouge, couleur du fer en fusion, couleur du gagne-pain ».


SALUÉE à juste titre comme un événement de grande importance, la récente naissance du Parc naturel des Ardennes réveille la rumeur qui, peu après 1970, fut élevée au rang d'une indiscutable certitude dans les vallées industrielles de l'Ardenne forestière de France. Y apprenait-on qu'une usine allait ou venait de rendre l'âme que l'on criait ou soupirait « Ça ne date pas d'hier, c'est voulu ! On est foutu ! »
Les dévoreurs de notre tissu industriel, nos fabricants de chômeurs, ce n'étaient ni les chocs pétroliers, ni la concurrence des pays asiatiques, ni la sclérose d'un certain patronat peu soucieux de modernité. Nos oiseaux de malheur, c'étaient tout simplement ceux qui « en hauts lieux » programmaient la mise en place de ce qu'ils nommaient « les Ardennes vertes. »
Qui plus est, aussi incroyable que cela puisse paraître, l'on affirmait mordicus que l'expression « Ardennes vertes » avait été prononcée lors du voyage officiel que le président de la République Charles de Gaulle entreprit en avril 1963 dans les Ardennes.
Est-ce à Rocroi où agacé par l'accueil plutôt froid de Mme la maire Andrée-Pierre Viénot que le général aurait crié « Vive les Ardennes vertes ! » avec la force du « Vive le Québec libre ! » qu'il fit éclater plus tard au Canada ? Serait-ce à Sedan où après avoir confié au maire M. Gochard combien il admirait ses footballeurs qu'il aurait annoncé la couleur ?
Comment imaginer qu'un président de la République découvrant, en 1963, des Ardennes à l'industrie alors florissante, ait pu, sur-le-champ, appeler à en faire table rase afin d'y faire triompher le vert des forêts et des prairies ? Quel formidable canular ! Et pourtant, preuve absolue de l'ampleur et de l'emprise de la rumeur, un élu d'importance des Ardennes a mené à son sujet une discrète et minutieuse enquête. Ni dans les archives de la préparation ni dans celles du compte rendu du voyage présidentiel, il ne trouva évidemment la moindre trace de la moindre allusion aux « Ardennes vertes ».
Essayons d'aller au fond de l'affaire, là où naquit et se propagea la rumeur, chez les hommes et les femmes qui constituent ce que l'on est en droit de nommer « le peuple ouvrier ardennais ».
Depuis des générations l'existence de chacun y est liée à « la boutique », autrement dit à l'usine implantée près de la ville ou du village où l'on habite et où reposent ses aïeux. Au temps heureux de la prospérité, aussi dur et souvent mal rétribué que fut le travail à l'usine, l'on y partageait le bonheur de cultiver son jardin, de se chauffer avec le bois de son sart, de parler le patois, de savoir que les enfants trouveraient du boulot dans une usine du coin.
Quand Jean Rogissart, fils de La Vallèye, intitule un roman « Le Fer et la Forêt », en cinq mots, il exprime tout ce qui définit l'univers du monde ouvrier ardennais.
Un univers où dans le vert des bois et des prairies triomphe le rouge couleur du gagne-pain, du bonheur de vivre au pays.
Rouge des feux des forges, du métal en fusion. Rouge des tableaux de l'immense peintre Simon C. qui, calepin et crayon en main, se fondait dans les brasiers des « boutiques », afin de s'y confondre avec les hommes du fer et du feu suant sang et eau dans le vacarme des pilons et des machines. Fort de ses croquis saisis sur le vif, fort de ses connaissances techniques du travail du fer, il les a immortalisés dans le rouge grandiose et pathétique de ses tableaux.
Cet univers-là n'avait que faire du tourisme et de l'écologie. « Le rouge » des boutiques dominait « le vert » d'une forêt destinée à satisfaire les besoins indigènes en bois de chauffage, en champignons, en gibier chassé ou braconné.
L'usine régnait sur le paysage souvent défiguré par les hautes cheminées, les toits de tôles en dents de scie, ensemble crasseux à souhait, ferraillant jour et nuit. Le tourisme, c'était bon pour l'Ardenne d'à-côté, celle des Belges tirée à quatre épingles, mais qui, elle, faute d'avoir connu la providence d'une intense industrialisation, avait vu ses enfants s'exiler dans le bassin houiller du Borinage.
C'est dire le cataclysme que fut, pour l'Ardenne ouvrière de France, l'apparition de l'inconcevable, la mort de nombreuses boutiques, l'inexorable agonie d'un bonheur que l'on croyait immuable, celui de vivre du pays et au pays.
Dans sa thèse soutenue en 1987 à la faculté de médecine de Reims, un psychiatre ardennais écrit : « Surgit en Ardenne, la terrible crise de 1970. L'usine qui fut le pain de vie, l'usine se tait. Ce qui prime par-dessus tout, c'est la sensation d'abandon. L'usine nourricière, gage d'avenir et de sécurité, est partie. Le désarroi est grand, l'angoisse du présent et du lendemain constante ».
Poursuivant sa fine analyse le médecin psychiatre écrit : « L'Ardenne s'est mal préparée au changement ou à l'évolution. Accrochées à la certitude du travail industriel, les vallées se sont davantage isolées, accentuant ce que la végétation, le relief, l'histoire provoquaient déjà naturellement ».
Aussi, docteur, est-ce en toute modestie que je vous demande si ce n'est pas dans l'inconscient collectif et individuel du peuple ouvrier ardennais qu'il faut chercher l'explication du fantasme des « Ardennes vertes », dévoreuses patentées du bonheur des « Ardennes rouges » ?
Il existe un « complexe ardennais », qu'au demeurant, docteur, vous évoquez dans votre thèse. Celui de la fatalité de la guerre, de l'invasion, de l'exode, du malheur, à laquelle seraient voués ces gens pas comme les autres, ces gens repliés sur eux-mêmes, ces gens enfermés dans leur forêt, leurs méandres, leurs traditions et leurs tourments que sont les Ardennais, les Ardennais de France, les seuls vrais qui soient, cela va sans dire.
Qu'en pensent les chênes de nos forêts ?

Yanny HUREAUX

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Les dernières contributions


Marden

12/01/2012 à 13h32

Je crois savoir que l'auteur du texte est le fils d'un "fondeur honoraire" dont il est question dans "Troublantes Ardennes". En vérité, je vous le dis, il s'agissait d'un ex-chaudronnier-tôlier qui disait, à propos de la pose de rivets :
"C'est pas les plus battus les plus contents !".

Yanny Hureaux

10/01/2012 à 11h52

@Marden,
Cher Marden, a qui doit-on ce beau poème. En êtes-vous l'auteur ?

braux

09/01/2012 à 14h16

si on n'avait pas eu la bonne mentalité de ne penser qu'à "tuer du patron" on n'en serait pas là, des investisseurs seraient venus mais pas après avoir lâché de l'acide dans la meuse ni détruit le château de hierges etc etc, la cigcem belle usine du père N... mais après avoir brulé des milliers de francs de palettes sncf durant les piquets de grêve l'usine est quand même tombée. Etre à droite c'est peut être bien être trop à droite c'est mal, être à gauche c'est bien mais trop à gauche... et on le paie. Surtout une gauche qui n'existe plus depuis longtemps mais dont on se reconnaît malgré tout ici. Dommage ça n'était pas aux Ardennes d'évoluer c'était aux Ardennais, d'ailleurs beaucoup l'ont compris qui sont allés ...voir ailleurs j'en ai fait partie et j'en connais d'autres...On est revenus parce qu'on est Ardennais et fiers de l'être malgré tout

braux

09/01/2012 à 14h16

si on n'avait pas eu la bonne mentalité de ne penser qu'à "tuer du patron" on n'en serait pas là, des investisseurs seraient venus mais pas après avoir lâché de l'acide dans la meuse ni détruit le château de hierges etc etc, la cigcem belle usine du père N... mais après avoir brulé des milliers de francs de palettes sncf durant les piquets de grêve l'usine est quand même tombée. Etre à droite c'est peut être bien être trop à droite c'est mal, être à gauche c'est bien mais trop à gauche... et on le paie. Surtout une gauche qui n'existe plus depuis longtemps mais dont on se reconnaît malgré tout ici. Dommage ça n'était pas aux Ardennes d'évoluer c'était aux Ardennais, d'ailleurs beaucoup l'ont compris qui sont allés ...voir ailleurs j'en ai fait partie et j'en connais d'autres...On est revenus parce qu'on est Ardennais et fiers de l'être malgré tout

potronp

09/01/2012 à 10h35

Pourquoi opposer les deux couleurs qui font de nos Ardennes notre coin de paradis ?
Rien ne vaut en effet le vert et le rouge mêlés à l'infini...
Yauque Nem

jeanlouis08

08/01/2012 à 16h43

esce une reférence d'être un CRS issu de la classe ouvriére et de martyriser les Ouvriers et les manifestants à coup de gaz lacrymogène lors du conflits des salariers de chez THOMé GENOT à Nouzonville.Tout à fait d'accord avec vous le metallo sur votre contibution!!!et surtout des gens, fidèles ,justes et incorruptibles!!!!!

Marden

08/01/2012 à 12h52 | 1

Ardeur

La vallée était pleine de sirènes d'usine,
De bruits de laminoir, et de coups de pilon,
De grincements de roues, et de chocs de tampons,
D'une locomotive ou quelque autre machine.

Les cheminées crachaient une affreuse bougine,
Des nuages de vapeur aux odeurs de goudron,
Où se mêlaient toujours des poussières de charbon,
Qui faisaient les gueules noires comme celles de la mine.

La forge jetait, la nuit, des éclairs fantastiques,
Eclatants témoignages de la vie des boutiques.
Car la vallée alors vivait à coeur battant,

Le travail était dur, mais la vie était belle,
Le métal rougissait, tout battu mais content,
D'y voir se marier la crasse et l'étincelle.

Le Métallo

08/01/2012 à 08h59 | 1

Plus de 35 ans de boutique et je me souviens encore de ma fierté de rejoindre cette belle communauté d’ouvriers de la métallurgie.
Je n’ai pas souvenir de gamins préférant devenir CRS plutôt qu’ouvrier, mais le souvenir d’une belle solidarité, d’une conscience professionnelle, de fêtes de fin d’année. Alors oui le métier est dur, oui il faut sans cesse se battre pour les salaires, les conditions de travail…Mais comme hier pour les mines, l’industrie métallurgique est un des seuls métiers qui rapproche les hommes et les femmes, crée des liens formidables, solidaires et je peux même dire familiaux.
Les friches industrielles sont le reflet de notre histoire et nous rappellent que des patrons sans scrupules ont sacrifié l’outil de travail pour s’enrichir et fuir notre vallée.
Bien sûr qu’il faudra à terme les aménager, mais ne jetons pas trop vite la mémoire ouvrière aux oubliettes.

Marden

07/01/2012 à 22h54 | 1

[suite]
En 1965, les Ardennes avaient reçu la visite de G.Pompidou, occasionnellement chasseur du côté de Belval. On peut voir une vidéo de cette visite sur le site de l'INA. On peut y entendre une phrase sybilline à l'adresse des décideurs ardennais avec lesquels il s'était entrenu : il s'agissait, à n'en pas douter, d'une mise en garde à propos de leurs entreprises. Pour la circonstance, un journal (Le Figaro ?) avait édité un tiré-à-part vantant les plus florissantes du département. Notre "élu d'importance" devrait pouvoir trouver trace de ce document, et nous dresser la liste de celles qui sont encore en activité aujourd'hui.

Quelques années plus tard, des métallos ardennais étaient venus manifester leur mécontentement à Paris. Parmi les slogans : "Les Ardennes vertes, on s'en fout ! On n'bouffe pas d'herbe !". Dans le lot, il y avait des ouvriers de la CIGCEM, dont certains étaient des ex-licenciés de Lorraine-Escaut devenue Usinor, fermée en 1966. Pour leur patron, auparant dans l'exploitation forestière, c'était donc "Le bois et le fer" !

Marden

07/01/2012 à 22h48 | 1

On peut comprendre qu'au travers de sa beuquette, Y.H. n'ait qu'un angle réduit de vue sur le monde. Depuis la houpette des chênes de nos forêts, on s'attendrait à une vue plus large sur nos "Ardennes vertes".

Sur la seule foi d'un "élu d'importance" (dont il tait le nom et la couleur, sans doute pas verte), ces "Ardennes vertes" annoncées par le général ne seraient qu'un canular, un fanstasme, une rumeur. Après une enquête minutieuse ... et discrète. Pourquoi cette discrétion ? Outre Sedan et Rocroi, il y eut aussi des discours prononcés à Mézières, Charleville et Givet.

De Gaulle découvrant les Ardennes ? alors que depuis la libération, il y avait effectué plusieurs voyages. Il faisait de fréquentes visites à Fagnon chez son beau-frère avec qui il lui arrivait de boire un verre sous les arcades de la place Ducale, comme on peut le lire dans "Tante Yvonne , femme d'officier", de Florence d'Harcourt. Pour ma part, je pense que le général a bien fait une allusion à ces "Ardennes vertes", et la formule : "Les Ardennes vertes, on est bien parti pour !" me paraît vraisemblable. Mais était-ce pour déplorer la disparition de l'industrie ou s'en féliciter ?

yan lang

ni dieu ni maitre

07/01/2012 à 18h35

Bravo Bourquin230 !!! On en a retrouvé du même acabit pour s'opposer à la démolition de la verrue qui illustre cet article en version papier (friche Val Thomé). Il s'en fichent, ce n'est pas eux que ça humilie le plus de voir chaque jour cette m...e "agrémenter" leur entrée de ville...

bourquin230

07/01/2012 à 17h02 | 1

L'image d'Epinal de l'ouvrier ardennais et de son "bonheur de vivre au pays...de savoir que ses enfants trouveraient du boulot dans l'usine du coin...", cher Beuqueu, vous pouvez vous la coller ... Mon expérience en fonderie de 10 à 22 ans -sur le tas n'est pas la vôtre purement intellectualisée. Avez-vous porté une banette, une brouette, coulé la fonte, meulé??? Mes parents n'avaient qu'un souhait: voir les gamins faire un autre boulot que l'usine. Pourquoi tant de CRS issus de la classe ouvrière?
Le Bourquin et ses ampoules aux mains vous serre la paluche !

bourquin230

07/01/2012 à 17h02

L'image d'Epinal de l'ouvrier ardennais et de son "bonheur de vivre au pays...de savoir que ses enfants trouveraient du boulot dans l'usine du coin...", cher Beuqueu, vous pouvez vous la coller ... Mon expérience en fonderie de 10 à 22 ans -sur le tas n'est pas la vôtre purement intellectualisée. Avez-vous porté une banette, une brouette, coulé la fonte, meulé??? Mes parents n'avaient qu'un souhait: voir les gamins faire un autre boulot que l'usine. Pourquoi tant de CRS issus de la classe ouvrière?
Le Bourquin et ses ampoules aux mains vous serre la paluche !

bourquin230

07/01/2012 à 17h02 | 1

L'image d'Epinal de l'ouvrier ardennais et de son "bonheur de vivre au pays...de savoir que ses enfants trouveraient du boulot dans l'usine du coin...", cher Beuqueu, vous pouvez vous la coller ... Mon expérience en fonderie de 10 à 22 ans -sur le tas n'est pas la vôtre purement intellectualisée. Avez-vous porté une banette, une brouette, coulé la fonte, meulé??? Mes parents n'avaient qu'un souhait: voir les gamins faire un autre boulot que l'usine. Pourquoi tant de CRS issus de la classe ouvrière?
Le Bourquin et ses ampoules aux mains vous serre la paluche !

Le Métallo

07/01/2012 à 15h10 | 1

L’avenir des Ardennes, il a été pensé et programmé depuis des générations d’hommes politiques. L’industrie a été volontairement sacrifiée sur l’autel de la spéculation.
Une vallée gauloise ou ne subsistera que haine raciale, violence, misère, drogue, exode et désertification.
Voilà malheureusement la triste réalité de notre vallèye.

yan lang

ni dieu ni maitre

07/01/2012 à 13h33 | 1

"OUIN OUIN OUIN, c'était tellement mieux avant !!!"
Ben dis donc, rien ne change. On crèvera presque autant de vivre l’œil rivé dans le rétroviseur que du repli sur soi et du manque d'envie d'avoir un avenir. Un changement de mentalité, de culture, d'habitude !!! VITE !!!

lanterne

En 2012, faut pas que Sarkommence, Mais faut pas croire non plus Hollandemains qui chantent…?

07/01/2012 à 13h20

Chacun sait que les industries d'époque étaient dirigées par des familles du milieu qui de succession en succession n'ont pas su se moderniser à temps pour ne pas pénaliser leurs compagnons de labeur ou ne pas être formées suffisamment dans leurs tâches pour affronter le marché. Il en va du syndicat qui tirait profit des misères ouvrières patentes en les invitant à ne pas se soumettre davantage, ce qui détruisit plus vite l'activité précaire déjà bien affaiblit par une trésorerie fragile. Dans ce constat lamentable, il est permis d'espérer d'autres solutions qui j'espère ne seront pas encore torpillées par des élus inconscients semblables à leurs prédécesseurs. Ardennais unissez-vous pour le meilleur ....et chassez le pire !

bourquin230

07/01/2012 à 12h44 | 1

Le Beuqueu qui fit quelques études sait très bien que les individus comme les groupes d'individus doivent préparer, préserver leur avenir avec des outils compléments de la spatule et du chevalet. La région lilloise semble se recréer des chances de survie grâce à l'outil universitaire, le livre et la pensée.
Dans les Ardennes, cet outil n'a pas été développé ni par les industriels investissant leurs bénéfs dans la capitale ni par les hommes politiques locaux sans autre ambition que le potager électoral familial. La période des Ardennes riches de plus-values n'a pas été exploitée. Les ouvriers , oui.

Erasmus

07/01/2012 à 11h48

Relire "Un balcon en forêt" de Julien Gracq...

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