Publié le vendredi 12 octobre 2012 à 10H36 - Vu 668 fois
Mardi soir, au foyer Voltaire de Charleville-Mézières, là où ceux dont les vies se sont rétrécies peuvent souffler. A l'heure du repas, Yves, 60 ans, arrive, parfaitement ivre après, selon sa propre estimation, « une dizaine de bières ». Un éducateur spécialisé lui demande de se tenir mieux. Réplique bouillante : « Demain, je vais te crever […] Viens que je te plante ! » L'éducateur spécialisé prend un coup de poing. Yves sort un couteau - « encore plié », précise-t-il - devant une éducatrice du foyer. Et les policiers arrivent.
Dans son box, Yves, jugé hier en comparution immédiate et qui résidait depuis un mois au foyer Voltaire, a la silhouette cabossée par des années d'errance et de misère. « J'avais attendu deux heures pour récupérer 20 euros, justifie-t-il. J'étais pas content, je me suis emporté mais c'était des paroles en l'air. L'alcool ? Quand je bois, je suis méchant. Je veux refaire une cure. »
Son interpellation permet en outre aux policiers de se rendre compte qu'Yves, inscrit au fichier national des délinquants sexuels depuis 2002 et une relation sous la contrainte, a récemment omis de justifier d'une adresse fixe.
« Dérapage »
Handicapé à une jambe, incapable de souffler dans un éthylotest à cause d'un problème de santé, décrit comme « très isolé socialement » et « n'ayant plus trop la notion du temps », Yves, spectateur de sa propre vie, semble en bout de course. Avec dignité, le jeune éducateur menacé de mort se constitue partie civile mais ne demande aucun dédommagement.
La substitut du procureur requiert dix mois de prison - dont cinq avec sursis - et mandat de dépôt. L'avocate d'Yves demande la « clémence » du tribunal pour ce « dérapage ». À l'issue d'un bref délibéré, le président déclare coupable le natif de Béthune et le condamne à cinq mois de prison avec mandat de dépôt à la maison d'arrêt de Châlons-en-Champagne.
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Les dernières contributions
ardennais
14/10/2012 à 19h02
Bipbop : Ah oui, et le casier long comme le catalogue de la Redoute de l'autre qui s'est encore fait la malle avec la police belge, c'est cela qui a justifié une peine RIDICULE de 6 mois en appel pour trafic de stupéfiants ?
bipbop
13/10/2012 à 11h18
Ardennais c'est le passé judiciaire de délinquant sexuel qui a joué en sa défaveur.
yd
13/10/2012 à 08h41
il va passer l’hiver au chaud .
c'était peut être le but qu'il avait
ardennais
13/10/2012 à 08h30
5 mois fermes. Les faits sont graves mais pas de blessé. Comparons avec d'autres jugements et là je me pose des questions.
amourange
13/10/2012 à 07h20
"Des cabossées de la vie" il y n'en manque pas,des gens isolés,dans la misère, il n'en manque pas,des gens malades il n'en manque pas,des gens déstructurés il n'en manque pas.
Il est tout cela a la fois? mais il n'est pas le seul.
Si tout les gens ,dans qui sont dans cette même condition agissaient comme lui
ou irait-on..
Il n'est pas capable de souffler dans un éthylotest mais seulement il est capable a ces dires, d’avaler 10 bières..
princhon
Ce que l'on apprend pendant l'enfance est mieux gravé que dans la pierre.
12/10/2012 à 20h08
"Handicapé à une jambe","inscrit au fichier national des délinquants sexuels depuis 2002 "
Faut-il relier ces deux infos pour comprendre qu'il suffit de faire sortir les mouchoirs et tomber dans le patos pour que l'on gomme d'un seul coup tout le potentiel "criminel" de ce client .
Il y aura malheureusement d'autres problèmes avec ce personnage, malheur à celui qui se trouvera dans "ses pattes"!
LEBEL
12/10/2012 à 12h49 | 1
Normal ! Pour une société "normale" et présidée normalement...
Sandec
12/10/2012 à 12h46
Décidement, je ne comprend rien à cette justice à 2 vitesses.