Publié le jeudi 26 janvier 2012 à 10H30 - Vu 289 fois
Jean-Michel Lesire et Gauthier Duval (Lean Alliance) entourent Nicolas Goblet et David Frezzato.
BOGNY-SUR-MEUSE (Ardennes) Deux ingénieurs des Janves formés dans le département viennent de recevoir leur certification Lean, référence en matière de système de production.
LA cérémonie qui s'est déroulée jeudi dernier aux Ateliers des Janves était à la fois très technique et empreinte d'émotion.
Technique parce que deux ingénieurs maison recevaient leur certification « Lean », un système de gestion de la production mis au point par Toyota et qui fait aujourd'hui référence dans le monde industriel.
Empreinte d'émotion car Nicolas Goblet et David Frezzato sont non seulement des « bébés Janves » comme aime les appeler le directeur général Jean-Michel Lesire, mais aussi de jeunes hommes formés dans les Ardennes, tous les deux passés par le lycée Bazin.
Le premier est diplômé de l'ITII (Instituts des Techniques d'Ingénieur de l'Industrie) de Champagne-Ardenne, le second de l'IFTS (Institut de Formation Technique Supérieur) de Charleville-Mézières. David Frezzato est aussi le fils de Gérard, adjoint au maire de Bogny. Le papa était présent à la cérémonie avec Erik Pilardeau et il était particulièrement ému et admiratif face au niveau d'excellence de son fils, responsable études et industrialisation aux Janves, « moi qui était un simple ouvrier ». Jean-Philippe Mercier, le directeur du pôle d'excellence automobile de Champagne-Ardenne avait également fait le déplacement, ainsi que Charni Nizar, chargé de mission au pôle 3E (entreprises, emploi et économie) de la Direccte (les services de l'Etat).
Interêt financier
Jean-Michel Lesire a expliqué combien le groupe constitué par ADJ et AMI à Vouziers « croyait très fort dans ses capacités de développement, dans les hommes et les femmes qui le constituent, en leur donnant la possibilité d'acquérir de nouvelles connaissances et d'accroître leurs compétences ».
Les deux ingénieurs ont suivi cette formation pendant six mois et, pour obtenir cette certification, ils ont du élaborer chacun, avec une équipe, un projet concret dans un atelier des Janves.
Ingénieur maintenance, Nicolas Goblet a choisi de réduire le temps de changement de production des séries de bielles à la forge. Son équipe a pu réduire de 3 h 18 à 2 h 22ce temps, soit un gain de 28 % représentant 49.800 euros d'économie sur l'année !
Même chose pour David Frezzato qui a travaillé également à la forge, sur la réduction des variations d'épaisseur sur les bielles calibrées. Là encore, la simplification de la démarche entraîne une économie de 53.000 euros par an.
Coût élevé
Au-delà de l'intérêt financier évident pour l'entreprise de mettre en place ce processus, les Janves sont confrontées aux exigences croissantes de leurs clients et prospects, qui exigent de plus en plus cette certification.
L'entreprise de Bogny s'est investie dans cette démarche depuis plusieurs années.
Eric Fremeaux, le responsable recherche & développement et amélioration continue d'ADJ avait été le premier diplômé ardennais en 2007.
Le coût de cette formation est certes élevé, puisqu'il dépasse 62.500 euros (subventionnés pour plus de 26.000 euros par la CCI et l'Etat) pour les deux ingénieurs, mais le jeu en vaut la chandelle.
Seul regret derrière l'action exemplaire des Janves : « Seules 17 entreprises ont été accompagnées dans les Ardennes pour mettre en place le « Lean ». C'est trop peu ! » regrette Nicolas Toussaint, en charge du développement industriel à la CCI.
Un engagement fort dans la formation
« Les Janves mènent une politique de formation très forte » explique Sylvie Roguin, la directrice des ressources humaines des ADJ. « En 2012, elle atteindra 3390 heures, contre 2850 l’année dernière. Précisant aussi : « En 2011, nous avions 15 contrats d’apprentissage, 11 contrats de professionnalisation, nous avons eu 40 stagiaires, une dizaine de contrats d’insertion et 8 stagiaires suivis par Social Ardenne ». Sans oublier qu’au plus fort de la crise, en 2009, jamais la formation n’avait été aussi massive, encouragée par l’Etat. Pour éviter les licenciements, celui-ci favorisa dans toutes les entreprises le recours au chômage partiel et, parallèlement, le développement à grande échelle d’actions de formation du personnel.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site






Réagissez