Publié le mercredi 15 février 2012 à 10H48 - Vu 382 fois
Christophe Sirugue, député-maire de Chalon-sur-Saône, indiquait le mois dernier à propos du projet d'un centre d'appels Sitel sur sa commune : « J'ai le sourire ! »
VILLERS-SEMEUSE (Ardennes). Début janvier, nous vous annoncions la possibilité de l'implantation, à Villers-Semeuse, d'un centre d'appels téléphoniques du groupe Sitel, avec 300 à 400 emplois à la clé. Il y a quelques jours, nos confrères de Saône-et-Loire évoquaient le même projet… mais à Chalon-sur-Saône. En clair, les jeux ne sont pas encore faits.
QUEL département le groupe Sitel, l'un des leaders mondiaux dans le domaine des centres d'appels, va-t-il choisir pour implanter son nouveau site français ? La question fait actuellement débat, et pas que dans les Ardennes…
Nous avions tiré les premiers en vous révélant, dès le 5 janvier, que notre département semblait bien placé pour décrocher le pompon.
« Nous avons effectivement le projet d'ouvrir un 4e site en France », confirmait alors un porte-parole de Sitel, tandis que, du côté du conseil général, on ne faisait pas mystère de négociations destinées à acheter à des privés le terrain (situé à la sortie sud de Villers-Semeuse) sur lequel pourrait prendre place ce centre d'appels, le Département ayant de surcroît dégagé une enveloppe de 3 millions afin de construire le plus rapidement possible le bâtiment en question.
Dans la foulée, Dean Groman, le responsable de Sitel France, nous accordait une interview (nos éditions du 11 janvier), dans laquelle, sans remettre en cause nos informations, il tenait à préciser deux choses :
primo, « la réalisation de ce centre d'appels est liée à la finalisation de contrats avec de nouveaux clients » ;
secundo, « les Ardennes sont sur les rangs et constituent un candidat sérieux, mais elles ne sont pas les seules… »
La banane
On en a eu confirmation à la lecture, la semaine dernière, de Traces écrites, une lettre d'informations économiques couvrant l'Alsace, la Bourgogne et la Franche-Comté.
Selon nos confrères, généralement bien informés, « Chalon-sur-Saône pourrait bénéficier d'une belle implantation. Il devrait s'agir d'un centre d'appels de la société Sitel France, spécialiste de la relation client. Rien n'est toutefois assuré, mais le dossier semble en phase de finalisation et de nature à générer plusieurs centaines d'emplois à terme. Plusieurs sources concordantes et proches du dossier évoquent une réunion technique de finalisation le 23 février prochain. »
Autre indice, début janvier, lors de ses vœux à la presse, Christophe Sirugue, député-maire (PS) de Chalon-sur-Saône et président de la communauté d'agglomération, indiquait qu'il avait bon espoir de pouvoir prochainement annoncer une bonne nouvelle pour l'économie de sa ville.
Rien n'est signé, « mais j'ai le sourire », commentait-il. Problème : si on a la banane en Saône-et-Loire, on risque de faire grise mine dans les Ardennes. L'inverse se révélant il est vrai tout aussi exact…
« Rien n'a véritablement évolué depuis notre dernière discussion. » : contacté, hier après-midi, Dean Groman laissait planer le suspense.
« Concernant les contrats avec de nouveaux clients, on avance, mais il n'y a encore rien de signé. Or, nous ne lancerons ce nouveau centre qu'après la finalisation de ces négociations. Quant à l'implantation de ce futur site, nous sommes toujours en contact avec plusieurs villes, comme certaines informations parues dans différents titres régionaux l'indiquent. Je ne peux pas vous en dire plus pour le moment. »
Tapis rouge
On peut comprendre la volonté de discrétion du patron de Sitel France.
Il se murmure, en effet, que ses salariés du site de Malakoff, aux prises avec un plan social prévoyant la suppression de 79 postes, verraient d'un assez mauvais œil le groupe faire le ménage en région parisienne, tout en créant des emplois en province.
Et puis, surtout, prolonger l'indécision permet de faire jouer à plein la concurrence entre des collectivités locales logiquement prêtes, compte tenu des actuels aléas économiques, à dérouler le tapis rouge devant un investisseur promettant 300 à 400 emplois.
De ce point de vue, si les Ardennes peuvent compter sur les effets de la zone franche, la Saône-et-Loire s'appuie sur un dispositif mis en place par la région Bourgogne qui « outre une aide à l'investissement, subventionne largement toute embauche en CDI… parfois jusqu'à 5.000 euros en intégrant le soutien à la formation », précise Traces écrites. Sachant pour finir que d'autres sites sont en course, on cite notamment la Loire-Atlantique.
Bref, pour Villers-Semeuse, rien n'est perdu, mais c'est pas encore gagné…
J.-C. ROUSSEL
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