Publié le jeudi 05 janvier 2012 à 10H42 - Vu 1116 fois
Après l'arrivée de l'Agence nationale des titres sécurisés en 2007, enfin une nouvelle piste de création d'emplois dans le tertiaire.
VILLERS-SEMEUSE (Ardennes). Le groupe Sitel, l'un des leaders mondiaux dans le domaine des centres d'appels, lorgne sur les Ardennes. On devrait savoir rapidement s'il compte finaliser son projet d'ouverture d'une unité à Villers-Semeuse. Avec 300 à 400 emplois à la clef…
AVOUEZ que ce serait une excellente manière de débuter l'année ! Alors que l'économie vacille, que les plans sociaux se multiplient et que la sinistrose s'installe, il se pourrait bien que les Ardennes célèbrent ce début d'année 2012 d'une manière on ne peut plus positive, avec l'annonce de la création de plusieurs centaines d'emplois en banlieue de Charleville-Mézières, à Villers-Semeuse. Si nous avons le plaisir de la humer, cette bouffée d'oxygène, aussi inattendue qu'appréciable, sera à mettre au compte d'un géant du tertiaire, le mastodonte Sitel, un poids lourd mondial spécialisé dans les centres d'appels : il en détient actuellement 155 répartis aux quatre coins de la planète, dont déjà trois en France, à Malakoff (Hauts-de-Seine), La Rochelle et Troyes. Ce qui représente, au total, la bagatelle de 57 000 salariés…
Près de la quatre voies
Ce secteur d'activités étant actuellement en plein essor (lire ci-dessous), Sitel France ne laisse pas planer grand doute sur sa volonté de créer un nouveau site dans l'Hexagone. Et les Ardennes, compte tenu notamment des avantages qu'elles offrent aux entrepreneurs désireux de s'y installer, sont bien placées pour décrocher ce qui constituerait le gros lot de l'an 2012.
« Nous avons effectivement le projet d'ouvrir un 4e site en France », confirme-t-on du côté de Sitel. Cette ouverture doit permettre à l'entreprise de poursuivre son essor alors que les trois centres qu'elle possède en France sont proches de la saturation, à l'exemple du plateau de Troyes qui emploie plus de 600 salariés.
Une source interne indique que « la création du 4e site français dépend du remplissage des trois déjà existants. Sachant qu'aujourd'hui, il nous reste encore un peu de place à La Rochelle, mais des embauches sont prévues. Donc, si on veut gagner de nouveaux clients, il nous faudra rapidement ouvrir un autre centre. »
Les chiffres avancés pour cette future unité sont respectables, 300 à 400 emplois. Et le calendrier bref.
L'État-major de Sitel, déjà en contacts avancés avec les décideurs et élus ardennais, est attendu sur place, à Villers-Semeuse, avant la fin du mois.
Au programme, entre autres, une visite du site potentiel, situé à la sortie sud de Villers-Semeuse, entre les dernières maisons de la commune et la quatre voies, sur la droite lorsqu'on se dirige vers Les Ayvelles. D'autres possibilités ont été un temps envisagées, notamment du côté du Moulin Leblanc, mais les aides accordées aux créateurs d'emploi étant plus intéressantes à Villers-Semeuse qu'à Charleville-Mézières (1), c'est bien vers cette première commune que l'on s'oriente.
Encore un mois de suspense
« Une partie du terrain concerné appartient déjà au Département, détaille le conseil général. L'autre partie est actuellement la propriété de deux privés avec lesquels nous sommes en négociations pour nous assurer la maîtrise foncière. »
Une fois cette dernière réalisée, le conseil général a d'ores et déjà prévu de construire, en urgence, un bâtiment dont la taille sera fonction de la réponse définitive de Sitel : en cas d'implantation, la surface sera adaptée aux besoins du nouveau centre d'appel ; en cas de refus, un local de 1 000 mètres carrés sera de toute façon bâti, afin de pouvoir répondre sur l'heure à d'éventuelles autres demandes du même type.
« Nous faisons face, depuis plusieurs années, à de nombreuses demandes d'entreprises qui cherchent à implanter des centres d'appels… Et malheureusement, à chaque fois, nous n'avons pas les locaux adaptés », expliquait Alain Guillaumin, directeur général des services du conseil général, dans les colonnes de notre supplément économique, fin novembre.
Cette impossibilité à répondre avec promptitude à d'éventuels investisseurs va donc être corrigée avant la fin de l'année, avec une ligne budgétaire de 3 millions d'euros dégagée par le Département pour mener à bien les travaux nécessaires. Et en attendant l'inauguration de ces locaux, les collectivités locales donneront à Sitel la possibilité de louer des bureaux provisoires. La réponse définitive de la multinationale est attendue pour la mi-février.
J.-C. ROUSSEL
(1) A l'inverse de celui de Villers-Semeuse, le territoire de Charleville-Mézières n'est pas couvert par le dispositif AFR (Aides à finalité régionale), qui permet aux collectivités locales, si elles le souhaitent, d'accroître leur concours financier aux créateurs d'emplois.
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