Publié le lundi 27 août 2012 à 09H32 - Vu 2506 fois
CHARLEVILLE-MÉZIÈRES (Ardennes). La 8e édition du festival du Cabaret Vert s'est achevée hier soir sur un bilan ultra-satisfaisant. En annonçant le chiffre des entrées en conférence de presse vers 18 heures, les organisateurs avaient le sourire jusqu'aux oreilles. 73 000 entrées, c'est 13 000 de plus que ce qu'ils avaient prudemment annoncé la veille de l'ouverture de l'événement.
C'EST un taux de « croissance » dont il est légitime d'être fier dans un département comme les Ardennes, faisait remarquer Julien Sauvage, le directeur du festival. Finalement, la pluie du vendredi soir n'a pas entamé le moral des festivaliers et le beau temps revenu hier après-midi a assuré le succès du dimanche d'ordinaire fréquenté par un public un peu plus familial.
Quant à la provenance des festivaliers, le Cabaret Vert a commencé à voir affluer cette année (en plus des Belges, bien sûr) des Hollandais et des Anglais ; avec cependant toujours une majorité de Français du quart nord-est, jusque Strasbourg, et même des Bretons. Autre motif de satisfaction des organisateurs : l'excellent « retour » des groupes qui ont tous dit le plus grand bien de l'accueil du public et de l'équipe du Cabaret Vert. « Cela compte beaucoup pour nous », insistait l'un des programmateurs, « car un festival, c'est d'abord fait pour créer des moments d'émotion. »
Dernier chiffre significatif, celui de la fréquentation du Chapiteau aux Images de La Pellicule Ensorcelée qui passait des courts-métrages musicaux en continu : plus de 17 500 personnes accueillies sur toute la durée du festival.
Daniel Darc : sombre mais vivant
Hier à l'ouverture des portes, on aurait pu s'attendre à voir des hordes fatiguées par les trois premières journées. Mais depuis huit ans, il est étonnant de voir avec quelle fraîcheur (relative pour certains, il est vrai…) les jeunes qui se sont ingurgité des quantités de watts, de danse sur un pied, puis sur l'autre, de boue (certaines années comme 2010), de métal et d'électro à fond les ballons (et depuis jeudi pour cette 8e édition !), recommencent à danser devant les scènes plutôt « chansons » du dimanche après-midi ; avec des niveaux sonores bien plus bas qui devraient au contraire les endormir.
Eh bien non ! Quand on leur raconte des histoires et qu'elles sont bien racontées, les jeunes les écoutent. Les « carpediemistes » de la Villa Ginette le font avec talent. Ce quatuor rémois réussit parfaitement la synthèse du swing chansonnier et de l'esprit hip hop, tout en entretenant la flamme de la chanson critique de l'ordre établi. Béranger, tu nous manques ! Mais ces quatre jeunes font bien le boulot.
Même chose « chez » Daniel Darc juste après sur la grande scène. Lui raconte aussi des histoires et les jeunes l'écoutent. Les siennes sont plus sombres (dark !). Comme si l'homme ne retenait que la violence de la vie et la nécessité du combat. Lunettes noires (« trop de soleil ! »), bras habillés de bleu tatoo, démarche hésitante… On sent que le corps est fatigué, mais ce bluesman à la française (même s'il fait finalement du rock) inspire le respect, surtout quand il dit que c'est Elvis qui lui a sauvé la vie. Hier soir, DD s'est fait un tas de nouveaux clients.
Barcella reviens !
Ensuite, le jeune bluesman marnais Charlie Fabert est venu jouer son nouveau répertoire : moins blues, plus rock, plus funk, mais toujours un guitariste hyper-doué qu'il faudra suivre. Puis, Caravan Palace a secoué la grande scène avec un show electro swing survitaminé ; en tout cas, la chanteuse n'a pas ménagé son énergie plus de trois secondes d'affilée. Toujours pas de temps mort avec The Weasel and the Wasters, encore une excellente formation rock marnaise bourrée d'humour.
20 heures : dernier très grand moment sur la scène avec le concert de Charlie Winston. Beaucoup étaient venus uniquement pour lui et pas seulement pour entendre « Like a hobo » ou « Where can I buy happiness ? » Personnage impressionnant : voix hors du commun mais aussi artiste complet au piano, à la guitare… et aux percussions vocales.
Revenait enfin au Rémois Barcella le privilège de clore la marche. Une dernière heure magique avec un autre artiste complet, talent multiformes de chanteur, de slameur, de poète et surtout un incroyable faiseur de chansons. Le public ne voulait plus le laisser partir.
Patrick FLASCHGO
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Les dernières contributions
Johnny Be Good
28/08/2012 à 18h35 | 1
Pour 73000 personnes sur 4 jours il y avait beaucoup moins de détritus que ne laisse la ville de Charleville-Mézières pendant le même laps de temps !
Pourtant nous n'avons "que 50000 habitants" !
Demandez aux employés du sevice "ordures ménagères" vous serez surpris de ce qu'ils trouvent chaque nuit !
fenristhor
28/08/2012 à 17h04
les benevoles vont faire le boulot des quelques festivaliers mal éduqués mais cela n'enlève en rien son statut d'éco cabaret ! L'aspect écolo ne se résume pas à la lutte contre les déchets (voiture qui roule à l'huile de friture par exemple).
Pour ce qui est des drogues, elles circulent partout, même dans les lycées et collèges... la concentration de jeunes fait que oui il y a de la drogue qui circule...
Pour moi ce cabaret est un grand cru et je souhaite de tout coeur le voir continuez ainsi...
Macroska
28/08/2012 à 11h15
Je suis passé devant les terrains de campement et faut avouer que c'est un peu crâde...Le terrain est jonché de papiers et détritus en touts genres. Non franchement pour un "éco-festival" c'est un peu la loose.
oliversax
28/08/2012 à 00h24 | 1
l'Union aurait pu titrer: " 73000 personnes et 73000 détritus"! En effet pour un ECO FESTIVAL dont le slogan est " ici aussi je trie" les festivaliers n'ont pas vraiment le sens de l'Ecologie, du trie et du civisme, une valeur qui disparait de génération en génération. Charleville n'est pas le seul théatre de ce type d'incivilité. A croire que les festivaliers pourraient vivre 2 semaines dans une tonne de détritus sans que cela les dérange. Il est peut etre temps alors de changer de slogan et voir de nom de festival, car l'ECO n'y est pas, j'ai malheureusement pu observer, comme certains lecteurs, le désastre en longeant la voie rapide. des bouteilles en plastique, des papiers, des canettes en métal, des tentes! meme sur les réseaux sociaux, j'ai pu lire que la fosse à urine a été renversée et on se marre! pour cette édition on évitera les corps humains ( ndlr l'an dernier). Il pourrait donner le nom de CANA festival ( qui circulait librement sur les camps) bien entendu je ne vise pas les organisateurs. Certes Musicalement c'est réussi, la fête était bien là, mais le leitmotiv du festival n'y était pas du tout! dommage! CIVISME où es tu?
minimo
27/08/2012 à 20h08
Comme quoi il ne faut jamais être pessimiste quant au comportement des jeunes soit disant "allumés"...!
Je soutiens ces manifestations à condition que tout se déroule sans incidents...
C'est chose faite...
Sur 73 000 festivaliers présents, s'il ne faut que ramasser des papiers, c'est pas dramatique...
il y a assez de mains d’œuvre à la maison d'arrêt de Charleville Mézières...main d’œuvre qui, elle ,coûte cher à la société...
Alors, au boulot!!!
eau de rose
27/08/2012 à 18h23 | 2
Des poubelles partout pour préserver l'environnement, peut-être, mais ça ne suffit visiblement pas. Si vous avez eu l'occasion de passer sur la voie rapide, peut-être avez-vous remarqué dans quel état étaient les terrains de camping ce matin ? Jonchés de détritus à perte de vue. Alors vert, le cabaret ? En tous cas, pas écolo comme on voudrait nous le faire croire. Les campeurs n'ont aucun respect pour l'environnement ni pour le personnel d'entretien qui passera derrière.
adhonores
27/08/2012 à 17h35
Je connai pas ,ben j'ai raté...!
madeleine08
27/08/2012 à 16h07
Un vrai beau succès à saluer
Argon
27/08/2012 à 14h46
Je ne suis pas motivé par ces manifestations où les décibels s'épanouissent mais ce serait de la mauvaise foi que de ne pas saluer le succès de ce Cabaret Vert.
Krolo
08
27/08/2012 à 14h04
J'avais des préjugés sur cette manifestation, j'ai donc été constaté sur place pendant 2 jours cette curiosité.
Agréable surprise sur tous les plans:
Beaucoup de bénévoles pour l'accueuil et aux différents stand, le soin apporté à l'aménagement su site, des poubelles partout pour préserver l'environnement, de la bonne bouffe du terroir de la bonne bière belge, programmation musicale de niveau international, toute sorte de population qui se mélange dans la bonne humeur ... Bravo à tous, soyons fier de nos Ardennes et ce dont nous sommes capable de faire!
lanterne
Le réveil cauchemardesque des doux rêveurs.
27/08/2012 à 13h41
Cette fois je retire mes critiques acerbes des années précédentes. Les festivaliers rencontrés dans la ville étaient respectueux et calmes. Du prodige !
urbain08
27/08/2012 à 12h17 | 1
Sentiment toujours mitigé. D'un côté, il est heureux que nous puissions avoir une manifestation culturelle d'envergure propre à faire connaitre notre département souvent ( à tort) dévalorisé et permettre également aux ardennais de profiter de la présence des groupes de renommée nationale ou internationale.
D'un autre côté la recherche de la croissance (assez peu verte) permanente fait que ce festival ressemble de plus en plus à tous les autres. Le square bayard si bucolique lors des premières éditions ne semble pas offrir, en raison de la présence de milliers de personnes, plus d’intérêt qu'un terrain vague et le coté vert et intime du festival ne semble bien qu'un lointain souvenir.
Le Métallo
27/08/2012 à 12h05
Bravo !!! encore et encore !!!!!Le plus grand festival des Ardennes