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Bribes d'histoire : Grivy-Loisy à « La Belle époque »

Publié le dimanche 26 août 2012 à 11H00 - Vu 183 fois


L'église Saint-Laurent située à Grivy  est une église fortifiée du XVe siècle,  lieu de refuge des villageois  dans les époques troublées.

L'église Saint-Laurent située à Grivy est une église fortifiée du XVe siècle, lieu de refuge des villageois dans les époques troublées.


Gilles Déroche continue ses Bribes d'histoire en s'appuyant sur une monographie rédigée par M. Dupuis, instituteur. Plongée fin XIXe...

NOUS devons, à M. Jean-Pol Richelet, la communication de la monographie de Grivy-Loisy où sont puisés les éléments historiques qui nourrissent cet article. Rédigée par Joseph-Lucien Dupuis, instituteur en titre, présentée au concours de l'Académie nationale de Reims, elle fut honorée d'une Médaille d'or en 1903.
Elle décrit un monde rural et permet d'évaluer les progrès accomplis par l'économie et la société française en une centaine d'années, depuis cette « Belle époque », dont on peut douter qu'elle mérite son adjectif.
Des terrains de nature diverse composent le sol arable. On trouve de la gaize à l'est et au nord, de l'argile à l'ouest, une importante zone de marnes crayeuses et quelques taches de tourbe sur le bord des ruisseaux ; le reste est constitué d'excellentes terres limoneuses épaisses de près d'un mètre se réduisant à 20 et 30 centimètres sur les calcaires.
Le climat est sain… Le pays étant découvert et accessible à tous les vents, l'air est facilement renouvelé.
Le sol convient surtout à la culture des céréales. De temps immémorial, il produisit du blé. Déjà au XIIIe siècle, la dîme se payait en setiers de froment. Les betteraves fourragères et à sucre et les légumes les plus importants y croissent avec facilité. La luzerne s'y plaît admirablement.

Des rendements de 9,5 à 30,1 q/ha

Les prairies naturelles contiennent la plupart des graminées. L'osier occupe les petites vallées tourbeuses. Le chanvre et le lin, cultivés autrefois, sont aujourd'hui complètement délaissés… les essences forestières sont à peu près inconnues sur le territoire. Les arbres fruitiers n'y poussent qu'à regret. Passe encore les pruniers. Quant aux poiriers, arbres à racines pivotantes, ils végètent longtemps, jaunissent et meurent.
Sur les 1156 hectares de la commune, 980 sont des terres labourables, 120 des prairies, 5 sont recouverts de bois et 15 d'oseraies. 600 ha sont ensemencés, chaque année, en céréales, dont 320 en blé, 250 en avoine et 30 en orge. 40 à 50 ha sont réservés à la betterave que transforme, en sucre, la raffinerie créée à Vouziers en 1871.
Les rendements, calculés avec le poids moyen de 79,4kg/hectolitre, sont variables.
Une bonne année, comme 1894, le rendement pouvait atteindre 30,1 q/ha, mais, en 1897, il tombait à 9,5 q/ha, la température expliquant ces différences. Les semailles de 1896 s'étaient déroulées pendant un automne particulièrement pluvieux. D'autant plus qu'un autre risque pesait, la récolte des betteraves, dont l'arrachage et le transport débutaient fin septembre et se prolongeant sur le mois de novembre, empêchaient les semis de blé.
Les semailles de décembre ne valaient pas celles d'octobre.

La révolution agricole attendue

Les agriculteurs ardennais préféraient un blé traditionnel, roux, hâtif et très rustique, qui mûrissait quinze jours avant l'autre et permettait de mieux répartir les travaux agricoles. Les nouvelles semences avaient du mal à s'imposer, d'autant plus que, durant l'hiver 1899-1900, pendant lequel le 1/8e de la récolte a été détruite, les nouvelles variété ont particulièrement souffert.
Les rendements en betteraves semblent plus réguliers s'établissant aux alentours de 250 quintaux par hectare.
La révolution agricole est attendue et les pratiques semblent bien anciennes : l'assolement triennal est toujours en usage. Au blé succède l'avoine ou l'orge qui sont remplacés par des légumes, pommes de terre, etc., betteraves fourragères ou par quelques plantes des prairies artificielles, trèfle, minette, etc., destinée souvent à être mangée sur place par les moutons.
De la sorte la jachère ou « versaine » tend à disparaître ; on ne laisse guère se reposer que les terres épuisées.
Le fumier reste le principal engrais à raison de 25 à 30 tonnes par hectare.
En 1900, c'est moins de 600 quintaux de produits du commerce, nitrate de soude, superphosphate de chaux, scories de déphosphoration, déchets de laine, engrais potassique qui ont été répandus.
Les transports sont fréquents, les labours nombreux, et le cheval indispensable aux travaux dans les champs.

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